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Accusé d’agression sexuelle, Joe Biden plus que jamais sous pression

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Le candidat démocrate lors du dernier débat de la primaire face à Bernie Sanders. | © Mandel NGAN / AFP.

Politique

Tara Reade, une ancienne assistante, accuse le candidat démocrate de l’avoir agressée sexuellement en 1993 alors qu’il était sénateur. Jusqu’ici pas très exposée médiatiquement, l’affaire commence à faire grand bruit outre-Atlantique.

 

C’est une affaire qui pose bien des problèmes à Joe Biden, le candidat démocrate qui veut défier Donald Trump aux élections présidentielles américaines de 2020. Tara Reade, une femme de 56 ans qui faisait partie de son équipe lorsqu’il était sénateur à Washington en 1993, l’accuse d’agression sexuelle. Sous une pression croissante pour répondre à l’accusation, Joe Biden a mis en avant mercredi soir son bilan dans la lutte contre les violences faites aux femmes mais sans évoquer l’affaire.

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Dans le camp d’en face, l’équipe de Donald Trump, lui-même accusé par plusieurs femmes de harcèlement et agressions ces dernières années, attaque Joe Biden et ses soutiens en employant des mots particulièrement embarrassants. Ceux de l’ancien vice-président de Barack Obama lui-même, qui a dit, et répété, qu’il « faut du courage pour dénoncer une agression sexuelle », en appelant à écouter les victimes.

Sauf que face à Tara Reade, le candidat démocrate à la Maison-Blanche oppose un silence assourdissant, tandis que son équipe ne s’est fendue que d’un démenti ferme, à la mi-avril, auquel elle renvoie depuis. Aucune question ces dernières semaines dans les interviews que Joe Biden, 77 ans, donne depuis son domicile dans le Delaware, où il est confiné à cause du coronavirus. Mercredi soir, il a été interrogé sur les agressions sexuelles… mais dans l’armée. Sans un mot sur les graves accusations de Tara Reade, il a saisi cette opportunité, lors d’une levée de fonds par visioconférence, pour rappeler qu’il avait co-présenté une loi adoptée en 1994 pour lutter contre les violences faites aux femmes. Il a aussi mis en avant son travail sous la présidence de Barack Obama.

Déclarations contradictoires

Tara Reade affirme s’être retrouvée seule avec lui dans les couloirs du Congrès en 1993. Sans véritables « échanges de mots », a-t-elle raconté pour la première fois dans un podcast diffusé le 25 mars, « il m’a mise contre le mur », embrassée et « il m’a pénétrée avec ses doigts ». Le 9 avril, elle a présenté un rapport à la police de Washington, dans lequel elle affirme avoir été « victime d’une agression sexuelle » en 1993, mais sans citer le nom de Joe Biden. « Ce rapport est classé », a indiqué mercredi à l’Agence France-Presse un porte-parole de la police, sans donner plus de précisions.

Consciente que les faits étaient prescrits, Tara Reade a expliqué au journal conservateur Washington Examiner qu’elle avait présenté ce rapport afin de démontrer qu’elle était prête à faire une déclaration sous serment. « Cela n’est absolument pas arrivé », a répondu le 13 avril la porte-parole du démocrate, Kate Bedingfield. « Ce qui est clair avec cette affirmation : elle n’est pas vraie ». Il y a un an, Tara Reade avait accusé, avec d’autres femmes, Joe Biden de gestes qu’elles jugeaient gênants, mais ne relevaient pas d’une agression sexuelle.

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Le New York Times l’a depuis interviewée à plusieurs reprises, ainsi que ses proches et une vingtaine de personnes qui ont travaillé avec Joe Biden à l’époque des faits. Une amie de Tara Reade a confirmé au journal qu’elle lui avait « raconté les détails de cette accusation à l’époque ». Une autre amie et le frère de Tara Reade « ont déclaré qu’elle leur avait parlé, plus tard, d’un événement traumatisant d’ordre sexuel impliquant M. Biden ». Plusieurs anciens collaborateurs de Joe Biden travaillant au Sénat à la même époque qu’elles ont affirmé n’en avoir jamais entendu parler. « Aucune autre accusation d’agression sexuelle n’est apparue au cours de cette enquête », a souligné le journal. Depuis une semaine, les sites The Intercept et Business Insider ont publié de nouveaux éléments et le témoignage d’une ancienne voisine disant que Tara Reade lui avait raconté cette agression.

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