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(Non-)dépénalisation de l’IVG : Les hommages des politiques belges à Simone Veil chahutés

Simone Veil est décédée à l'âge de 89 ans ce 30 juin 2017. | © AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Politique

Comme bien d’autres, les politiques belges ont pleuré sur Twitter le décès de Simone Veil. Des hommages qui se manifestent trois jours seulement après l’ajournement de l’examen des propositions pour la dépénalisation de l’avortement en Belgique.

 

Comme à chaque décès d’une personnalité marquante, les politiques belges y vont de leurs hommages et condoléances en ligne : l’occasion de marquer le triste jour d’une pierre virtuelle, mais aussi de s’insérer en moins de 140 caractères dans le brouhaha médiatique duquel il faut être, forcément. C’est le cas aujourd’hui, avec le décès de Simone Veil, femme politique française qui obtint, entre autres, en 1975 de faire dépénaliser l’IVG – l’interrution volontaire de grossesse. La loi, inscrite au code pénal français depuis, porte son nom et ce 30 juin, beaucoup se rappellent de l’une de ses luttes – et victoires – les plus marquantes.

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Ainsi, plusieurs politiques belges ont tenu à saluer la mémoire de Simone Veil, décédée à l’âge de 89 ans. Pour le Premier ministre Charles Michel, « c’est une grande Dame qui a porté de nombreux combats politiques progressistes qui s’en va. Simone Veil a marqué l’histoire », a-t-il indiqué sur Twitter.

Le président du PS Elio Di Rupo a tenu « à saluer la mémoire de Simone Veil, à jamais dans l’histoire des combats pour les libertés individuelles et collectives ». DéFI de son côté a salué « le courage de Simone Veil, femme politique hors norme, symbole du combat pour les droits des femmes et contre l’extrême droite ». L’ancien Premier ministre et député européen Guy Verhofstadt a rendu hommage à une « grande figure libérale et icône des droits des femmes ». « D’un courage exceptionnel, nous la regretterons beaucoup », a-t-il ajouté.

Du côté des femmes de la politique belge, forcément concernées par les combats de la première présidente du Parlement européen, les messages pleuvent aussi. « Elle fut une femme d’État exceptionnelle et une figure de la lutte pour les droits des femmes », mentionne Christine Defraigne, la Présidente du groupe MR au Sénat, sur Twitter. Sa collègue ministre du budget Sophie Wilmès a quant à parlé de Madame Veil comme d’une « rescapée du pire », avant d’ajouter, « Simone Veil est tournée vers le meilleur : son combat et ses convictions ont changé la vie de nombreuses femmes », avant de la remercier. La ministre de la culture Alda Greoli (cdH), Céline Frémault (également cdH) et Laurette Onkelinx (PS) se sont joint aux jolis (et courts) mots d’hommage.

Mauvais timing

Seulement, les messages saluant le combat de Simone Veil pour le droit à l’avortement et à sa dépénalisation adviennent quelques jours après un drôle d’épisode à la Chambre, où la majorité a soutenu la demande du CD&V d’ajourner l’examen des propositions visant à sortir l’avortement du Code pénal, et ce sine die. Car à l’inverse de la France, si l’IVG est pratiqué de manière plus ou moins décomplexée en Belgique, il figure toujours aux côtés du viol et de la bigamie dans le Code – et ne semble pas prêt d’en sortir.

©BELGA PHOTO ARCHIVES – C’est en 1990 que la dépénalisation conditionnelle de l’avortement a été adoptée en Belgique.

Mardi 27 juin, alors que six propositions de loi liées – dont celles du PS et de DéFi, présentée il y a déjà un an – avaient été déposées et que quatre étaient à l’ordre du jour de la commission de la Justice, le sujet a bel et bien été repoussé jusqu’à nouvel ordre. La demande en question est celle de la députée CD&V Sonja Becq : « Il y a aujourd’hui toute une série de propositions, je souhaiterais pouvoir bénéficier d’un délai pour les examiner », a-t-elle fait savoir.

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Hommages sincères et mycoses

L’Open Vld était le seul parti de la majorité à avoir déposé une proposition de loi visant à sortir l’IVG du Code pénal, mais le texte n’avait pas été joint aux autres. « Je demande de joindre la proposition mais je comprends la demande de délai d’examen formulée par Mme Becq », a réagi Carina Van Cauter (Open Vld), soulignant le caractère « délicat » du sujet. La N-VA a soutenu cette demande d’ajournement ainsi que le MR. Ainsi, l’ironie des derniers hommages n’a pas échappé à certains internautes.

Au détour des dizaines de retweets aux yeux mouillés, certaines réponses piquantes font mouche. L’une d’elle s’adresse directement à Charles Michel : « Monsieur le Premier Ministre, le meilleur moyen de rendre hommage à Simone Veil est d’enfin sortir l’IVG du Code pénal. Merci d’avance », lance un twitto.

D’autres attaquent plus directement les libéraux ou souhaitent aux « politiques qui pleurent Simone Veil et qui laissent l’IVG bien au chaud ds le code pénal belge » une « mycose qui gratte ». Le plus courtois des tweets a été relayé par le PS à la Chambre.

Avec Belga

 

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