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Kaboul : 13 soldats américains et des dizaines de civils tués dans plusieurs attentats

Les Etats-Unis, qui s'attendent à ce que les attaques de l'EI "continuent", ont menacé le groupe jihadiste de représailles en Afghanistan. | © Belga image

Politique

Attentat meutrier à l’aéroport de Kaboul : Washington menace de représailles. Des kamikazes du groupe jihadiste Etat islamique (EI) ont attaqué jeudi la foule des Afghans qui attendaient à l’aéroport de Kaboul dans l’espoir de fuir le nouveau régime taliban. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière pour l’armée américaine depuis 2011.

Ce premier attentat meurtrier depuis le retour au pouvoir des talibans le 15 août intervient à quelques jours du départ du pays des troupes américaines, prévu le 31 août après 20 ans de guerre infructueuse contre les islamistes. La double explosion a tué au moins 12 soldats américains et en a blessé 15 autres, selon le Pentagone. Le régime taliban a lui recensé jusqu’à 20 morts et 52 blessés. Mais d’autres sources évoquent un bilan bien plus lourd.

Un haut fonctionnaire de santé du gouvernement pré-taliban, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le bilan pourrait atteindre 60 morts, chiffre non confirmé par d’autres sources.

Une troisième puissante explosion a été entendue à Kaboul vers minuit, faisant craindre un nouvel attentat. Mais le régime taliban a indiqué peu après qu’elle n’était pas due à une attaque mais à des destructions d’équipements par l’armée américaine à l’aéroport, ce que cette dernière n’a pas confirmé dans l’immédiat.
Les Etats-Unis, qui s’attendent à ce que les attaques de l’EI « continuent », ont menacé le groupe jihadiste de représailles en Afghanistan après cette attaque menée, selon eux, par deux kamikazes du groupe jihadiste, suivie d’une fusillade. En réaction à l’attentat, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à une réunion du Conseil de sécurité sur l’Afghanistan.
Washington a également annoncé la poursuite des évacuations en cours d’étrangers et d’Afghans qui veulent fuir leur pays, alors que le temps presse à quelques jours de la date butoir du 31 août. Les Occidentaux ont condamné l’attentat, en soulignant qu’il ne devait pas empêcher la poursuite des évacuations massives, qui ont à ce jour permis de faire partir près de 100.000 personnes.
©Photo by Wakil KOHSAR / AFP
Des milliers d’Afghans avaient continué à se masser jeudi à l’aéroport, malgré les avertissements lancés ces dernières heures par les Américains et d’autres pays occidentaux sur un possible « attentat terroriste » à venir. Après les explosions, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des dizaines de victimes, mortes ou blessées, étendues dans les eaux saumâtres d’un canal d’égout, entourées de secouristes débordés et démunis.
Le nouveau régime taliban, via son porte-parole Zabihullah Mujahid, a « fermement condamné » ces « attentats à la bombe », tout en soulignant qu’ils étaient survenus dans une zone placée sous la responsabilité de l’armée américaine. Depuis la reprise soudaine de Kaboul et du pouvoir par les talibans, le vaste aéroport de Kaboul est le dernier endroit du pays où sont rassemblés les forces occidentales, menées par l’armée américaine.
Selon des sources militaires, l’une des explosions s’est produite à proximité d’Abbey Gate, un des trois points d’accès à l’aéroport. « C’était une énorme explosion, au milieu de la foule qui attendait devant une des portes de l’aéroport », où entrent des gens qui se font évacuer par les Occidentaux, a déclaré à l’AFP un témoin de la scène, Milad. « Ca a été la panique totale. Les talibans ont alors tiré en l’air pour disperser les gens qui attendaient devant la porte », a indiqué à l’AFP un autre témoin, qui a notamment vu « un homme courir avec un bébé blessé dans les bras ».
©Photo by Wakil KOHSAR / AFP
Sous le nom d’ISKP (État islamique Province du Khorasan), l’EI a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan, faisant des centaines de morts. Il a surtout ciblé les musulmans qu’il considère comme hérétiques, en particulier les chiites. L’attentat qu’il a revendiqué contre un mariage chiite à Kaboul en août 2019 avait par exemple coûté la vie à 91 personnes. Même s’il s’agit de deux groupes sunnites radicaux, l’EI et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.
Jeudi, des analystes en sécurité relevaient que l’activité de l’ISKP s’était brutalement arrêtée depuis 12 jours, signe possible qu’il préparait une opération d’ampleur, via des tirs de mortier ou des attentats-suicides, véhiculés ou individuels.
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