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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed investi un nouveau mandat

Abiy Ahmed a officialisé la victoire de son parti aux élections du 21 juin dernier. | © Belga image

Politique

Cette reconduction survient dans un contexte troublé par le conflit dévastateur dans le nord du pays, qui suscite l’inquiétude de la communauté internationale.

 

« Moi, Abiy Ahmed Ali, aujourd’hui devant la Chambre des Représentants du Peuple, j’accepte d’être nommé Premier ministre, tout comme je m’engage à remplir avec devoir et avec fidélité envers la Constitution la responsabilité qui m’est donnée par le peuple » : par ces mots, Abiy Ahmed a officialisé la victoire de son parti aux élections du 21 juin dernier. Au pouvoir depuis 2018 avec son Parti de la prospérité, le Premier ministre éthiopien investi donc un second mandat de 5 ans, après des élections sous tensions. Le vote s’est déroulé dans un contexte politique et humanitaire tout sauf apaisé: des dizaines de milliers de personnes ont été tuées dans le conflit dans la région du Tigré (nord) et des centaines de milliers de personnes sont menacées par la famine, selon l’ONU. La situation a de quoi ternir l’aura de celui qui avait reçu le prix Nobel de la paix en 2019 pour sa gestion du conflit avec l’Érythrée.

En conflit depuis 2020

À la fin du régime soviétique en Éthiopie en 1991, le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT, attaché à la région du Tigré) était la faction dominante et dominait la vie politique. Ce n’est qu’en 2018 que leur influence sur le pays s’est érodée avec l’émergence d’Abiy Ahmed (issu des régions d’Amhara et d’Oromia). En 2020, un conflit éclate entre le gouvernement éthiopien et le gouvernement régional du Tigré. Depuis lors, les combats se sont propagés aux régions voisines de l’Afar et de l’Amhara, tandis que le Tigré est tombé dans ce que l’ONU qualifie de blocus humanitaire de facto.

La cérémonie d’inauguration du nouveau gouvernement a réuni du monde à Addis Ababa. © Eduardo Soteras, Belga image

Le bureau du Premier ministre, qui accuse les rebelles d’avoir déclenché la guerre en novembre 2020 en attaquant des camps de l’armée fédérale, a indiqué que certaines mesures de conciliation, telles la déclassification du TLPF comme « groupe terroriste« , pourraient seulement avoir lieu après la formation d’un nouveau gouvernement. « La position est de dire que tout changement d’approche dans le conflit avec les forces du Tigré ne peut se produire qu’après la formation d’un nouveau gouvernement« , juge William Davison, analyste au sein de l’International Crisis Group. Les partenaires internationaux, comme les Etats-Unis, « vont regarder cela de très près pour voir s’il y a le moindre changement de position », précise-t-il.

Des relations internationales tendues

Les relations avec la communauté internationale se sont encore dégradées la semaine dernière, lorsque le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé l’expulsion sous 72 heures de sept responsables d’agences de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « choqué » et l’ONU a remis une protestation officielle à l’Ethiopie après cette décision jugée illégale par l’Organisation.

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Les pays occidentaux sont « déçus » par Abiy Ahmed, un sentiment qui devrait façonner les relations de l’Ethiopie avec les puissances étrangères lors de son deuxième mandat, estime Cameron Hudson, membre de l’Africa Center de l’Atlantic Council. « L’Occident va probablement revenir à un manuel stratégique qu’il connaît: faire pression là où c’est possible, s’impliquer là où il le faut, et rester à un poste d’observation pour de meilleures alternatives« .

Avec Belga

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