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Les doigts dans la prise : Marie-Christine Marghem, entre controverse et polémique

Marie-Christine Marghem attribue la dernière polémique à une "erreur de communication" | © Belga

Politique

En bien ou en mal, pourvu qu’on en parle ? Après la polémique autour de la redevance nucléaire, la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR), fait de nouveau parler d’elle. En cause, sa volonté de « revoir les ambitions climatiques à la baisse ». Une « erreur de communication » selon la ministre. 

C’est Greenpeace qui a lancé l’alerte ce mardi. Dans les colonnes de La Libre Belgique, Joeri Thijs, expert environnement au sein de l’organisation, a dénoncé une volonté de la ministre de revoir les ambitions climatiques belges à la baisse. « Elle attaque une ambition qui est déjà assez faible, c’est honteux. Nous dénonçons évidemment cette démarche, qui paraît d’ailleurs être une démarche en solo. On n’a pas entendu la ministre sur le climat et l’énergie depuis des mois, puis elle réagit à la sortie de Trump de l’accord de Paris. Ce sont des mots, des mots, des mots, mais pour les actes… (…) Pour nous, elle fait un peu la même chose que Donald Trump. Elle veut rester dans l’accord, mais elle attaque un ambition qui est déjà trop faible. C’est honteux et très cynique ».

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« Erreur de jeunesse »

Honteuse et cynique, Marie-Christine Marghem ? Dans un communiqué publié en réponse à la polémique, la ministre s’est défendue d’avoir jamais voulu revoir les objectifs à la baisse. À l’origine du malentendu, selon elle : une erreur de communication de la part de son cabinet. Marie-Ange Dhondt, la porte-parole néerlandophone de Mme Marghem avait en effet expliqué aux quotidiens du groupe Mediahuis que « la Commission européenne tient trop peu compte du fait que nous sommes un pays de transit avec beaucoup de poids lourds étrangers et une infrastructure vieillissante ». Ainsi que l’a expliqué Marie-Christine Marghem en réponse à ces déclarations, « j’ai depuis peu une nouvelle porte-parole néerlandophone qui vient d’entrer à mon cabinet et elle ne disposait pas de toutes les données du dossier », qualifiant la sortie de sa porte-parole néerlandophone d' »erreur de jeunesse ».

Nulle intention de revoir les objectifs à la baisse

Dans un communiqué, Marie-Christine Marghem a assuré n’avoir « nullement l’intention de revoir à la baisse les objectifs climatiques de la Belgique pour 2030. Toutes les actions menées jusqu’à présent prouvent sa détermination à faire de notre pays un exemple en matière de lutte contre le réchauffement climatique. La ministre désire ardemment créer les conditions pour un cadre d’investissement stable et clair permettant la transition énergétique et le respect des accords de Paris ». Et d’ajouter que « le gouvernement fédéral est totalement engagé avec les entités fédérées dans le cadre du pacte énergétique qui nous permettra d’atteindre nos objectifs en matière de diminution des gaz à effet de serre. Le plan national Energie-Climat vise justement à implémenter l’objectif assigné à la Belgique par la Commission européenne. Il est donc faux de prétendre que la Belgique voudrait renégocier avec l’Europe le pourcentage d’efforts à accomplir entre 2021 et 2030 concernant la diminution des gaz à effet de serre ».

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« Négligences à répétition »

Beaucoup de bruit pour rien, donc ? Reste que la ministre n’en est pas à sa première controverse. En septembre dernier déjà, la ministre avait été mise sur le gril au sujet de la redevance nucléaire. En cause, la désignation hors délais de l’expert indépendant chargé de régler un problème dans le calcul de la redevance pour la période comprise entre octobre et décembre 2015. Les socialistes avaient dénoncé à l’époque des « négligences à répétition, toujours au bénéfice des producteurs nucléaires et jamais des consommateurs ». En bien ou en mal, la ministre fait décidément couler beaucoup d’encre. Et elle ne s’en étonne pas : « J’ai quand même un sacré caractère. On ne peut pas dire que je passe inaperçue. Même si je me tais, même si je ne fais rien, on dira quand même elle n’est pas comme une autre ».

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