Paris Match Belgique

Dans une vidéo, Trump tente de sauver les meubles

donald trump

Extrait de la vidéo publiée ce jeudi 7 janvier 2020 par Donald Trump sur son compte Twitter. | © Capture d'écran Twitter @realDonaldTrump.

Politique

Dans une vidéo publiée jeudi soir sur Twitter, le président sortant a reconnu sa défaite et condamné les émeutiers qui ont pris d’assaut le Capitole mercredi. Donald Trump les avait pourtant incités ce jour-là à marcher sur le siège du Congrès.

 

D’après un article Paris Match France de A.G.

Cinq morts dont un policier, des démissions en cascade jusqu’au sommet de l’Etat et la perspective d’un nouveau vote d’«impeachment», ainsi que d’éventuelles poursuites judiciaires contre le président : l’appel lancé par Donald Trump mercredi à marcher sur le Capitole pour subvertir l’ultime étape du processus électoral n’en finit pas de produire ses effets désastreux. Depuis l’élection présidentielle perdue du 3 novembre, la fin de règne du milliardaire ressemble à un naufrage.

Lire aussi > Insurrection au Capitole : L’incroyable direct du correspondant de France Info devient culte sur Twitter

Son agenda quotidien suggère qu’il a abandonné toute volonté de gouverner, tandis que ses diatribes devant la foule de ses partisans ou sur Twitter ont démontré qu’il était prêt à tout pour conserver le pouvoir, en dépit des résultats sans ambiguïté du scrutin. Dans ce contexte, la vidéo publiée jeudi soir sur le compte Twitter de Donald Trump – qui avait été suspendu après que le réseau social a considéré que ses messages encourageaient la violence – ressemble à une tentative de faire oublier les dernières semaines et en particulier la sanglante journée du 6 janvier.

Dénonçant les « attaques haineuses contre le Capitole des États-Unis », Donald Trump jure que « comme tous les Américains, [il est] scandalisé par la violence, le désordre et le chaos ». Il s’était pourtant refusé à faire passer un tel message alors même que ses partisans s’introduisaient dans le siège du Congrès, forçant les élus à se réfugier dans des abris. Il prétend ensuite avoir « immédiatement » ordonné le déploiement de la garde nationale, ce qui est faux : selon le New York Times et d’autres médias, le président a refusé de donner l’ordre et la décision a en fait été prise par le vice-président Mike Pence. « Les manifestants qui ont infiltré le Capitole ont souillé le siège de la démocratie américaine », ajoute-t-il, dans un contraste saisissant avec ses propos tenus le jour même. « Nous vous aimons, vous êtes très spéciaux », avait-il alors lancé.

« Une nouvelle administration sera investie le 20 janvier »

Donald Trump appelle également au calme. « Il faut retrouver son sang-froid et restaurer le calme », avance-t-il. Il abandonne sa rhétorique complotiste et n’affirme plus avoir remporté une victoire écrasante le 3 novembre, alors que Joe Biden a reçu 7 millions de voix de plus. « Je continue de croire que nous devons réformer notre loi électorale pour vérifier l’identité de tous les votants et pour garantir la confiance dans les futures élections », se contente-t-il d’avancer. « Maintenant, le Congrès a certifié les résultats. Une nouvelle administration sera investie le 20 janvier. Je me concentre désormais sur l’organisation d’une transition en douceur, dans l’ordre et sans accrocs. L’heure est à la réconciliation », ajoute Donald Trump, contredisant deux mois de polémiques qu’il a scrupuleusement nourries. « À tous mes fantastiques partisans, je sais que vous êtes déçus, mais je veux aussi que vous sachiez que notre incroyable aventure ne fait que commencer », conclut-il. Une allusion à une possible candidature à la présidentielle de 2024, que le président a un temps envisagé d’annoncer le jour même de l’investiture de Joe Biden, selon les médias américains.

Lire aussi > « Insurrection » : Des partisans de Donald Trump ont réussi à s’introduire dans le Capitole

Cette vidéo à la tonalité et au décor solennels évoque d’autres épisodes de la présidence Trump, lorsque le républicain, acculé par la bronca de l’opposition, des médias et de certains de ses alliés, s’est résolu à changer de ton. Ce fut le cas après les manifestations de racistes à Charlottesville en 2017 : le président avait lu sur un prompteur un discours dénonçant le racisme. Il avait ensuite balayé cette allocution en proclamant que « des gens très bien » figuraient parmi les manifestants qui défilaient aux côtés des néo-nazis. Plus récemment, Donald Trump a prononcé une allocution mi-mars 2020 dans laquelle il affectait de prendre très au sérieux les dangers posés par la pandémie de coronavirus. Plusieurs médias avaient alors noté un « changement de ton ». Un peu plus d’un mois plus tard, le président suggérerait en pleine conférence de presse d’injecter de l’eau de javel pour tuer le virus. Il n’a cessé de minimiser les conséquences de la pandémie depuis et refusé d’encourager les citoyens des États-Unis à porter des masques.

CIM Internet