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Donald Trump : des murs entre les USA et le reste du monde

Donald Trump veut exécuter son programme dans un délais court. | © AFP PHOTO / NICHOLAS KAMM

Politique

D’après un article PARIS MATCH FRANCE de Kahina Sekkai

Donald Trump continue sa marche au pas forcé pour imposer les promesses de sa campagne lors de ses premiers jours de mandat. Après avoir annulé quelques mesures phares de l’ère Obama, décidé des premières phases visant à un protectionnisme économique renforcé,  place aux décisions qui devraient, selon le nouveau président, mettre un terme à l’immigration illégale et aux dangers du terrorisme: le mur avec le Mexique et l’interdiction de visas pour des ressortissants de pays « dits à risques ». 

Imbroglio diplomatique sur une promesse phare de la campagne de Donald Trump. Mercredi, le nouveau président américain a fait un pas de plus vers la construction d’un mur à la frontière mexicaine en signant un décret lançant les travaux. Rapidement, le président mexicain Enrique Peña Nieto a dénoncé ce projet qui «au lieu de nous unir, nous divise» : «Le Mexique ne croit pas aux murs. Je l’ai dit plusieurs fois : le Mexique ne paiera pour aucun mur.» Il a appelé les 50 consulats mexicains dans le pays à se muer «en authentiques défenseurs des droits des migrants mexicains» : «Nos communautés ne sont pas seules. Le gouvernement mexicain leur apportera l’assistance juridique qui leur garantira la protection nécessaire.»

Le chef de l’Etat, qui doit se rendre à Washington le 31 janvier pour une rencontre avec Donald Trump, est pressé par l’opposition mexicaine d’annuler ce déplacement. Les deux hommes s’étaient déjà entretenus à l’été dernier, durant la campagne électorale américaine. L’idée de ce déplacement de Donald Trump au Mexique avait été soufflée par Jared Kusher, son gendre devenu conseiller à la Maison Blanche, afin d’apaiser les relations avec le pays voisin après les déclarations outrancières du candidat. Il avait notamment traité les Mexicains qui immigraient aux Etats-Unis de «violeurs et voleurs».

Entre la construction de ce mur et la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) voulue par Donald Trump, les relations entre les deux gouvernements risquent d’être tendues. Enrique Peña Nieto, qui a répété à plusieurs reprises qu’il ne paierait pas le mur, a assuré qu’il n’y aurait «ni confrontation, ni soumission» dans les négociations avec l’administration Trump. Le président américain, de son côté, a maintenu il y a dix jours : «D’une manière ou d’une autre, et il y a plusieurs façons, le Mexique nous remboursera (…), que ce soit à travers une taxe ou un paiement, c’est moins probable que ce soit un paiement.»

Et quand on parle de chiffres, les avis divergent. Déjà en terme de longueur exacte du mur: Donald Trump parle d’un mur de 3 100 km de long. Dans les faits, il n’y aura que 2 054 km à construire car 1 046 km de clôtures existent déjà (construites sous Georges W.Bush et Barack Obama). Ce mur, qui traversera 5 États américains ferait 13 fois la longueur du mur de Berlin (155 km). Et face à l’ampleur du chantier qui ne devrait pas être fini avant la fin de son mandat, les estimations divergent: 8 milliards pour le président, entre 15 et 25 milliards de dollars pour Migration Policy Institute. La différence est de taille.

La colère de l’ancien président mexicain contre le « putain de mur »

Mercredi sur Twitter, l’ancien président mexicain Vincente Fox Quesada n’a pas mâché ses mots pour évoquer le mur à la frontière mexicaine promis par Donald Trump : «Sean Spicer [le porte-parole de la Maison Blanche, NDR], je l’ai dit à Donald Trump et je vous le dis : le Mexique ne va pas payer pour ce putain de mur. #PutainDeMur»

Plus tôt dans la journée, il s’en était pris à Donald Trump dans une série de tweets, non pas sans rappeler les tirades du président américain sur le même modèle : «Trump, cette fois vous l’entendrez d’EPN [Enrique Peña Nieto], la voix forte et fière du Mexique à propos de murs, de l’Aléna et de la dignité de notre peuple aux Etats-Unis et au Mexique.» «Trump, grandissez, comportez-vous en président. Arrêtez de mentir et de berner le peuple américain. Vous savez que vous avez perdu le vote populaire.»

Puis, en réponse à un tweet du président américain sur la fraude électorale dont il est convaincu qu’elle a eu lieu durant le vote de novembre dernier : «Allez-y, Trump. Cela va prouver que c’est le système qui vous a fait gagner, pas le peuple. Perdre par plus de 3 millions de votes n’est pas une erreur.» (Donald Trump a bien perdu le vote populaire, mais par 2,65 millions de voix.)

Visas contre le monde

Toujours dans sa vision d’un monde « Les USA contre le danger des autres », Donald Trump veut très prochainement interdire de visa tous les ressortissants d’Irak, d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen. Le Washington Post rappelle cependant que, déjà sous Barack Obama, il était extrêmement difficile pour les citoyens de ces pays d’obtenir un visa. Pour rappel, durant la campagne, le désormais président avait souhaité interdire l’accès au territoire américain à « tous les musulmans ».  Donald Trump veut également réduire de moitié le nombre de réfugiés accueillis aux USA. « Make America Alone Again » ?

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