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Débat Macron – Le Pen : il y a eu match, vraiment ?

Qu'a pensez la "France d'en bas" de ce match retour entre Macron et le Pen ? C'est la question... | © Photo by Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Politique

Voilà, c’est fini. Le peuple français a pu une dernière fois voir longuement les deux candidats à l’Elysée s’exprimer avant le second round dans les urnes dimanche prochain. Ce moment télévisuel de grande intensité médiatique a-t-il été celui d’un basculement ? Il est probable que non.

Un billet par L.Dp

Les analystes semblent au lendemain de l’affrontement Le Pen – Macron donner quelques bons points à la candidate du Rassemblement National par rapport au même exercice réalisé cinq ans plus tôt. « Elle a été plus posée », « elle s’est moins baignée dans la fange », « elle a bien résisté aux coups de boutoir assenés par le président sortant »…. Trouvant de l’autre côté de la table un Emmanuel Macron quelque peu suffisant, bien plus offensif qu’en 2017 et parfois arrogant. L’arrogance du pouvoir probablement. Un côté énarque qui en aurait énervé plus d’un. Il a pris quelques risques, c’est certain. Mais…

Ces bonnes notes attribuées à Marine Le Pen ne suffiront pas à renverser les dernières tendances d’intentions de vote même au coeur de cette France à des centaines de kilomètres de Paris. C’est plus que probablement déjà plié. Marine Le Pen s’est montrée une nouvelle fois trop inconsistante, trop vague, en manque d’épaules pour assumer ce rôle suprême. Et on ne discute même pas le programme et les idées de ce parti d’extrême-droite. Une pensée politique qu’elle a d’ailleurs tenté d’enfouir en avançant souvent masqué.

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Sauf sur le thème de la sécurité où les masques sont effectivement tombés durant deux minutes et quelques poignées de secondes. Et sur le port du voile, qu’elle a gentiment évacué sans trop attendre.

Pour le reste, analysez juste la thème de l’enseignement en France sur lequel les deux candidats ont eu du temps de parole. Macron, bien entendu, défend son bilan, remercie les professeurs pour leur travail durant la Covid-19 et dit qu’il ira encore plus loin dans les réformes si les Français lui refont confiance. Marine Le Pen, sur le sujet, est désarmante mais dans le mauvais sens du terme. Illisible, incompréhensible, tous azimuts… Sans vision ! Et pourtant, on connait l’attachement de nos voisins pour l’école de la République. Un sentiment qui a prévalu pour presque chaque thématique débattue du côté du rassemblement National.

Une chose est certaine, les Français sont prévenus. Et c’est sans doute le point le plus positif de ces 150 minutes de débat : l’affirmation d’une vision du monde et de ses enjeux diamétralement opposée dans les deux camps. C’est donc l’heure du choix en espérant que la mobilisation des votants dimanche sera importante. Et voir, après coup, si les Français auront donné 40% de leurs voix à la candidate de l’extrême-droite. Ce qui constituerait une progression et un solide challenge pour le camp Macron…

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