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Trump ébranle l’Amérique en se déclarant vainqueur et veut saisir la Cour suprême

Trump ébranle l'Amérique en se déclarant vainqueur et veut saisir la Cour suprême

Donald Trump, le 4 novembre 2020. | © MANDEL NGAN / AFP

Politique

Joe Biden reste en tête pour l’instant avec 237 grands électeurs contre 213 pour Donald Trump. Le président en place annonce saisir la Cour suprême pour arrêter le comptage des votes, se déclarant vainqueur dans les États restants.

 

Donald Trump a revendiqué mercredi la victoire à l’élection présidentielle, plongeant les États-Unis dans l’inconnu et dans l’inquiétude, alors que les jeux sont loin d’être faits dans plusieurs États-clés et que Joe Biden reste en mesure de l’emporter. Quelques minutes plus tard, les médias américains annonçaient d’ailleurs la victoire de Biden dans l’important État d’Arizona.

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« Honnêtement, nous avons gagné l’élection », a déclaré le président républicain des États-Unis lors d’une brève allocution depuis les salons de la Maison Blanche. « Nous étions prêts à célébrer quelque chose de magnifique », a-t-il encore affirmé dans une déclaration confuse et sans équivalent dans l’histoire moderne.

Trump menace de saisir la Cour suprême

Le président américain sortant a annoncé qu’il saisira la Cour suprême pour arrêter tout comptage des votes, invoquant des « fraudes contre la nation », sans livrer aucun élément concret, lors de son discours à la Maison Blanche. « Nous avons déjà gagné », a-t-il ajouté, malgré le décompte en cours. Il a estimé qu’il y avait une « fraude majeure » en cours dans le comptage des bulletins de vote et déclare : « En ce qui me concerne, nous avons déjà gagné et nous allons en assurer l’intégrité ».

Il a également revendiqué sa victoire dans les États où le décompte des voix est toujours en cours. Pour l’emporter, un candidat doit obtenir au moins 270 des 538 grands électeurs attribués au niveau des États.

La cheffe de campagne de Joe Biden a jugé « scandaleux » et « sans précédent » les propos de Donald Trump. Dans un communiqué, Jen O’Malley Dillon a affirmé que les démocrates étaient prêts à « combattre » en justice si le président républicain saisissait la Cour suprême. « Jamais auparavant dans notre histoire, un président des États-Unis n’a cherché à priver les Américains de leur voix lors d’une élection nationale », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le fait que Trump n’avait pas le pouvoir légal de se déclarer vainqueur ou influencer le comptage des votes. « Nous avons des équipes juridiques qui se tiennent prêtes. »

Rien n’est encore joué. Le démocrate Joe Biden disposait lui encore de plusieurs scénarios pour décrocher la victoire, d’autant qu’il vient de faire basculer l’Arizona, ex-place forte républicaine qui devient ainsi le premier État de cette élection à changer de camp par rapport à 2016. Et il peut encore espérer arracher la Géorgie au camp Trump, où seulement 100 000 voix séparent les deux candidats. En Caroline du Nord, l’écart est de juste 76 000 voix, preuve de l’élection très serrée.

Joe Biden doit néanmoins gagner au moins deux des trois États disputés du Nord industriel (Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin) remportés sur le fil par le milliardaire il y a quatre ans. Or dans ces États, le dépouillement pourrait se poursuivre mercredi, voire sur plusieurs jours, notamment en raison du niveau record du vote par correspondance. L’attente s’annonce donc longue.

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