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Washington, ton univers impitoyable : Ivanka Trump choquée par la « brutalité »

Tout n'est pas rose pour la favorite du président | © Belga / AFP -Brendan Smialowski

Politique

L’arrivée au pouvoir n’a pas été facile pour Donald Trump, comme il l’avait avoué dans une interview en avril dernier. Cela ne l’a pas été non plus pour sa fille Ivanka Trump, qui ne s’attendait pas à cette « brutalité ».

La trentenaire, fille et adjointe du président américain, a évoqué dans une interview accordée à l’émission matinale de la chaîne conservatrice Fox News, Fox and Friends, son adaptation à Washington : « Il y a une certaine brutalité à laquelle je ne m’attendais pas. Je ne m’attendais pas à l’intensité de cette expérience« .

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« Changer le statu quo »

Face aux présentateurs du programme, que son père Donald Trump adore, Ivanka Trump a poursuivi : « Mais ce n’est pas sensé être facile. Mon père et cette administration comptent apporter un changement profond, nous voulons accomplir des choses grandes et audacieuses. Nous voulons changer le statu quo. Je ne m’attendais pas à ce que cela soit facile« . Elle a ensuite évoqué des « distractions » qui l’ont « prise de court personnellement » : « J’essaie de baisser la tête, de ne pas écouter ces bruits et travailler dur pour apporter un impact positif dans les vies de nombreuses personnes ».

Les brutalités de son père rappelées

Mais sur les réseaux sociaux, les accusations de « brutalité » formulées par Ivanka Trump ne sont pas bien passées. Certains utilisateurs n’ont pas hésité à rappeler les propos choquants prononcés par son père ou son équipe durant la campagne comme « faire de l’emprisonnement de son adversaire un thème de campagne, accuser le père d’un rival d’avoir assassiné JFK ». Beaucoup ont également rappelé le moment où Donald Trump a été accusé de s’être moqué d’un journaliste handicapé en plein meeting.

«@IvankaTrump, votre père veut retirer sa couverture sociale à ma fille, et elle a un cancer ! Vous n’avez pas encore vu de brutalité», a écrit Rhonda Stanton en réponse à la fille du président. Son message a été partagé plus de 8100 fois, une référence claire à la réforme du système de santé prônée par Donald Trump qui privera de protection sociale, à terme, à 24 millions d’Américains.

 

L’organisation VoteVets, qui regroupe plus de 500 000 vétérans et familles aux idées progressistes, a aussi : «Est-ce qu’@IvankaTrump pense qu’il était brutal de la part de son père @realDonaldTrump d’attaquer les familles de héros de guerre? Nous oui.» Puis : «Est-ce qu’@IvankaTrump pense qu’il était brutal de la part de @realDonaldTrump de remettre en question le temps passé au combat par @SenJohnMcCain? Nous oui».

 

Fille dévouée

Ivanka Trump, qui avait été moquée par l’émission Saturday Night Live pour sa complicité avec l’administration de son père, avait assuré en avril dernier : « Je ne suis pas là pour promouvoir mon point de vue. Je n’ai pas été élue présidente par le peuple américain. Mon père va faire un travail fantastique. Et je veux l’aider à le faire ». Elle n’a pour autant pas pris publiquement la parole depuis que son père a annoncé le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, une décision avec laquelle elle n’était pas d’accord. Afin de faire évoluer son avis sur la question du changement climatique, dont il a un jour dit que c’était un « canular » monté par la Chine, elle lui avait même fait rencontrer Al Gore.

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Les conflits d’intérêts qui peuvent empoisonner l’administration Trump

Afin de rejoindre l’administration de son père en tant qu’employée non rémunérée, Ivanka Trump a abandonné la direction son entreprise mais en reste propriétaire. Cela n’a pas empêché les soupçons de conflits d’intérêts : un accord signé entre sa marque et une entreprise japonaise avait été annulé en décembre dernier après la révélation de sa présence à un entretien entre son père et le Premier ministre Shinzo Abe car le principal actionnaire de la société était… le gouvernement japonais. Ces conflits d’intérêts potentiels font l’objet d’une enquête par la commission judiciaire de la Chambre des représentants, comme le rappelle CNN Money.

« Sécurité nationale »

Son mari Jared Kushner, conseiller et principal organisateur du premier voyage de Donald Trump à l’étranger, a lui aussi été visé par de telles accusations : l’entreprise de sa famille a obtenu de ne rembourser qu’un cinquième d’un prêt de 250 millions de dollars lors d’une transaction immobilière avec un assureur chinois aux solides connexions politiques, outre le versement de 400 millions de dollars de la part d’Anbang Insurance Group pour la vente d’un gratte-ciel à New York. Selon Bloomberg, qui avait révélé l’information deux semaines avant la visite du président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis, cet accord était « inhabituellement favorable » à la famille Kushner et pose des « questions de sécurité nationale ».

Président sans précédent

Donald Trump lui-même a été assigné en justice par les Etats du Maryland et de DC, qui l’accusent d’avoir accepté des paiements de gouvernements étrangers via la Trump Organization, désormais gérée par ses fils aînés Donald Jr et Eric. « Jamais dans l’histoire de ce pays n’avons-nous eu un président à ce point engagé dans les affaires. Ou encore un président ne s’étant pas distancié de façon convenable de ses actifs », a dénoncé le procureur général de Washington, Karl Racine. Un des exemples est le fait que certains pays étrangers choisissent l’hôtel Trump de Washington au profit d’autres, comme le Koweït qui y a organisé un événement initialement prévu au Four Seasons. Selon le Washington Post, Donald Trump –déjà président– serait d’ailleurs lui-même venu accueillir certains invités.

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