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Primaire démocrate : Michael Bloomberg entre dans la danse des débats

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Michael Bloomberg. | © Mandel Ngan / AFP

Politique

Michael Bloomberg participe ce mercredi à son premier débat face à ses concurrents pour l’investiture démocrate.

D’après un article Paris Match France par Kahina Sekkai

Enfin une véritable entrée dans la course. Michael Bloomberg, candidat tardif à l’investiture démocrate, sera présent mercredi lors du débat des candidats à Las Vegas, avant la primaire du Nevada qui aura lieu samedi – et à laquelle il ne prendra pourtant pas part. Le milliardaire a respecté un des critères fixés par le parti démocrate : être crédité d’au moins 10% d’intentions de vote dans au moins quatre sondages estimés crédibles par la formation politique. Selon l’étude d’opinion NPR/PBS NewsHour/Marist publiée mardi, Michael Bloomberg arrive en deuxième position avec 19% des voix, derrière Bernie Sanders, devenu favori à 31% (+9 points par rapport à décembre). Joe Biden, un temps grand favori, n’arrive que troisième avec 15% des voix (-9), juste devant Elizabeth Warren (12%, -5). Pete Buttigieg, qui a remporté la primaire de l’Iowa et talonné Bernie Sanders dans le New Hampshire, n’obtient que 8% (-5) des intentions de vote, derrière la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar (9%, +4) qui confirme la bonne lancée de ces dernières semaines. Ce sondage est à nuancer car il a été réalisé à l’échelle nationale, indicateur trompeur puisque le vote populaire avait été remporté avec plus de 2,5 millions de voix d’avance par Hillary Clinton face à Donald Trump en 2016.

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Le milliardaire sera, sans aucun doute, la cible principale des attaques de ses adversaires. Joe Biden, qui va devoir se remettre de deux premières élections très décevantes, compte l’interroger sur « les discriminations et le ‘stop and frisk’ ». Cette politique mise en place pendant son mandat a permis aux officiers de police de New York de fouiller tout citoyen, une mesure favorisant le contrôle au faciès et dénoncée par certains comme raciste car elle a surtout visé des hommes afro-américains. Bernie Sanders, le plus éloigné de ses adversaires en terme de politique, sera son plus virulent adversaire. Ces dernières semaines, il a assuré que la candidature de Michael Bloomberg correspondait « précisément à la corruption du système politique américain » et qu’il compare à celle de Donald Trump. « Avec tout son argent, Michael Bloomberg ne pourra pas générer le mouvement et l’énergie dont nous avons besoin pour battre Donald Trump », a assuré le sénateur du Vermont. Depuis novembre, l’ancien maire de New York a dépensé plus de 330 millions de dollars, une petite fraction de sa fortune estimée à 64 milliards de dollars (59,2 milliards d’euros) selon Forbes.

Bernie Sanders et Michael Bloomberg, 78 ans tous les deux, devront attendre le 3 mars pour être départagés par les urnes : le « Super Tuesday », primaire organisée simultanément dans 16 États, marquera la première élection avec les bulletins portant le nom de l’ancien maire de New York.

Accusations de racisme et misogynie

Michael Bloomberg avait, au tout début de sa campagne, présenté ses excuses pour le « stop and frisk ». Mais, comme Donald Trump avant lui, un enregistrement sonore datant de 2015 a remis l’affaire au cœur de l’actualité. On l’y entend défendre cette mesure : « Vous devez retirer les armes des mains de ceux qui se font tuer. Vous devez dépenser de l’argent pour mettre des policiers dans les rues, là où se trouve le crime, ce qui veut dire dans les quartiers où vivent les minorités. Donc une des conséquences inattendues est que les gens disent : ‘Oh mon dieu, vous arrêtez des jeunes de minorités pour usage de marijuana’. Oui, c’est vrai. Pourquoi ? Parce que nous mettons les policiers dans les quartiers où vivent les minorités. Oui, c’est vrai. Pourquoi le faisons-nous ? Parce que c’est là que se trouve le crime. Et la façon de désarmer les jeunes est de les jeter contre un mur et de les fouiller. »

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Outre ces accusations de racisme, des propos misogynes et sexistes sont attribués ces derniers jours à Michael Bloomberg, surtout au sein de son entreprise. Selon le Washington Post, ce serait allé bien plus loin que de simples déclarations : plusieurs femmes ont porté plainte contre Bloomberg, estimant avoir été discriminées dans leur progression, « accusant Bloomberg d’avoir crée une culture d’humiliation et de harcèlement sexuel ». Ces plaintes ont été passées sous silence, réglées avec des accords confidentiels avec les plaignantes. Mais cela a ouvert la voie aux critiques venues… du camp Trump. Qu’importe si le président américain est lui-même accusé d’attouchements sexuels par une quinzaine de femmes, Michael Bloomberg est « bien pire » aux yeux de Kellyanne Conway, fidèle conseillère du milliardaire : « La façon dont Michael Bloomberg a traité ses employées… avoir créé une telle culture, un environnement de travail non sûr, le sentiment d’être harcelé à cause votre genre, c’est problématique », a-t-elle assuré.

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