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Le Royaume-Uni veut rester dans la zone de libre-échange… sans respecter les règles de l’UE

Le Royaume-Uni veut profiter du libre-échange, sans en respecter les règles

Les négociations s'annoncent déjà houleuses. | © Matt Dunham / POOL / AFP

Politique

Bien que le Brexit ait déjà eu lieu le 31 janvier dernier, les négociations avec le Royaume-Uni sont toujours en cours, et sont plus difficiles que jamais.

 

Le gouvernement britannique a menacé ce jeudi de claquer la porte dès juin des négociations post-Brexit avec l’Union européenne faute de progrès rapides. Le Royaume-Uni refuse d’appliquer les règles communautaires réclamées par Bruxelles en échange d’un accord de libre-échange avantageux. La publication du mandat de négociation britannique a confirmé les profonds désaccords avec l’UE avant même le début lundi des complexes discussions.

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Malgré la difficulté de la tâche, Britanniques et Européens ont dix mois pour s’entendre sur leur nouvelle relation, avant la fin, le 31 décembre, de la période de transition durant laquelle le Royaume-Uni continue d’appliquer les règles européennes, et que Londres exclu catégoriquement de prolonger. « Cela laisse suffisamment de temps, même s’il est limité, pour que le Royaume-Uni et l’UE parviennent à un accord », a estimé l’exécutif dirigé par le conservateur Boris Johnson.

Mais faute de perspectives sérieuses d’accord en juin, Londres menace de se retirer des négociations, faisant apparaître le spectre d’un « no deal » aux conséquences économiques potentiellement désastreuses des deux côtés de la Manche. Ces annonces ont immédiatement fait baisser la livre sterling face à l’euro. La Commission européenne a relativisé cette menace, rappelant qu’une évaluation était prévue à mi-parcours des négociations, donc en juin. « Il est trop tôt pour préjuger d’une issue, mais la Commission est préparée à l’éventualité d’un ‘no-deal’ », a commenté une porte-parole. L’exécutif européen dit pour sa part vouloir se placer « dans un esprit constructif ».

Le Royaume-Uni veut profiter du libre-échange, sans en respecter les règles
Michel Barnier, chef de la négociation avec le Royaume-Uni pour l’Union européenne. © Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

« Nous n’accepterons aucune obligation pour nos lois de s’aligner sur celles de l’UE »

Un des gros désaccords entre les deux parties concerne la volonté de l’UE que le Royaume-Uni continue de respecter certaines règles sur le long terme, notamment en matière d’aides d’État, d’environnement, de droit du travail ou de fiscalité. En contrepartie, les Britanniques auront accès à une ouverture très large du marché européen, notamment sans droit de douane pour les marchandises.

« Le gouvernement ne négociera aucun arrangement où le Royaume-Uni n’a pas le contrôle de ses propres lois et de sa vie politique », indique dans le mandat britannique. « Cela signifie que nous n’accepterons aucune obligation pour nos lois de s’aligner sur celles de l’UE, ou pour que les institutions européennes, dont la Cour de justice, soient compétentes au Royaume-Uni. » L’ancien membre de l’UE se dit toutefois désireux d’une « coopération amicale » entre deux parties « souveraines et égales ».

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L’objectif des 27 est d’éviter une concurrence déloyale à leur porte. Mais le gouvernement de Boris Johnson ne l’entend pas de cette oreille : le but du Brexit était justement d’assurer « l’indépendance économique et politique » du Royaume-Uni, même si cela implique d’avoir davantage de barrières commerciales. Le pays veut notamment avoir la main sur sa propre réglementation en matière d’aides d’État. Mais il s’est dit ouvert à « des engagements réciproques de ne pas affaiblir ou réduire le niveau de protection » existant en matière de droit du travail ou d’environnement.

Sujet sensible : La pêche

Autre sujet de discorde, la question ultra-sensible de la pêche. L’UE veut « maintenir un accès réciproque » aux eaux territoriales des deux parties. Une position difficile à accepter pour Londres malgré la mise en garde de l’UE qui conditionne la conclusion d’un partenariat commercial à un accord sur la pêche. Insistant sur leur volonté de redevenir « un État côtier indépendant » à la fin 2020, les Britanniques entendent négocier chaque année avec l’UE l’accès à ses eaux, comme le font aujourd’hui la Norvège ou l’Islande.

Le Royaume-Uni veut profiter du libre-échange, sans en respecter les règles
Le milieu de la pêche était un fervent militant du Brexit. En excluant les Européens des eaux territoriales britanniques, ils espèrent que cela revigorera l’industrie de la pêche britannique. © Robin MILLARD / AFP

Boris Johnson a répété à plusieurs reprises vouloir un accord commercial basique, comme celui négocié par l’UE avec le Canada, qui préserverait l’autonomie économique de son pays. Difficile, juge l’UE : accéder au marché unique nécessite d’en respecter les règles ; et le Royaume-Uni constitue un cas particulier en raison des profonds liens forgés durant cinq décennies d’appartenance à l’UE, son premier partenaire commercial.

Les deux parties se sont dites prêtes à l’éventualité d’une absence d’accord, qui impliquerait que les relations économiques entre Bruxelles et Londres soient régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), bien moins avantageuses car elles fixent des droits de douane pour les marchandises.

Avec Belga

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