Paris Match Belgique

Au QG d’Emmanuel Macron, « des moments de sueur froide à 18 heures »

présidentielle 2022 france emmanuel macron

Emmanuel Macron dimanche Porte de Versailles après les résultats du premier tour de la présidentielle. | © ABACAPRESS.

Politique

Paris Match a suivi les résultats du premier tour depuis le QG d’Emmanuel Macron, délocalisé pour l’occasion Porte de Versailles. Résumé et coulisses de la soirée.

D’après un article Paris Match France de Emilie Cabot

Porte de Versailles à Paris, hall 6 du Parc des expositions, il est difficile avant 20 heures de trouver quelqu’un qui n’est ni journaliste, ni militant. 700 journalistes sont accrédités pour suivre la soirée électorale du candidat Macron, dont 125 de la presse étrangère. Les militants enfilent un t-shirt « Avec vous » ou empoignent un drapeau et attendent gentiment en se partageant dernières estimations et « sondages sortie des urnes ».

20 heures approche, quelques personnalités politiques et membres du gouvernement se montrent enfin. Eric Dupond Moretti, Roselyne Bachelot, Barbara Pompili, Elisabeth Moreno fendent la foule, pour suivre l’annonce des résultats, les yeux rivés sur l’écran géant qui retransmet la soirée électorale de France 2. Jean-Pierre Raffarin, François Bayrou et Marisol Touraine sont là aussi. Emmanuel Macron est en tête, devant Marine Le Pen. Clément Beaune et Jean Baptiste Djebbari exultent.

La foule attend son candidat aux cris de « Et un et deux et cinq ans de plus », un slogan déjà entonné à la U Arena la semaine dernière pour l’unique meeting du président sortant. Il faudra attendre encore une heure quarante-cinq pour le voir apparaître. Militants et soutien suivent avec attention les allocutions des perdants du premier tour. Personne n’est sifflé. Stupéfaction générale quand le visage de Valérie Pécresse apparaît aux côtés de son score, estimé à 4,8 %. Applaudissement quand elle appelle à voter Emmanuel Macron. Applaudissement aussi à chaque fois que Jean-Luc Mélenchon répète depuis le Cirque d’hiver : « Pas une seule voix pour Madame Le Pen ».

« Pour un président sortant, gagner des points ce n’est pas si mal »

« On est passé par des moments de sueur froide à 18 heures. On est passé du désespoir à l’hébétude en une heure », résume auprès de Paris Match François Patriat, sénateur de la Côte d’Or, fidèle de la première heure. Emmanuel Macron « gagne quatre points par rapport à 2017, pour un président sortant gagner des points ce n’est pas si mal. Chirac n’a jamais fait ça, Mitterrand non plus », souligne-t-il. A ce sentiment de « fierté » se mêle immédiatement la « lucidité ». « Un peu de sérénité, pas de triomphalisme, un peu d’humilité et beaucoup de combativité », résume-t-il. « Il faut aller chercher chaque voix, il y a aujourd’hui presque 50% des Français qui n’ont pas voté ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine Le Pen », ajoute Clément Beaune, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes.

Emmanuel Macron arrive enfin Porte de Versailles, suivi par les caméras de télévision. Il prend la parole à 21h45, Les Visiteurs initialement programmés à 21h20 sur TF1 devront patienter encore quelques minutes.

À la tribune, derrière le slogan « Nous tous » sur fond bleu turquoise, le président-candidat cite un à un le nom des candidats du premier tour – sauf Marine Le Pen – et les fait applaudir. « Je remercie Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Valérie Pécresse et Fabien Roussel qui m’ont dès ce soir apporté leur soutien», ajoute-t-il. Jean-Luc Mélenchon, troisième, qui a répété à plusieurs reprises « pas une voix pour Madame Le Pen » n’est pas oublié. « Je suis pleinement conscient que cela ne vaudra pas soutien du projet que je porte et je le respecte, je sais que c’est le choix fait par exemple par Jean-Luc Mélenchon. Je veux ici saluer leur clarté à l’égard de l’extrême droite pour faire barrage à l’extrême droite ». Jean Castex, Alexis Kohler, Jean-Pierre Chevènement, Bruno Le Maire, Gabriel Attal sont là et écoutent.

Brigitte Macron suit l’allocution avec attention au pied de la scène. « Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses afin de bâtir avec eux une action commune au service de notre nation pour les années qui viennent. C’est notre devoir ». Après ce discours d’une dizaine de minutes, il rejoint son épouse. « Brigitte », « Brigitte », « Brigitte », scande la foule. Emmanuel Macron l’embrasse et part à la rencontre des militants avec elle.

« Multiplier les déplacements, les rencontres »

« Je ne me lave plus la main », sourit une dame, « je ne vais pas pouvoir travailler demain j’ai la main broyée », plaisante une autre. Selfies, poignées de mains et quelques mots à des caméras de télévision, puis le vainqueur disparaît. Cette année, pas de Rotonde avec des people au programme, une soirée qui avait tant fait parler pendant l’entre-deux-tours 2017.

« Le candidat va multiplier les déplacements, les rencontres, les meetings quand ce sera nécessaire, mais ce n’est pas forcément la multiplication de grands meetings avec son propre camp qui est déterminant. Il préfère les formats de rencontre comme il a pu faire la semaine dernière sur la place d’un village, d’autres formes viendront », explique Christophe Castaner à Paris Match. Emmanuel sera dès lundi à Denain (Nord), puis à Strasbourg mardi et en meeting à Marseille samedi. Et Clément Beaune de résumer cette nouvelle campagne qui s’ouvre : « Il faut labourer toutes les terres de France, de métropole, des Outre mer, centimètre par centimètre ».

CIM Internet