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Airbnb, Apple, Netflix, Google, Twitter… : tous proposent leur aide aux réfugiés visés par le décret anti-immigration de Donald Trump

De nombreuses personnes manifestent depuis le 28 janvier contre le décret de Trump | © BELGA/Mohammed Elshamy/Anadolu Agency

Politique

Depuis vendredi 27 janvier, c’est le chaos total dans tous les aéroports des États-Unis. La raison ? Le nouveau décret signé par Donald Trump permettant aux autorités américaines d’interdire pendant 90 jours l’arrivée de ressortissants de sept pays musulmans. Ce qui a fait monter au créneau la Silicon Valley.

Donald Trump a encore frappé. Des milliers de personnes se rassemblent depuis deux jours à l’aéroport JFK à New York pour manifester contre le décret sur la « protection de la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis » qui interdit pour trois mois l’entrée aux États-Unis aux ressortissants des sept pays concernés (l’Irak, l’Iran, le Yémen, la Libye, la Syrie, le Soudan et la Somalie), jugés à risque par Washington, et de manière indéfinie pour les réfugiés en provenance de Syrie. Des manifestations à New York, mais aussi dans les aéroports de Chicago, Los Angeles, San Francisco, San Diego, Boston, Dallas, Denver ou encore Minneapolis.

Les associations de défense des droits ont obtenu une première victoire avec le blocage partiel le saùedo 28 janvier au soir par un juge d’expulsions des États-Unis de passagers originaires des pays visés par le décret. Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a indiqué que sur les 325 000 étrangers arrivés sur le sol américain le 28 janvier « 109 personnes » sont passées par des procédures de contrôles renforcés pour « s’assurer que les gens que nous laissons entrer dans notre pays viennent avec des intentions pacifiques », a t-il déclaré dimanche sur la chaîne ABC. Environ 200 autres personnes ont été empêchées d’embarquer vers les États-Unis, a affirmé la conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway dans l’émission Fox News Sunday. Sean Spicer a justifié l’absence d’annonce préalable qui a conduit à une situation chaotique dans les aéroports, en particulier à New York, par la nécessité de « s’assurer que les gens n’arrivent pas en masse avant que (le décret) se mette en place ». Selon le New York Times, samedi soir, 81 personnes avaient obtenu l’autorisation de rentrer sur le territoire après ces « vérifications extrêmes » souhaitées par Donald Trump.

De nombreuses associations dont l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) ont attaqué en justice ce décret, qu’elles jugent discriminatoire et anticonstitutionnel, puisqu’il s’applique à des ressortissants disposant de papiers d’immigration en règle. Elles invoquent la Constitution pour estimer que toute mise en cause de leurs papiers ne peut être décidée arbitrairement par le gouvernement et nécessite une décision de justice.

La Silicon Valley inquiète et solidaire

Du côté de la Silicon Valley, on s’insurge contre ce décret et surtout, on défend les immigrés. Brian Chesky, patron d’Airbnb, a proposé via ses comptes Twitter et Facebook d’offrir un logement gratuit aux réfugiés et à toute personne n’étant pas autorisée à rester sur le sol américain.

Le réseau social Twitter a aussi exprimé sa solidarité :

Jack Dorsey, son créateur, est de son côté très actif sur son compte personnel et adresse de nombreux messages de soutien également.

Dans un mail envoyé à son personnel et qui a été publié par Recode, Tim Cook, directeur général d’Apple depuis 2011, a fait savoir que son entreprise « n’existerait même pas sans l’immigration ». Il a ajouté : « Ce n’est pas une politique que nous soutenons. Il y a des employés d’Apple qui sont directement touchés par ce décret sur l’immigration […] Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider ». Pour rappel, Steve Jobs était lui-même le fils d’un immigré syrien.

Starbucks va encore plus loin. Howard Schultz, son PDG, a promis « d’employer 10 000 réfugiés en cinq ans dans les 75 pays » où est implantée l’entreprise.

Même son de cloche chez Google. Le PDG Sundar Pichai affirme soutenir ses employés en difficulté :

Sergey Brin, co-fondateur de Google et président de la société Alphabet Inc., a été aperçu manifestant à l’aéroport de San Francisco : « Je suis ici parce que je suis un réfugié ». Il est d’origine russe et est arrivé aux États-Unis à l’âge de 6 ans.

Reed Hastings, co-fondateur de Netflix, a quant à lui réagi sur sa page Facebook : « Les actions de Trump touchent des employés Netflix du monde entier (…), et elles sont si anti-américaines que cela nous fait du mal à tous. (…) C’est une semaine très triste ».

Mark Zuckerberg, patron de Facebook a fait un post plus personnel, en racontant son histoire et évoquant ses origines multiples :

Elon Musk, fondateur de Tesla et de SpaceX estime que « l’interdiction générale du territoire pour les citoyens d’un certain nombre de pays majoritairement musulmans n’est pas le meilleur moyen de relever les défis » qui se présentent.

Satya Nadella, directeur général Microsoft, d’origine indienne, souligne via un e-mail envoyé par Brad Smith (président et chef la direction juridique) à ses employés et publié sur Linkedin, l’impact positif de l’immigration.

 

(Avec AFP et Belga)

 


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