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Trump spectaculairement contredit par son fidèle ministre de la Justice

Donald Trump

Le 9 septembre 2019, photo du président américain Donald Trump serrant la main du procureur général William Barr lors de la cérémonie de remise de la Médaille de la Valeur et des Citations Héroïques à la Maison Blanche à Washington. | © Yuri Gripas / ABACAPRESS.COM.

Politique

Le ministre de la Justice des Etats-Unis, William Barr, a indiqué lors d’une interview que ni le FBI ni les procureurs qu’il supervise n’ont constaté de fraude électorale massive susceptible d’avoir pesé sur le résultat du duel Trump-Biden.

D’après un article Paris Match France de A.G.

Ultra-conservateur, défenseur acharné des pouvoirs présidentiels, William Barr a longtemps été un allié précieux pour Donald Trump. Nommé « Attorney General » – ministre de la Justice – en février 2019, ce vétéran de l’administration de George H.W. Bush s’était illustré en présentant une lecture très favorable au milliardaire des conclusions de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de 2016. Le président l’avait d’ailleurs félicité pour son implication. Empêtré dans une bataille pour jeter le trouble sur la régularité de l’élection présidentielle du 3 novembre dernier, qu’il a nettement perdue face à Joe Biden, Donald Trump n’a sans doute pas apprécié les déclarations de son fidèle ministre, mardi. Dans un entretien à l’Associated Press, Bill Barr douche les espoirs du camp Trump de faire invalider la victoire du démocrate. « À ce jour, nous n’avons pas constaté de fraude à une échelle qui aurait pu changer le cours de l’élection », a déclaré l' »AG » Barr, en contradiction totale avec les propos régulièrement proférés par Donald Trump.

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Bill Barr avait pourtant soutenu la rhétorique présidentielle, notamment en s’interrogeant sur la fiabilité du vote par correspondance, puis, peu de temps après l’élection, en signant un mémo élargissant la possibilité d’ouvrir des enquêtes du ministère de la Justice sur les procédures électorales. Selon la presse américaine, la démarche avait profondément choqué au sein du ministère, déclenchant même la démission du responsable des enquêtes sur les fraudes électorales, rapportait le Washington Post le 10 novembre. Mais alors que Joe Biden a remporté nettement l’élection avec 6,8 millions de voix de plus que Donald Trump et 306 grands électeurs contre 232, la position du camp Trump est de plus en plus intenable. Les partisans du milliardaire n’en ont pas moins réagi vivement aux propos du ministre. « L’AG Barr est un LÂCHE », a tweeté Sebastian Gorka, un ancien conseiller du président issu de l’extrême droite.

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Barr n’est pas le seul républicain à prendre ses distances avec les plus acharnés des trumpistes. Le puissant patron des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a admis à demi-mots qu’une «nouvelle administration» allait s’installer au pouvoir l’année prochaine, selon le New York Times. En Géorgie, Etat où Biden a créé la surprise, les tenants de la théorie du complot s’en prennent au gouverneur républicain de l’Etat, le très pro-Trump Brian Kemp, et au secrétaire d’Etat -responsable de l’organisation des élections-, le républicain Brad Raffensperger. Un des subordonnés de Raffensperger, Gabriel Sterling, lui aussi républicain, a laissé éclater sa colère mardi face aux attaques et aux menaces émanant des soutiens de Donald Trump. « Je vais faire de mon mieux pour garder ma contenance… Parce que tout ça va trop loin. Tout. (…) Ça doit cesser! Monsieur le président, vous n’avez pas condamné ces actions ou ces paroles! (…) Ça doit cesser! », a-t-il martelé.

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