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Élections législatives : le bouleversement du paysage politique français est en marche

Les Français votent pour le premier tour des législatives ce dimanche 11 juin. | © AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Politique

Les Français sont appelés à voter ce dimanche pour renouveler l’Assemblée nationale. Malgré une participation en baisse, la République en Marche d’Emmanuel Macron part favorite.

Cinq semaines après l’élection surprise d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, près de 47 millions d’électeurs sont appelés à désigner cette fois leurs 577 députés parmi 7 877 candidats, dont un peu plus de 42% sont des femmes. Depuis 8h00 ce dimanche matin, les 67 000 bureaux de vote de métropole sont ouverts pour le premier tour des élections législatives, sous haute surveillance dans un contexte de menace terroriste. Les bureaux fermeront à 18h et 20h pour les grandes villes.

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Macron fera-t-il un nouveau coup d’éclat ? Avec le vent en poupe, et malgré des candidats souvent sans notoriété ni expérience politique, La République en Marche du président français peut espérer rafler le 18 juin bien plus que la majorité absolue des sièges, qui est de 289 sur 577. Benjamin Griveaux, porte-parole de La République en Marche, l’a prévenu : « L’Assemblée nationale ne ressemblera en rien à ce qu’on a pu connaître« .

Un autre élément pourrait changer le visage de l’Assemblée : l’entrée en vigueur de la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, qui interdit aux parlementaires de conserver une fonction exécutive locale et a conduit de nombreux sortants à ne pas briguer de nouveau mandat (maire ou adjoint, président de conseil régional, départemental…).

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Les législatives, comment ça marche ?

Pour être élu au premier tour, un candidat doit réunir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages égal au quart des électeurs inscrits. Au deuxième tour, qui aura lieu dimanche prochain, seule la majorité relative est requise.

Seuls peuvent se maintenir au second tour les deux candidats arrivés en tête ainsi que ceux qui ont obtenu les suffrages d’au moins 12,5% des électeurs inscrits, ce qui peut donner lieu à des triangulaires.

Participation en baisse

Dans ces conditions, le taux de participation constitue l’une des clés du scrutin. Les instituts de sondage prévoient qu’il s’élèvera de 49% à 60 %, alors qu’en 2012 il avait atteint 57,22 %. Dimanche, à la mi-journée, la participation a atteint 19,24%, soit une baisse de près de deux points par rapport à 2012, selon le ministère de l’Intérieur. L’abstention finale, évaluée entre 40% et 51% dans les dernières enquêtes, pourrait atteindre un niveau record sous la Ve République, ce qui introduit un élément d’incertitude.

Les partis traditionnels balayés ?

La droite, fracturée après la nomination à Matignon d’Edouard Philippe, issu des Républicains, espère limiter la casse et conserver plus d’une centaine de sièges. Le Parti socialiste, qui se déchire sur l’attitude à adopter face au nouveau gouvernement, craint une déroute historique. Affaibli comme les autres partis traditionnels, le Front national risque de ne pas atteindre le seuil de 15 députés nécessaire pour former un groupe parlementaire. Pour sa part, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ambitionne d’incarner l’opposition de gauche via un groupe au Palais Bourbon.

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