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Après l’attentat de Londres, Trump est à la provocation et à la récupération politique

Donald Trump a critiqué le maire de Londres. | © NICHOLAS KAMM / AFP

Politique

Quelques heures à peine après l’attentat qui a coûté la vie à sept personnes à Londres, Donald Trump a utilisé l’événement pour justifier quelques points de sa politique.

Sa première réaction, samedi soir, était de vanter les mérites de son décret anti-immigration que la justice américaine a stoppé. Au lendemain de l’attentat qui a fait sept morts à Londres, la nouvelle préoccupation de Donald Trump est de provoquer. Après avoir assuré les Britanniques du soutien des Américains, il a appelé à « arrêter d’être politiquement corrects et à s’atteler au business de la sécurité de nos peuples » : « Si on ne devient pas plus malins, ça va empirer », a-t-il prévenu.

Une heure plus tard, le président américain a poursuivi par une critique de Sadiq Khan : « Au moins 7 morts et 48 blessés dans un attentat terroriste et le maire de Londres dit qu’il n’y a « pas de raison de s’alarmer » ! »

Seulement, ces propos sont complètement sortis de leur contexte. Sadiq Khan a assuré, dans une déclaration diffusée par la BBC, que les Londoniens n’avaient « pas de raison de s’alarmer » à cause de la présence policière renforcée. Une décision visant à rassurer dans un contexte de sécurité renforcée, bien éloignée de celle que Donald Trump voudrait se servir pour justifier son point de vue.

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Son fils Donald Trump Jr avait eu un discours similaire en mars dernier, après l’attentat de Londres. Il avait sorti de son contexte une citation du maire de Londres pour s’en offusquer : « Vous vous moquez de moi ?! Le maire de Londres dit que les attaques terroristes font partie de la vie dans les grandes villes ». Seulement, les mots de Sadiq Khan étaient bien plus mesurés : il avait expliqué en septembre dernier, peu après les explosions à New York, que les menaces de tels attentats faisaient « partie intégrante de la vie dans une grande ville ». Ce n’était pas une phrase défaitiste, mais un constat comme celui qu’avait fait Manuel Valls, alors Premier ministre. Il avait tenu des propos similaires en juillet dernier, après l’attentat de Nice : « Ceux qui promettent qu’on peut tout régler d’un coup de baguette magique mentent aux Français ». Il y aura « d’autres attentats et d’autres innocents tués » en France.

« Mieux à faire » que de répondre à Trump

Le maire de Londres « a des choses plus importantes à faire que de répondre au tweet mal informé de Donald Trump, qui sort délibérément du contexte ses remarques appelant les Londoniens à ne pas s’alarmer » du renforcement des forces de police dans les rues de la capitale, a indiqué dimanche le porte-parole de Sadiq Khan dans un communiqué.

Le débat sur le port d’armes

Puis Donald Trump a voulu ouvrir un débat sur le droit au port d’armes, qui revient régulièrement dans l’actualité américaine en raison des nombreuses tueries de masse commises avec des armes à feu : « Avez-vous remarqué qu’on n’a pas de débat sur le port d’armes ? C’est parce qu’ils ont utilisé des couteaux et un camion ! »

Seulement, au Royaume-Uni, le débat sur le port d’armes a déjà eu lieu après la tuerie de Dunblade, lorsque 15 enfants de 5 à 6 ans et leur professeur ont été tués dans une école écossaise. Un an et demi après, rappelle CNN, une loi interdisant la possession d’armes à feu par des citoyens a été votée. Il est possible de détenir une arme à feu, mais il faudra pour cela remplir une importante quantité de papiers officiels, précise la BBC. Une pétition rassemblant 750 000 signatures avait été présentée au gouvernement pour demander le vote d’un tel texte.

(Avec Belga)

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