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John Bolton : « Comme Trump refuse d’apprendre, il est incompétent »

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John Bolton et Donald Trump en mars 2018. | © Consolidated News.

Politique

John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale, règle ses comptes avec Donald Trump. Interview.

D’après une interview du correspondant de Paris Match France aux États Unis, Olivier O’Mahony

Paris Match. Dans vos Mémoires, The Room Where It Happened, vous racontez votre séjour à la Maison-Blanche, dans la garde rapprochée de Donald Trump. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé chez lui ?
John Bolton. Son refus d’apprendre. J’ai conseillé plusieurs présidents. Tous ceux que j’ai vus en action arrivent avec une idée très vague de ce qui les attend. La tâche est trop importante pour le savoir avant d’occuper le bureau Ovale. Mais, dans le cas de Trump, j’ai été frappé par ses lacunes et surtout son manque d’intérêt. Il pense vraiment que son instinct suffit, comme à l’époque où il était dans l’immobilier à Manhattan. Ce n’est pas comme ça que ça marche sur la scène internationale…

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Au départ, entre lui et vous, tout va bien…
Oui, il a décidé le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire sur l’Iran au bout d’un mois, et j’y étais favorable. Mais j’ai vite réalisé que Trump n’avait aucune vision. Il n’est ni un conservateur républicain ni un démocrate de gauche. Il n’est rien. Et je pense que c’est un problème. Si vous n’avez pas de philosophie, vous n’avez pas d’objectifs et vous allez n’importe où. Trump est exactement dans cette situation. Et, comme il refuse d’apprendre, il est incompétent.

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Quand avez-vous décidé de démissionner ?
La première fois que j’y ai songé, c’est au moment où Trump a invité le bras droit de Kim Jong-un à la Maison-Blanche. Je venais d’arriver. Le président m’en voulait car Kim se plaignait ouvertement de moi… Puis il y a eu l’attaque iranienne sur un drone américain. Sa décision de ne pas riposter m’a beaucoup déçu. À ce stade, les dés étaient jetés : mon départ était inévitable, pourtant je suis resté car je pensais toujours avoir de l’influence, et j’arrivais encore à avaler des couleuvres. Mais quand il a voulu convier les talibans d’Afghanistan à Camp David – une erreur énorme –, la rupture était consommée. Mon départ, après dix-sept mois à ce poste, a été le résultat d’une accumulation de désaccords.

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