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Tchétchénie, Syrie, Ukraine et médias russes : tout sur la rencontre Macron-Poutine

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lundi à Versailles. | © AFP PHOTO / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Politique

Entre la Russie et la France, les dossiers diplomatiques lourds ne manquent pas. Lundi à Versailles, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont abordé notamment ceux de la Syrie, de l’Ukraine et de la Tchétchénie. L’occasion également pour le président français, interrogé par une journaliste de Russia Today, d’assumer avoir écarté Sputnik News et RT, deux médias liés au Kremlin, de sa campagne.

Étrange séquence diplomatique, lundi à Versailles, durant la conférence de presse commune de Vladimir Poutine et Emmanuel Macron. Les deux chefs d’États, côte-à-côte, répondaient aux questions des journalistes lorsqu’une reporter de RT (Russia Today), un média lié à l’Etat russe, a reçu une réponse cinglante du président français. « Les journalistes russes ont eu des difficultés à accéder à votre quartier général », regrettait la journaliste en s’adressant à Emmanuel Macron. « J’ai toujours eu une relation exemplaire avec les journalistes étrangers, encore faut-il qu’ils soient journalistes », lui a rétorqué le nouveau chef de l’Etat. « Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d’influence. Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence durant cette campagne qui ont à plusieurs reprises produit des contre-vérités sur ma personne et ma campagne et donc j’ai considéré qu’ils n’avaient pas leur place je vous le confirme à mon quartier général », a lancé Emmanuel Macron. « Il était grave que des organes de presse étrangers, sous quelque influence que ce soit, je ne le sais, aient interféré en répandant des contre-vérités graves dans le cadre d’une campagne démocratique. (…) Russia Today et Sputnik se sont comportés comme des organes d’influence, de propagande et de propagande mensongère, ni plus ni moins », a insisté le président français, aux côtés d’un Vladimir Poutine à l’air fermé.

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Durant la campagne présidentielle, Sputnik avait notamment publié des propos du député Les Républicains Nicolas Dhuicq qualifiant Emmanuel Macron d’« agent du système bancaire américain », sous-entendant que « les détails sur sa vie privée » allaient bientôt émerger et insistant encore sur un supposé « très riche lobby gay » qui soutiendrait le candidat d’En Marche!. RT, de son côté, avait par exemple publié un article sur de supposées révélations promises par Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, sur les « zones d’ombre » du candidat Macron.

Sur la Syrie, Macron promet « une riposte immédiate » aux attaques chimiques

« J’ai indiqué qu’une ligne rouge très claire existe de notre côté : l’utilisation d’une arme chimique par qui que ce soit », qui fera « l’objet de représailles et d’une riposte immédiate de la part des Français », a déclaré Emmanuel Macron. « Je veux, au-delà du travail que nous conduisons dans le cadre de la coalition, que nous puissions renforcer notre partenariat avec la Russie », a-t-il ajouté. « Sur la Syrie, j’ai rappelé quelles étaient nos priorités et je crois que nous pouvons sur cette voie travailler ensemble, en tout cas c’est mon souhait, dans les prochaines semaines », a fait savoir Emmanuel Macron. « Notre priorité absolue, c’est la lutte contre le terrorisme et l’éradication des groupements terroristes et en particulier de Daech », l’acronyme arabe du groupe État islamique, a-t-il ajouté. « C’est le fil directeur de notre action en Syrie », a insisté le chef de l’État français, qui s’est accordé avec Vladimir Poutine sur la création d’« un groupe de travail » franco-russe pour lutter contre le terrorisme.

Emmanuel Macron a également plaidé pour une transition démocratique pour la Syrie, « mais en préservant un État syrien » car, dans la région, « les États faillis sont une menace pour nos démocraties ». Il a indiqué qu’il faudrait « discuter avec l’ensemble des partis en présence » dans le dossier syrien, « y compris les représentants de monsieur Bachar al-Assad », notant, en réponse à une question, que « pour autant » la réouverture d’une ambassade de France à Damas n’était « pas une priorité ». Le chef de l’État français a aussi affirmé que la France serait « vigilante » en ce qui concerne les évacuations humanitaires dans la région.

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AFP PHOTO/ STEPHANE DE SAKUTIN

Poutine promet à Macron la « vérité complète » sur la répression des homosexuels en Tchétchénie

Vladimir Poutine a affirmé à Emmanuel Macron que des mesures allaient être prises concernant les accusations de répression d’homosexuels en Tchétchénie avaient été prises. « Le président Poutine m’a (…) indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie, avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et régler les sujets les plus sensibles », a déclaré Emmanuel Macron, promettant qu’il serait « constamment vigilant » sur la question. « J’ai très précisément indiqué au président Poutine les attentes de la France », a-t-il aussi assuré à la presse à l’issue de son tête-à-tête avec son homologue russe, ajoutant avoir « convenu » avec lui « d’avoir un suivi extrêmement régulier ensemble » sur la question.

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Le chef de l’État français a « rappelé » au président russe « l’importance de sujets qui touchent nos valeurs et nos opinions publiques », ainsi que « l’importance pour la France du respect de toutes les personnes, les minorités et sensibilités ».

Poutine dénonce les sanctions liées à la crise ukrainienne

Les « sanctions » contre la Russie ne contribuent « aucunement » à régler la crise ukrainienne, a déclaré Vladimir Poutine durant la même conférence de presse. « Vous avez demandé comment les sanctions contre la Russie pourront aider à régler la crise dans l’est de l’Ukraine ? Et voilà la réponse : aucunement ! Luttez pour la suppression de toutes les restrictions dans l’économie mondiale », a déclaré Vladimir Poutine.

Emmanuel Macron a de son côté indiqué qu’il y aurait « une discussion » au format Normandie dans les « prochains jours ou semaines » pour éviter « une escalade » des tensions. « Sur la situation en Ukraine, nous avons longuement parlé des différents points de détails et de mise en oeuvre du processus dit de Minsk. Notre souhait, je crois pouvoir le dire sous le contrôle du président Poutine, c’est que dans les meilleurs délais puisse se tenir à nouveau un échange sous le format dit Normandie » réunissant Russie, Ukraine, France et Allemagne, a déclaré le président français. Dans ce cadre, le chef de l’État français a plaidé pour qu’un « bilan complet de ces éléments puisse être partagé » et « en particulier » que « nous puissions avoir accès à un rapport détaillé de l’OSCE qui s’assure d’éléments structurants et importants dans la région ». « Sur ce sujet, c’est donc un processus qui doit perdurer, mais sur lequel nous avons l’un et l’autre partagé nos vues et en tout cas, j’ai pour ma part rappelé la volonté que nous puissions aboutir dans le cadre des engagements de Minsk à une désescalade », a-t-il aussi affirmé.

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