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Donald Trump s’accroche encore à une victoire illusoire

Donald Trump, le 5 décembre 2020 en Géorgie. | © Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Politique

En revanche, le second tour des élections sénatoriales du 5 janvier prochain sera décisif pour le mandat de Joe Biden.

 

Donald Trump a encore refusé samedi de reconnaître sa défaite lors de son premier meeting depuis la présidentielle américaine, retrouvant les foules qui le galvanisent pour faire campagne dans une élection sénatoriale cruciale car elle décidera de l’équilibre du pouvoir à Washington. Devant ses partisans chauffés à blanc, réunis en Géorgie, le républicain s’est livré à un jeu d’équilibriste risqué lors d’un discours de près de deux heures.

« Battons-nous pour Trump », a scandé la foule, où peu portaient des masques, rassemblée devant son avion présidentiel Air Force One. « Nous rendrons à l’Amérique sa grandeur », a-t-il claironné, reprenant son célèbre slogan.

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Niant la victoire du démocrate Joe Biden, pourtant déclarée il y a près d’un mois, il a crié à la « fraude » dans un système électoral « truqué », tout en exhortant les électeurs de Géorgie à se mobiliser pour élire deux candidats républicains au Sénat. « Nous pouvons nous battre pour la présidence et nous battre pour élire nos deux formidables sénateurs, et nous pouvons le faire en même temps », a-t-il assuré à Valdosta, accompagné de son épouse Melania Trump.

Son message brouillé embarrasse pourtant des cadres républicains car il a déjà semé le doute chez certains de ses fidèles, qui se demandent s’il vaut vraiment la peine de voter dans une élection « truquée ».

Des enjeux immenses au Sénat

Le 5 janvier, deux sièges du Sénat, aujourd’hui détenus par des républicains, se joueront en Géorgie lors d’une double élection partielle. S’ils les perdent, la chambre haute passera sous le contrôle des démocrates, car avec 50 sièges contre 50, la future vice-présidente Kamala Harris pourra, comme le prévoit la Constitution, voter pour départager l’égalité. Et Joe Biden, qui sera investi le 20 janvier, comptera donc sur un Congrès entièrement démocrate pour dérouler son programme.

Mais si les républicains conservent la majorité, le futur président devra composer avec un Congrès divisé, le Sénat ayant notamment le pouvoir de bloquer ses nominations et ses grands projets de lois. « Si l’autre camp parvient à voler ces deux élections (…), tout ce à quoi vous tenez aura disparu », a tonné Donald Trump, aux côtés des sénateurs sortants David Perdue et Kelly Loeffler.

Donald Trump s'accroche encore à une victoire illusoire
Donald et Melania Trump, suivis par les sénateurs David Perdue et Kelly Loeffler. © Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP

S’il a récemment évoqué une possible nouvelle candidature à la prochaine présidentielle, Donald Trump a dédié une bonne partie de son discours à reparler de l’élection du 3 novembre. « Je ne veux pas attendre 2024, je veux revenir trois semaines en arrière », a-t-il lancé, mi-plaisantin. « Nous n’avons pas perdu », a-t-il martelé en dépit des résultats, sous des cris enthousiastes. « Cette élection a été truquée. »

Malgré ses accusations de fraude, les tribunaux ont rejeté une myriade de recours en justice présentés par son équipe d’avocats à travers les États-Unis. Il a de nouveau vivement critiqué le gouverneur de la Géorgie, pourtant républicain et un ex-allié, en l’exhortant à vérifier de nouveau les bulletins. Le résultat de cet État a déjà été certifié, donnant la victoire à Joe Biden par une courte avance de moins de 13 000 voix.

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Sur le papier, les deux sénateurs républicains partent vainqueurs, mais avec un électorat désormais plus jeune et plus divers en Géorgie, et des démocrates galvanisés par la victoire de Joe Biden dans cet État qui n’avait pas voté pour un candidat à la présidentielle de leur parti depuis 1992, les espoirs démocrates grandissent.

Avec l’AFP

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