Fini pour la Palestine de dédommager les familles d’attentats suicide

Fini pour la Palestine de dédommager les familles d’attentats suicide

Le dédommagement des familles était un obstacle majeur à la paix au Proche-Orient | © Belga / EPA

Politique

Les dirigeants de l’Autorité palestinienne ont accepté d’arrêter de rétribuer les familles d’auteurs d’attentats suicide, a indiqué mardi le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson. Ces paiements destinés à dédommager les familles de personnes tuées en menant des attentats contre des Israéliens sont l’un des obstacles au moribond processus de paix au Proche-Orient.

Les Palestiniens « ont modifié leur politique, du moins j’ai été informé du fait qu’ils avaient changé cette politique », a ainsi déclaré Rex Tillerson lors d’une audition devant la commission sénatoriale sur les Relations internationales. Il a précisé que Washington avait insisté auprès du président palestinien Mahmoud Abbas sur le problème des paiements aux familles d’auteurs d’attentats suicide. Ce sujet « a été évoqué directement lorsque le président Abbas a effectué sa visite avec sa délégation à Washington » début mai, a poursuivi le chef de la diplomatie américaine, ajoutant que M. Trump avait lui-même abordé le sujet à la Maison Blanche. Dans la foulée de cette rencontre du 3 mai, le ministre américain a eu une rencontre bilatérale « plus approfondie » avec M. Abbas. Selon Rex Tillerson, « leur intention est de cesser les paiements aux familles de ceux ayant commis un meurtre ou des actes de violence contre autrui ».

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Proche-Orient, lointain apaisement

Un grand pas pour l’autorité palestinienne, et pour le processus de paix. Qui « fête » en 2017 sa 70e année, ayant débuté en 1947 avec la création de deux États, l’un juif et l’autre arabe, sur le territoire de la Palestine. À peine créés, les deux États s’étaient déclaré la guerre pour la première fois en 1948, et toute réconciliation semble impossible depuis. Parmi les principaux points qui empêchent la résolution du conflit : le tracé des frontières, bien sûr, mais aussi le statut de Jérusalem ainsi que le droit au retour des réfugiés palestiniens. Sans compter que les dirigeants d’Israël et de la Palestine ont mis des conditions strictes à la reprise du dialogue : l’arrêt de la colonisation dans les territoires palestiniens pour Mahmoud Abbas, et la reconnaissance d’Israël comme un État juif pour Benjamin Netanyahu.

Conflit internationalisé

En janvier dernier, 70 pays se sont engagés en faveur de la solution à deux États lors de la conférence de Paris. Et d’exhorter les deux gouvernements à « démontrer leur engagement pour la solution à deux États et à s’abstenir d’actions unilatérales qui préjugeraient du résultat de la négociation, notamment sur les frontières, Jérusalem et les réfugiés« . Mais si la Palestine avait accueilli positivement l’issue de la conférence, le gourvernement israélien a quant à lui signalé que la conférence « éloignait » de la paix. Une paix qui pourrait être facilitée par la décision de la Palestine de ne plus dédommager les familles des terroristes.

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