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Voici pourquoi la date du 9 mai est importante pour Vladimir Poutine

Putin | © Alexey DRUZHININ / SPUTNIK / AFP

Politique

Cette date est aussi importante pour le peuple russe entier.

 

Le 9 mai 1945, il est 1 heure du matin à Moscou. A 1 700 kilomètres de là, à Berlin, est signée la capitulation de l’Allemagne nazie. Cet événement doit en partie son existence à l’entrée de l’Armée rouge dans la capitale du IIIe Reich. Pour les Allemands, il s’agit d’une défaite humiliante. Mais pour l’Union soviétique, il s’agit d’une grande victoire. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le 9 mai s’est immiscé dans les calendriers russes comme un jour de célébration de l’effort de guerre soviétique contre l’Allemagne. Chaque année, comme ses prédécesseurs avant lui, Vladimir Poutine prononce un discours à cette occasion, devant le Kremlin et les parades militaires organisées.

Pas de trêve en Ukraine

Le Kremlin a pu justifier plusieurs fois son opération militaire, cette guerre en Ukraine, par le concept de « dénazification ». Pour les autorités militaires russes, leur pays combat des « nazis » sur le sol ukrainien. Ce concept fait référence à la période qui a suivi le seconde guerre mondiale. Les Alliés avaient alors souhaiter éradiquer le nazisme dans la société allemande, pour éviter que cette idéologie ne se retrouve à nouveau au pouvoir. La dénazification a donc principalement visé à punir les anciens nazis, en les jugeant par exemple au tribunal. Cet argument du Kremlin est sérieusement remis en question par les obsevateurs pour deux raisons. D’une part, car l’Ukraine n’est pas dirigée par des nazis, et d’autre part, car son Président, Volodymyr Zelensky est lui-même d’origine juive.

Souvenons-nous de ceux qui sont tombés pour la libération de la Russie et d’autres républiques de l’ex-URSS, pour la libération de l’Europe du fléau nazi.

Ce 9 mai pourrait dès lors, du point de vue de l’armée russe et de ses responsables, être une date symbolique. Mais le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré à la télévision italienne italienne Mediaset que « nos militaires n’ajusteront pas artificiellement leurs actions à une date quelconque, y compris le Jour de la Victoire (9 mai). Le rythme de l’opération en Ukraine dépend, avant tout, de la nécessité de minimiser les risques éventuels pour la population civile et les militaires russes » .

Le ministre du Kremlin a jouté que cette date historique devait continuer à susciter de l’enthousiasme en Russie et à travers le monde. « Nous célébrerons solennellement le 9 mai, comme nous le faisons toujours. Souvenons-nous de ceux qui sont tombés pour la libération de la Russie et d’autres républiques de l’ex-URSS, pour la libération de l’Europe du fléau nazi » .

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