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Accusé de harcèlement sexuel, le gouverneur de New York se dit « désolé »

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Le gouverneur démocrate de l'État de New York, Andrew Cuomo. | © Seth Wenig / POOL / AFP.

Politique

Accusé de harcèlement sexuel par deux anciennes collaboratrices, le gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo s’est dit « désolé ».

D’après un article Paris Match France de Kahina Sekkai

Des accusations graves, considérées comme des propos « mal interprétés ». Dimanche, le gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo s’est dit « vraiment désolé », après avoir été accusé de harcèlement sexuel par une deuxième ancienne collaboratrice. Il a déploré le fait que ses propos aient été considérés « comme du flirt non sollicité » : « Au travail, je pense que je joue, que je fais des blagues que je crois drôles. Parfois, je taquine les gens de façon que je pense bon enfant, en public comme en privé. Je comprends maintenant que mes interactions ont pu être insensibles ou trop personnelles et que certains commentaires, vu ma position, ont pu avoir chez certains des effets non intentionnés. Je me rends compte que certaines choses que j’ai dites ont été mal interprétées. Si certains ont eu cette impression, j’en suis vraiment désolé », a-t-il écrit dans un communiqué dimanche. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête indépendante sur ces accusations.

Plus tôt dans la journée, le New York Times avait livré le témoignage de Charlotte Bennett, qui a quitté son poste de conseillère de l’administration Cuomo en novembre dernier. La jeune femme avait raconté au quotidien des discussions dont l’une l’avait fait se sentir « horriblement mal à l’aise et apeurée », lorsqu’Andrew Cuomo lui a posé des questions très personnelles et dans lesquelles elle a perçu des sous-entendus clairs : « J’ai compris que le gouverneur voulait coucher avec moi. […] Je me demandais comment j’allais m’en sortir et me suis demandé si c’était la fin de mon travail ». Elle avait évoqué cette discussion gênante auprès de la directrice de cabinet d’Andrew Cuomo et avait témoigné longuement auprès de l’avocate du gouverneur, menant à sa mutation à un autre poste, dans un bureau éloigné de celui du démocrate.

« Remarques grossières », « comportements inappropriés » et intimidations

La semaine dernière, Lindsey Boylan, qui avait déjà accusé Andrew Cuomo de harcèlement sexuel en décembre dernier, avait détaillé les faits reprochés au gouverneur démocrate avec lequel elle avait commencé à travailler au début de l’année 2016. Selon elle, il avait rapidement pris les devants, « trouvant des moyens pour [lui] toucher le bas du dos, les bras et jambes », multipliant les « remarques grossières », les « comportements inappropriés » et les intimidations. « Le comportement du gouverneur m’a rendue nerveuse, mais je n’ai pas eu véritablement peur jusqu’en décembre 2016 », s’est-elle souvenue. Ce jour-là, elle raconte avoir été convoquée par Andrew Cuomo et s’être retrouvée seule, avec lui, dans son bureau à Albany. « J’ai essayé de garder mes distances. Il s’est arrêté, a souri en désignant une boîte de cigares. Il m’a dit que le président Clinton lui avait offerte quand il était secrétaire au Logement. J’ai bien saisi la référence vieille de 20 ans à la liaison du président Clinton avec Monica Lewinsky. » Après cet entretien qui a effrayé Lindsey Boylan, mais où rien ne s’était passé, « ses gestes inappropriés sont devenus plus fréquents » : envoi de fleurs, d’une photo dédicacée dans son bureau, « des rappels peu subtils que le gouverneur exploitait la dynamique de pouvoir avec les femmes qui l’entouraient ».

Elle a démissionné en septembre 2018. « Une partie de moi ne se pardonnera jamais d’avoir été si longtemps une victime, d’avoir essayé d’ignorer ce que je savais tout du long. Le gouverneur a exploité mes faiblesses, mon désir de faire un bon travail et d’être respectée. On m’a fait croire que c’était le monde dont j’avais besoin pour survivre. » L’équipe d’Andrew Cuomo, déjà au coeur d’une colère vive parmi les démocrates et républicains après avoir admis avoir omis de déclarer des milliers de décès dus au Covid-19 dans les maisons de retraite de l’État, a nié les accusations de Lindsey Boylan.

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