Paris Match Belgique

Ave, Donald, le hell hole te salue

Une marche d'opposition a été organisée pour "accueillir" Donald Trump. | © Belga / Wim de Meulenaere

Politique

Donald Trump n’avait pas mâché ses mots à l’encontre de Bruxelles en janvier dernier. Dans une interview à Fox Business News, il avait qualifié la capitale belge de « hell hole », soit « trou à rats ». Ce qui n’empêche pas le président américain de la visiter aujourd’hui. 

Elle avait été blessée, Bruxelles la belle. Balayée, sa douceur de vivre, oubliés, ses joyeux ketjes, deux mots, une condamnation : notre capitale serait un « hell hole », un trou à rats, l’enfer. Du moins, s’il fallait en croire Donald Trump, qui, sans y avoir mis les pieds en deux décennies, se targuait de connaître la région. Il en parlait à Fox News, décrivant « une ville qui était si belle il y a 20 ans, tout y était très beau. Aujourd’hui, c’est comme de vivre dans un trou à rats. On voit ça partout, il y a quelque chose qui ne va pas ». En cause, selon sa fine analyse géopolitique, « un manque total d’assimilation. Les habitants veulent faire appliquer la Charia, ça ne va pas du tout ». Faites vos memes, rien ne va plus : en réponse aux déclarations de Donald Trump, les Bruxellois s’en étaient donné à coeur joie.

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Hellhole Brussels

Paradis perdu

Cinquantenaire nimbé de soleil, arc-en-ciel sur les étangs d’Ixelles ou encore brigade de chatons jouant du tambour sur la Grand Place, flanquées du hashtag #hellhole, les déclarations d’amour à la capitale s’étaient multipliées. Et le mouvement avait donné naissance à Hellhole Brussels, un collectif d’artistes désireux de montrer le vrai visage de la ville. Architecture, photographie, performances et pépites : une galerie d’art virtuelle comme un manifeste à la richesse culturelle de Bruxelles. Sans rien perdre du grain de folie typiquement belge : sur la page d’annonce du site, un archange accueille le président. « Welcome Donald, we have been expecting you ».

Comité d’accueil

Attendu, le président américain ? Les initiatives mises en place par la population indiquent que non. Citoyens et organisations de la société civile se sont mobilisés pour dénoncer sa venue, notamment lors de la marche «Trump not Welcome», organisée ce 24 mai à 17h au départ de la gare du Nord. Sur Facebook, l’événement rassemble 10 000 participants, et 21 000 intéressés, dont certains font le trajet depuis les pays voisins. Et sur la page, le comité d’accueil est sans équivoque : « on veut souhaiter la bienvenue à Donald Trump dans l’enfer bruxellois, puisse-t-il brûler dans ses flammes ».

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