Paris Match Belgique

Avec la Chine, Donald Trump oscille entre les compliments et les accusations

Donald Trump

Donald Trump. | © JIM WATSON / AFP

Politique

Après un appel avec le président chinois Xi Jinping, Donald Trump a affiché un ton conciliant envers la Chine, qu’il a pourtant critiquée pour sa gestion de l’épidémie de coronavirus.

D’après un article Paris Match France par Kahina Sekkai

L’appel était important, mais Donald Trump l’a retardé d’une 1h30 : comme il l’a raconté à Fox News jeudi, le président américain a décalé de 21 heures à 22h30 son appel prévu avec son homologue chinois Xi Jinping. Mais il n’a pas manqué de l’évoquer sur Twitter : « Je viens d’avoir une très bonne conversation avec le Président chinois Xi. Avons parlé en détails du CoronaVirus qui ravage de grandes parties de notre Planète. La Chine a beaucoup souffert et a une grande connaissance du Virus. Nous travaillons étroitement ensemble. Beaucoup de respect ! »

Pour une fois, Donald Trump n’utilise pas le terme « virus chinois », qu’il a employé à de multiples reprises. Se défendant de tout racisme et stigmatisation, le président américain assurait vouloir être « précis » en rappelant que l’épicentre de l’épidémie se trouvait en Chine. Cette obstination des Américains a d’ailleurs été une des raisons majeures de l’absence de communiqué des ministres des Affaires étrangères des pays membres du G7 mercredi, selon le Washington Post : le secrétaire d’État Mike Pompeo a insisté pour que le virus soit appelé « Wuhan Virus », ce que ses homologues ont tous refusé.

Lire aussi > Hillary Clinton tacle la gestion de la crise du Coronavirus par Trump en un tweet bien placé

Avec un tel ton calme, Donald Trump montre qu’il ne semble pas avoir décidé s’il comptait blâmer la Chine pour la pandémie, contrairement aux messages parfois durs qu’il a faits passer envers le régime. « Le monde est en train de payer très cher pour ce qu’ils ont fait », accusait-il encore la semaine dernière, reprochant aux autorités chinoises de n’avoir pas été assez transparentes. « Ça aurait pu être stoppé exactement là d’où c’est originaire, la Chine », avait-il ajouté. Fin janvier, pourtant, il assurait dans un tweet que les États-Unis « appréciaient grandement les efforts et la transparence » de la Chine.

Stigmatisation contre théorie du complot

Comme souvent, peu importent les tensions entre les deux pays ou la situation, Donald Trump met en avant les bons rapports personnels qu’il entretient avec les dirigeants -il le faisait déjà lors des négociations en pleine guerre commerciale entre les États-Unis. Mais il semble au moins avoir entendu les protestations officielles des autorités chinoises sur l’appellation « virus chinois » et ses diverses critiques envers le régime. Mais ce dernier a en réponse propagé des théories du complot, via les comptes Twitter de ses ambassades, accusant les États-Unis d’être à l’origine de la création de ce nouveau coronavirus, estimant que les infections pulmonaires causées l’été dernier par des cigarettes électroniques… auraient pu être les premiers cas de Covid-19.

Une nouvelle étape dans ces tensions entre les deux pays a concerné la presse. Il y a quelques semaines, la Chine a ordonné l’expulsion d’une douzaine de journalistes américains (du New York Times, du Washington Post et du Wall Street Journal, entre autres), invoquant la limitation par Washington du nombre de ressortissants chinois autorisés à travailler pour cinq médias chinois, considérés comme des organes de propagande aux États-Unis.

CIM Internet