Les sept premières frappes de Donald Trump

Les sept premières frappes de Donald Trump

Ce lundi 23 janvier, Donald Trump a signé des décrets présidentiels qui changent déjà la face des États-Unis. Belga | ©

Politique

Voilà une semaine jour pour jour que Donald Trump a officiellement pris les commandes du bureau ovale. Sept jours marqués par sept actions cruciales. C’est désormais officiel : le nouveau président américain veut asseoir ses positions républicaines le plus vite possible et balayer d’un revers de la main les mesures prises sous l’ère Obama.

Exit Barack Obama et ses mesures has-been. Welcome Donald Trump et sa politique de rupture aux couleurs conservatrices et nationalistes. Sept jours. C’est ce qu’il aura fallu à Donald Trump, tout juste investi, pour souffler sur les mesures emblématiques instaurées par Obama. Sans perdre de temps, la bourrasque Trump a déjà balayé l’Obamacare, l’engagement pour le climat ou encore le traité transpacifique (TPP). Depuis le 20 janvier, jour de son investiture, le président républicain s’empresse d’appliquer les promesses faites lors de sa campagne électorale. Des priorités qui résident jusqu’alors dans la suppression de mesures plutôt que dans la création de nouvelles.

1. Obamacare

À peine investi, le nouveau président des États-Unis n’a pas attendu longtemps pour signer l’arrêt de mort du système de santé mis en place par son prédécesseur. Vendredi 20 janvier, Donald Trump a tout de même attendu la fin de la parade militaire avant de signer le décret présidentiel qui abrogera la loi « Obamacare ». Réforme phare de l’assurance-maladie aux États-Unis, l’Affordable Care Act visait à garantir une couverture santé pour tous les Américains (elle est parvenue à couvrir plus de 20 millions d’entre eux). Reprochée pour son coût et son poids administratif, cette réforme de 2010 n’était pas au goût des républicains. Tout juste signé par la plume de Trump, ce décret ordonne aux agences fédérales de « soulager le poids » de l’Obamacare en attendant son abrogation et son remplacement, qui seront prochainement votés au Congrès.

2. LGBTQ et climat

Le 20 janvier, alors que les douze coups de midi sonnaient à Washington, grande surprise sur le site de la Maison Blanche. Impossible d’accéder aux pages autrefois dédiées au soutien des LGBTQ (pour « lesbien, gay, bisexuel, transgenre et/ou queer ») et à la défense du climat. Une manœuvre volontaire, loin d’être un bug informatique, qui dégage officiellement les LGBTQ et le climat du nouveau programme républicain. En plus de dénigrer la communauté, il a aussitôt remplacé le « Climate Action Change » (un engagement de l’administration Obama vers la transition énergétique) par un texte flambant neuf : le « America First Energy Plan ». L’objectif de ce nouveau programme ? Abandonner les efforts pour réduire les énergies polluantes et reprendre les forages liés au pétrole et au gaz de schiste. Pas étonnant, venant de la part d’un président qui voit le changement climatique comme un véritable « canular ».

Lire aussi : Trump ne défendra ni le climat ni les LGBTQ, d’après le site de la Maison Blanche

3. Traité transpacifique

Son équipe l’avait annoncé : d’importantes décisions seraient prises par Donald Trump dès sa première semaine entre les murs du bureau ovale. Choses dites, chose faites. Ce lundi 23 janvier, Donald Trump se retire du traité de libre-échange transpacifique (TPP), négocié avec persévérance par l’administration Obama. Signé en 2015 par douze pays d’Asie-Pacifique dont l’Australie, le Canada, le Mexique ou encore le Vietnam, ce traité prévoyait la levée des barrières douanières et tarifaires. Il était également considéré comme un contre-poids à l’influence de de la Chine sur le marché transpacifique. Cet accord, jugé « terrible » par Donald Trump et critiqué par certains pour des raisons d’opacité, n’était pas encore entré en vigueur. Durant sa campagne, le républicain avait promis de faire du TPP l’une de ses priorités.

Ce 23 janvier, Donald Trump signait le décret présidentiel mettant fin à la participation des États-Unis au traité transpacifique (TPP). ©Belga.

4. Avortement

Sur la lancée du TPP, des mesures anti-avortement ont été signées sur un énième document. Ce dernier visant à interdire purement et simplement le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’IVG. L’administration Trump est en effet vivement opposée au droit à l’avortement et s’apprête à mettre en place une série de restrictions limitant le droit des femmes. Plusieurs s’inquiètent déjà de la suite de événements. Alors qu’il s’apprête à nommer un fervent opposant à l’avortement comme juge à la Cour Suprême, Donald Trump a également envisagé la suppression -à terme- du « Roe V. Wade », l’arrêt qui a légalisé l’avortement aux USA en 1973.

5. Embauches fédérales

En ce premier « lundi présidentiel », Donald Trump passe de la parole aux actes en ordonnant par décret la restriction des embauches au niveau fédéral. Les secteurs comme l’armée, la santé et la sécurité publique seraient néanmoins épargnés, selon le président américain qui se voit comme « le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé« . Paul Ryan, président républicain de la Chambre des Représentants, s’est dit impatient « de travailler avec le président pour renforcer ces actions et offrir des résultats au peuple » dans un communiqué. « Le président Trump ne perd pas de temps pour mettre en œuvre ses promesses », s’est-il réjouit.

6. Construction du mur

C’était la promesse la plus emblématique de sa campagne, l’ancien roi de l’immobilier a signé mercredi un décret pour donner le coup d’envoi au projet de la construction du mur le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Haut de 12 mètres, ce mur aura pour but d’endiguer l’immigration clandestine avec en outre 5000 policiers supplémentaires. Mais ce projet a un coût, 10 à 12 milliards de dollars selon Trump. Mais le sénateur américain Mitch McConnell estime ce projet à 12 à 15 milliards de dollars, selon la BBC.

Qui le financera ? Durant sa campagne, Donald Trump a promis que le Mexique payerait le mur, d’une manière ou d’une autre. Le nouveau président envisage d’imposer une taxe de 20% sur tous les produits venus de ce pays, a avancé son porte-parole Sean Spicer. « En faisant cela, nous pouvons récolter 10 milliards de dollars par an et facilement payer pour le mur grâce à ce seul mécanisme » a-t-il ajouté avant de préciser qu’il s’agissait d’une proposition parmi d’autres. Face à cette décision, le président mexicain Enrique Pena Nieto, qui refuse de financer l’idée de son homologue américain, a annulé sa prochaine visite à Washington.

Pendant sa conférence avec Theresa May de ce vendredi, Donald Trump a mentionné un appel téléphonique avec le président mexicain qui s’est très bien passé. « Ils nous ont fait paraitre stupides (…) Nous allons travailler pour une relation plus juste et nouvelle » a-t-il ajouté à propos du Mexique, avec qui les Etats-Unis ont un déficit commercial de 60 milliards de dollars.

7. Torture

Lors d’un entretien avec ABC News, le nouveau président n’a pas eu peur de dire qu’il pourrait réintroduire la torture pour « garder son pays en sécurité ». Alors que Barack Obama a tenté de fermer la prison de Guantanamo, son successeur envisage de recréer des prisons spéciales pour les prisonniers de la guerre contre le terrorisme, dans lesquelles la torture pourrait être pratiquée. Si cette déclaration n’a rien de concret, elle est tout de même inquiétante pour les détracteurs de la torture. Le milliardaire, convaincu de l’efficacité de la torture, a cependant précisé qu’il suivra les conseils de ses ministres.

Les prochaines mesures en vue

Les sept « frappes » de Donald Trump semblent n’être que le début d’une longue série. Car le nouveau président américain ne compte pas s’arrêter là. Pour parvenir à son objectif de faire des États-Unis « le pays le plus attractif pour les industriels », il a déjà promis aux entreprises une baisse d’impôts significative en réduisant la réglementation fédérale à 75%. Parallèlement à son retrait du TPP, Donald Trump a affirmé vouloir renégocier un autre traité de libre-échange : l’Alena. Cet accord entre les U.S.A, le Canada et le Mexique -entré en vigueur en 1994- figure également dans sa ligne de mire, lui reprochant d’avoir engendré la délocalisation d’emplois manufacturés des États-Unis vers le Mexique. Une délocalisation qu’il prend très au sérieux et dont il a déjà entamé la réforme. Quant à sa politique étrangère, Donald Trump s’est engagé à continuer d’apporter son soutien militaire à l’Égypte pour soutenir le combat contre le terrorisme. Main dans la main avec la Russie de Poutine, il prévoit de mener des opérations militaires pour vaincre le groupe État islamique, en Syrie.

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