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Donald Trump reproduit ce qu’il reprochait à Barack Obama

Donald Trump et Barack Obama. | © John Angelillo/DPA

Politique

Pendant des années, avant même d’être candidat, Donald Trump a critiqué Barack Obama. Et pourtant, il reproduit désormais certains des comportements qu’il reprochait à son prédécesseur.

Donald Trump n’a pas attendu d’être candidat pour critiquer le président sortant Barack Obama. Dès l’élection de ce dernier, d’ailleurs, le milliardaire participait à une vaste campagne regroupant des opposants au démocrate, qui étaient persuadés qu’il était né au Kenya… et qu’il ne pouvait donc pas être président. S’il a fallu attendre 2016 pour que Donald Trump reconnaisse bien son erreur, le nouveau président américain s’était lâché sur bien d’autres points.

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Barack Obama, le « vacancier invétéré »

À plusieurs reprises, Donald Trump a reproché à Barack Obama de partir trop en vacances, utilisant le terme de « vacancier invétéré » et utilisant (déjà) une fake news selon laquelle Barack Obama aurait dit des Américains qu’ils sont « paresseux » –Snopes.com a démonté l’information.

Le 14 novembre 2011, tweet de Donald Trump : « Barack Obama, le vacancier invétéré, a dit de l’Amérique qu’elle était « paresseuse » pendant son weekend à Hawaï ».

Le 16 novembre 2011, il écrivait : « En l’espace de deux mois, Barack Obama, le vacancier invétéré, a dit que l’Amérique était « douce » et paresseuse ». Il adore critiquer l’Amérique ».


Le 7 décembre 2011, Donald Trump allie critique du président et promotion de son livre : « Barack Obama, le vacancier invétéré, devrait lire #TimeToGetTough pendant ses vacances de 17 jours à venir à Hawaï ».

Une semaine plus tard, le 14 décembre 2011 : « Le vacancier invétéré Barack Obama a fait tant de sacrifices. Il retarde ses vacances de 17 jours à Hawaï de quelques heures ».

Le 27 décembre, nouvelle critique (et faute d’orthographe) : « Le vacancier invétéré Barack Obama est désormais à Hawaï. Ses vacances coûtent aux contribuables 4 milions de dollars pendant qu’il y a 20% de chômage ».

Ce que Donald Trump fait : Ce refrain habituel est pourtant assez malvenu de la part de Donald Trump, qui a multiplié les longs week-ends à Mar-a-Lago, sa résidence floridienne, depuis son investiture. Et ces déplacements ont un coût faramineux : ses trois premiers séjours à Mar-a-Lago suite à son investiture ont coûté près de 10 millions de dollars pour les frais de voyage et de sécurité, selon le Washington Post.

Barack Obama jouait trop au golf

Durant ses huit années en tant que président des États-Unis, Barack Obama a souvent été photographié sur des parcours de golf, que cela soit à Hawaï ou à Martha’s Vineyard. Un hobby régulier que Donald Trump a souvent critiqué, l’accusant régulièrement d’abandonner ses responsabilités pour une partie. « Je joue au golf pour me détendre. Mon entreprise est en grande forme. Barack Obama joue au golf pour s’échapper pendant que l’Amérique coule », écrivait-il dès décembre 2011.

« Le président Obama a une grosse réunion à New York à propos de l’épidémie d’Ebola, avec des gens qui viennent de tout le pays, mais lui décide de jouer au golf ! », lui reprochait-il en octobre 2014.

En septembre 2014, il avait même proposé « un abonnement gratuit » sur un de ses parcours en échange de la démission immédiate de Barack Obama, « un grand service pour ce pays » :

Malgré ces critiques, Donald Trump avait exprimé une envie en juin 2012 : « Je me réjouis à l’idée de jouer au golf avec le président Barack Obama un jour ».

Il avait, plus tard dans l’année, suggéré à Barack Obama de régler ses différends avec les Républicains sur un parcours : « Obama devrait jouer au golf avec les Républicains et ses opposants au lieu d’un petit groupe d’amis. Ainsi, peut-être que cette terrible impasse prendrait fin ».

Ce que Donald Trump fait : Politifact a compté et Donald Trump est un large vainqueur. Depuis son investiture, et jusqu’au 8 mai, il a joué au golf 15 fois. Sur la même période, durant son premier mandat, Barack Obama n’y était allé qu’une fois, le 26 avril 2009. Sur ses huit années à la Maison Blanche, l’ancien président a joué 333 fois (une quarantaine de parties par an sur ses deux mandats, en moyenne), selon le journaliste de CBS Mark Knoller. Le décompte est donc ouvert pour Donald Trump.

Les conseils de Donald Trump sur la Syrie

Avant même d’être candidat, Donald Trump avait un avis bien tranché sur la difficile question de la situation en Syrie. Et il s’était prononcé fermement contre une intervention militaire américaine. « La seule raison pour laquelle le président Obama veut attaquer la Syrie est pour garder la face après sa déclaration stupide sur la LIGNE ROUGE. N’attaquez PAS la Syrie, arrangez les États-Unis », écrivait-il le 5 septembre 2013.

Deux heures plus tard, nouveau message, cette fois en majuscules : « ENCORE UNE FOIS, A NOTRE DIRIGEANT IMPRUDENT, N’ATTAQUEZ PAS LA SYRIE -SI VOUS LE FAITES, DE MAUVAISES CHOSES ARRIVERONT ET DE CE COMBAT, LES ETATS-UNIS N’ONT RIEN A TIRER ! »

« Président Obama, n’attaquez pas la Syrie. Il n’y a pas d’avantages et d’énormes désavantages. Economisez votre « poudre » pour un autre (et plus important) jour ! », ajoutait-il en une semaine plus tard.

Ce que Donald Trump fait : Il a respecté la parole de Barack Obama. Ce dernier avait fixé comme « ligne rouge » avant toute intervention l’utilisation d’armes chimiques. Mais l’ancien président américain n’avait rien fait après la terrible attaque de la Ghouta, en août 2013, dans laquelle près de 1400 personnes auraient perdu la vie. Le 7 avril, quelques jours après l’attaque commise à Khan Sheikoun (86 morts), Donald Trump a ordonné des frappes contre la Syrie. Sept soldats syriens ont été tués dans ces frappes contre la base aérienne de Shayrat, menées avec 59 missiles de croisière Tomahawk.

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Barack Obama, « le président le moins transparent »

Au printemps 2012, Donald Trump a trouvé un nouvel angle d’attaque contre Barack Obama : la transparence. Dans plusieurs tweets, il a reproché à son prédécesseur de manquer de transparence, voire de volontairement dissimuler des informations. « Pourquoi Barack Obama dépense-t-il des millions pour essayer de cacher ses papiers? Il est le président le moins transparent de l’histoire -et il a mené campagne sur la transparence ».


En juillet 2012, Donald Trump demandait à Barack Obama de publier « tous ses formulaire d’inscription et relevés de notes » d’Occidental et Columbia, les deux universités dont il est diplômé. Une attaque qui ressemble à celle sur sa nationalité.

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