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Emmanuel Macron compare « notre époque à la fin du Moyen Âge »

Emmanuel Macron France discours

Le président est confiant pour la France. | © Belga image

Politique

Dans un entretien au magazine Zadig publié mercredi, Emmanuel Macron se déclare « très confiant » dans la capacité des Français à « repartir de l’avant » pour sortir des crises récentes, qu’il compare à celles « des grandes épidémies » et « des grandes peurs » de la fin du Moyen-Age.

D’après un article Paris Match France  de la rédaction.

Emmanuel Macron se déclare « très confiant » dans la capacité des Français à « repartir de l’avant » pour sortir des crises récentes, qu’il compare à celles « des grandes épidémies » et « des grandes peurs » de la fin du Moyen-Age, dans un entretien au magazine Zadig publié mercredi. « Si on a une énergie collective et une vision, on repartira de l’avant. Je pense que nous en avons la possibilité », affirme le président dans un long entretien de 20 pages consacré à « sa vision de la France ». Pour lui, la pandémie de Covid-19 « est la métaphore de notre époque. On revit des temps au fond très moyenâgeux: les grandes jacqueries, les grandes épidémies, les grandes peurs… »

« Je relierais la période que nous vivons à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance. C’est l’époque de phénomènes qui forgent un peuple, je dirais même de la réinvention d’une civilisation. C’est aussi un moment de tensions qui travaillent le pays, entre un État central et des féodalités. C’est enfin un temps où la question européenne se pose, sans oublier le rapport entre les religions. La capacité à embrasser le futur, à se projeter, est alors déterminante pour le rebond que prend le pays. C’est ce qui me rend très confiant » , détaille-t-il dans ce trimestriel qui ambitionne de « raconter la France ».

« Un peuple très résistant »

Citant également la crise des « gilets jaunes », Emmanuel Macron voit dans les Français « un peuple très résistant », « extraordinairement tenace », mais qui « s’embrase sur le coup de colères ». Il défend la réforme controversée de l’ENA, qu’une ordonnance doit entériner mercredi, car « la maladie de la France n’est pas la bureaucratie ni le centralisme » mais « les corporatismes » défendant « des intérêts qui protègent l’entre-soi ». Il est nécessaire, selon lui, de « sélectionner différemment » pour la haute fonction publique car « quand on vient d’un milieu populaire, et plus encore quand on est issu de l’immigration, il faut cinq à six générations pour accéder ne serait-ce qu’au milieu de l’échelle sociale. C’est énorme et, pour tout dire, décourageant ».

Emmanuel Macron souligne aussi l’urgence de répondre au sentiment de « décrochage » d’une partie de la population qui exprime « la même inquiétude de la désindustrialisation, d’un sentiment d’injustice, d’une impression de trahison démocratique ».

Témoignant de son attachement à Amiens, sa ville natale, et aux Pyrénées, la terre de ses vacances d’enfance, Emmanuel Macron, souvent décrit comme « déconnecté des territoires » par ses opposants, affirme « aimer aussi infiniment Marseille » et sa « créativité extraordinaire ». Il se montre également optimiste pour l’avenir de la Seine-Saint-Denis, où « il ne manque que la mer pour faire la Californie » et qui représente « un espace unique de transformation économique et sociale ».

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