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Législatives françaises : La République en marche balaye la droite et le PS

Carton plein pour Emmanuel Macron sur fond d'une abstention record | © French President Emmanuel Macron (R) and his wife Brigitte Macron (L) leave the voting booth at a polling station to vote during the first round of the French legislative election in Le Touquet, on June 11, 2017. / AFP PHOTO / POOL / Christophe Petit Tesson

Politique

Sur fond d’abstention record, la République en marche arrive nettement en tête du premier tour des élections législatives, loin devant Les Républicains. Le Parti socialiste, lui, est balayé.

Les sondages annonçaient une vague, c’est peut-être un tsunami qui se prépare. Selon les estimations de l’Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio, les candidats La République en marche sont très largement en tête du premier tour des élections législatives.

Avec 32,5% des voix, LREM écrase les Républicains (20,5%), le Front national (14%) et la France insoumise (11%). Le Parti socialiste est pratiquement rayé de la carte, avec 7,5% des voix pour ses candidats. Suivent les communistes (3,5%), les candidats divers ou sans étiquette (3%) et les écologistes (3%). Les candidats divers gauche et divers droite recueillent respectivement 1,5% des voix. Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, est crédité de 1% des voix. Les candidats d’extrême gauche cumulent 0,5% des voix.

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Pour rappel, la France ne fonctionne pas, au contraire de la Belgique, dans un système proportionnel. Au premier tour, deux (voire rarement trois) candidats sont élus pour un second tour où le vainqueur remporte le tout. C’est sur base de ce système que les projections envisagent une majorité très large pour le parti d’Emmanuel Macron malgré un score estimé autour des 30%.

Ces résultats interviennent sur fond de participation historiquement basse (50% selon une estimation Ifop-Fiducial). Le niveau de l’abstention est si élevé qu’il risque de contenir le nombre de triangulaires, qui ne se produisent que lorsqu’un candidat dépasse 12,5% des inscrits.

Les projections en siège, notamment celles d’Ipsos Sopra Steria, anticipent une Assemblée nationale sous la domination sans partage des candidats pro-Macron, avec 390 à 430 sièges.

Benoît Hamon éliminé

Le Parti socialiste et ses alliés obtiendraient entre 20 et 35 sièges, soit… 300 de moins qu’en 2012. Cette défaite serait bien plus sévère que celle de 1993 : le PS avait alors conservé 57 sièges. De nombreux ténors du Parti socialiste ont été éliminés. Parmi les notables, Jean-Christophe Cambadélis (Premier secrétaire du PS), Benoit Hamon (le candidat socialiste à l’élection présidentielle), mais aussi Matthias Fekl (ancien ministre de l’Intérieur), ou Patrick Mennucci.

Les Républicains sont également secoués : alors qu’ils pensaient bénéficier de l’alternance – et espéraient même, au lendemain de la présidentielle, forcer Emmanuel Macron à une cohabitation – ils essuient un revers historique. Selon les projections d’Ipsos, ils obtiendraient entre 85 et 125 sièges… moins qu’en 1981, année de la vague rose dans la foulée de l’élection de François Mitterrand.

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Le Front national, lui, aurait entre 3 et 10 sièges, un seuil insuffisant pour constituer un groupe. La France insoumise et les communistes, en revanche, pourraient décrocher entre 11 et 21 sièges.

Parachutage réussi pour Jean-Luc Mélenchon

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a remporté la moitié de son pari : il est en tête dans la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône, en ce qualifiant ce dimanche à Marseille pour un duel face à Corinne Versini (REM).

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Contrairement à 2012 et son atterrissage raté face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), l’Insoumis avait cette fois-ci bétonné son dispositif politique, nous rappelait Eric Hacquemand. Si le PCF et La France insoumise sont concurrents à l’échelon national, Marseille échappe à la règle. Pas d’Insoumis dans les circonscriptions des dirigeants communistes, pas de candidat PCF dans celle de Mélenchon ! Le pari de Mélenchon ? Faire de Marseille « la capitale de l’insoumission » pour écraser le premier tour et éviter ainsi le risque d’un « tout sauf Mélenchon » au second.

 

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