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Ecolo craint d’être laissé pour compte dans la formation du gouvernement fédéral

Ecolo craint d'être laissé de côté dans la formation du gouvernement fédéral

Jean-Marc Nollet, le co-président Ecolo, le 15 septembre 2015. | © BELGA PHOTO / PAUL-HENRI VERLOOY

Politique

En obtenant 13 sièges sur 150 à la Chambre, Ecolo se considère comme l’« un des vainqueurs des élections », mais redoute de ne pas faire partie du prochain gouvernement. Le parti ne ferme pas pour autant clairement la porte à une formation avec la N-VA.

 

Le co-président des écologistes francophones, Jean-Marc Nollet, a refusé sur le plateau de la RTBF jeudi soir de dire clairement que « non », Ecolo ne montera pas dans un gouvernement avec la N-VA. Mais l’écologiste a exprimé sa perplexité face au constat que son parti, pourtant « un des vainqueurs des élections », n’ait à aucun moment été chargé d’une mission en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Alors que le trio George-Louis Bouchez – Joachim Coens – Egbert Lachaert s’est constitué en « rois mages » explorateurs, « on n’a pas l’impression que nous soyons tellement désirés », a indiqué Jean-Marc Nollet lors de l’émission « Jeudi en prime ».

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Les présidents des partis composant le gouvernement minoritaire actuel n’ont en effet pas fait mystère de leur piste privilégiée : une coalition « Arizona », avec ce même trio ainsi que la N-VA, le cdH et le sp.a. A priori sans écologistes donc, ce qui interpelle Jean-Marc Nollet (« C’est un peu particulier… ») même si Ecolo avait toujours dit ces derniers mois être opposé à une coalition avec la N-VA. « Pour l’instant, ils ont décidé de travailler à 6 partis. Je pense qu’on est encore loin du résultat, loin de la formation d’un gouvernement. Mais laissons leur cette chance-là », lance le Wallon. « En ce qui nous concerne, lors de notre rencontre avec le trio (GLB, Coens, Lachaert, ndlr), on lui a présenté notre analyse de la situation et nos propositions pour débloquer le pays », résume-t-il en se référant au récent manifeste vert Choisir un horizon.

Ecolo craint d'être laissé de côté dans la formation du gouvernement fédéral
Egbert Lachaert (Open Vld), Joachim Coens (CDV) et George-Louis Bouchez (MR). © BELGA PHOTO / MAARTEN WEYNANTS

La N-VA jugée « inquiétante », mais pas de non ferme

Le coprésident martèle : les Verts veulent parler « de fond », pas forcément de composition de coalition. Et justement, même si le « non » n’est pas prononcé tel quel, quand on regarde le « fond », l’attitude et la politique de la N-VA sont jugées « inquiétantes » dans les rangs écologistes. Jean-Marc Nollet rappelle la porte « claquée » par la N-VA en superkern à la mi-juin, mais aussi l’attitude jugée « anti-Europe » des nationalistes.

Finalement, le PS est aussi pointé du doigt, à la suite des déclarations de son président Paul Magnette sur LN24. Le Carolo y disait que son parti peut envisager de gouverner avec la N-VA, sous réserve d’un accord sur le contenu, justement. « J’ai parfois difficile à suivre le raisonnement du PS. Le rapport Magnette-Rousseau disait clairement ‘les socialistes avec la N-VA, ce n’est pas possible’. Puis, trois semaines après, on apprend qu’ils sont demandeurs », déplore Jean-Marc Nollet. « J’ose espérer qu’ils ne vont pas remettre en question ce qu’ils ont dit avant, à savoir que si le PS devait entrer dans un gouvernement avec la N-VA, ce serait sans l’Open VLD », glisse-t-il.

Avec Belga

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