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Presse agressée, « attaque terroriste », appel de Maduro à Trump : ce qu’il s’est passé au Venezuela

Des policiers en moto qui repoussent les opposants lors d'une énième manifestation ce lundi. | © AFP PHOTO / FEDERICO PARRA

Politique

La colère des Vénézuéliens ne s’apaise pas, au contraire. La multiplication des manifestations depuis le 1er avril ne plait pas au président Maduro, qui demande à Donald Trump d’« arrêter la folie » de l’opposition.

Dernière manifestation en date : des centaines de journalistes ont défilé mardi à Caracas pour dénoncer, à l’occasion de la Journée du journaliste, les agressions dont ils sont victimes de la part des forces de l’ordre, depuis le 1er avril. « Nous atteignons les 400 agressions, ce qui est impardonnable de la part d’un pays qui se dit démocratique », a déclaré à l’AFP le président du Collège national des journalistes (CNP), Tinedo Guía.

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Également dans la capitale, deux grenades ont été larguées depuis un hélicoptère de la police sur le bâtiment de la Cour suprême du Venezuela. Le président contesté Nicolas Maduro l’a qualifié d’acte « terroriste » et de « tentative de coup » d’État mais indique qu’une des grenades n’a pas explosé.

« Comment appelez-vous le vol d’un hélicoptère d’une institution de l’État vénézuélien, qui lance ensuite des grenades ? », a fulminé Maduro. « Est-ce que c’est de la politique? C’est du terrorisme ». Selon le président socialiste, un pilote a détourné l’hélicoptère. Toujours selon lui, l’homme est lié à l’ancien ministre de l’Intérieur Miguel Rodriguez Torres, accusé par Maduro de faire partie d’un complot soutenu par la CIA, dans le but de le renverser.

Un plan de défense aérienne de l’armée a été déployé pour pourchasser l’hélicoptère, qui a également survolé le Ministère de l’Intérieur, a-t-il ajouté. Les responsables de cette « attaque terroriste envers nos institutions » seront attrapés rapidement, a-t-il promis, demandant à l’opposition de condamner l’évènement, qui n’a pas fait de blessé.

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Plus tôt dans la journée, Maduro a demandé à son homologue américain Donald Trump d' »arrêter la folie » de l’opposition qu’il soupçonne de s’être alliée avec Washington pour fomenter un coup d’État.

« Écoutez, président Donald Trump, c’est à vous de décider », a déclaré le chef de l’État au cours d’une cérémonie d’investiture des candidats à l’Assemblée constituante. « Si ces forces violentes, haineuses et mortifères arrivaient à détruire le Venezuela, la mer Méditerranée ne serait rien à côté de la mer des Caraïbes, avec des milliers et même des millions de (Vénézuéliens) qui iraient en direction des États-Unis. Rien ni personne ne pourrait les arrêter (…), vous auriez à construire 20 murs dans la mer ! », a-t-il affirmé, utilisant l’argument de la migration pour faire réagir le président américain. « Arrêtez la folie de la droite vénézuélienne ! », a ajouté le président socialiste.

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Le week-end dernier, M. Maduro avait accusé les dirigeants de l’opposition d’encourager à la violence pour permettre une intervention américaine dans son pays.

« Si le Venezuela se retrouvait plongé dans le chaos et la violence et si la révolution bolivarienne était détruite, nous irions au combat (…) et ce qui n’a pas été possible avec les votes, nous le ferions avec les armes », a mis en garde le président Maduro mardi. Il s’est toutefois dit disposé à avoir « des relations respectueuses » avec M. Trump, assurant être ouvert au dialogue.

(Avec Belga)

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