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L’incroyable intention de vote de la communauté latino-amércaine

En novembre prochain, 32 millions d’Américains d’origine hispanique seront appelés à se rendre aux urnes.

Des chiffres qui étonnent ... | © Photo by Brendan Smialowski / AFP

Politique

En novembre prochain, 32 millions d’Américains d’origine hispanique seront appelés à se rendre aux urnes. Pour la première fois dans l’histoire, ils seront le plus grand groupe à minorité ethnique à potentiellement voter, et selon les sondages, 30 % d’entre eux soutiennent l’actuel président républicain.

 

Par Marie Kneip (stagiaire)

Face à un président qui n’a jamais hésité à traiter les immigrés mexicains de criminels, narcotrafiquants ou encore de violeurs, une seule question se pose : pourquoi tant d’engouement ?

Si les propos xénophobes du chef d’État à la houppette jaune semblent à priori avantager ses adversaires démocrates, rien n’est pourtant joué. Sous l’administration Obama, le nombre de déportations de migrants sans papier avait fait un tollé au sein de la communauté hispanique dévoilait le Migration Policy Institute.

Autre mauvais point pour le camp démocrate : l’incapacité de faire passer au Congrès le projet de loi qui aurait permis à des millions de ces migrants sans papier de rester légalement aux États-Unis. « Le positionnement incertain des démocrates sur des sujets aussi cruciaux que la déportation et la séparation de familles migrantes sème la peur chez les hispaniques », assurait le journaliste Jorge Ramos dans une tribune rédigée dans le New York Times.

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Un manque cruel d’attention de la part des démocrates

Au cours d’un débat télévisé sur MSNBC, chaîne américaine d’info en continu, Kristian Ramos, journaliste et ancien porte-parole du Caucus Hispanique du Congrès, décrypte la situation. « On fait face à une rupture intergénérationnelle. Les Latinos de 2ème ou 3ème génération s’identifient globalement à leur héritage ethnique. Par contre, ceux des générations suivantes se considèrent davantage comme américains : dès lors, ils ne se sentent pas concernés par les horreurs que dit Trump. »

Il ajoute que les deux priorités des électeurs hispaniques sont l’économie et les soins de santé. « Alors que Trump réduit les taxes et essaye de se débarrasser de l’Obamacare, ces deux terrains sont des opportunités en or pour que les démocrates suscitent l’intérêt de cet électorat », conclut-il.

L’importance non-négligeable des votes latinos

En plus de leur supériorité numérique sur les afro-américains, les électeurs latinos comptent beaucoup pour plusieurs raisons. Tout d’abord, deux tiers d’entre eux sont Mexicains ou d’origine mexicaine, révélait le Pew Research Center, et tendent ainsi à être des ‘électeurs pivot’ – nom que l’on donne à ces citoyens qui changent de camp d’un scrutin à l’autre.

De plus, il s’agit également d’une population très jeune – 35 % d’entre eux ont entre 18 et 39 ans – qui grandit à vue d’œil. On compte 5 millions d’électeurs potentiels supplémentaires par rapport au scrutin de 2016.

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Néanmoins, le taux de participation de la communauté hispanique est relativement faible : 47 % s’étaient présentés au scrutin de 2016, contre 60 % des afro-américains et 65 % des électeurs blancs.

Toucher les électeurs latinos au cours des prochains mois relève donc presque de l’urgence pour les démocrates. Si Pete Buttigieg et Joe Biden ont joué le jeu en se faisant interviewer dans les émissions Al Punto et Noticias Telemundo, ce sont bien les seuls.

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