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Législatives françaises : 245 sièges pour Ensemble!, 137 pour la Nupes et ses alliés, 89 pour le RN

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Image d'illustration. | © @ Pool/Stephane Lemouton/Maxppp.

Politique

Plus de 48 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dimanche pour le deuxième tour d’un scrutin où Emmanuel Macron espérait obtenir une nouvelle majorité face à une gauche requinquée. Il n’aura qu’une majorité relative.

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Les résultats définitifs

Le camp d’Emmanuel Macron a obtenu 245 sièges à l’issue des élections législatives dimanche, en dessous de la majorité absolue (289), suivi de la Nupes et ses alliés avec 137 sièges et du RN qui fait une percée historique en comptant 89 sièges, selon un décompte complet de l’AFP.

LR gagne 61 sièges et son allié UDI trois, contre une centaine dans la précédente législature. Les divers droite obtiennent neuf sièges. Les divers gauche obtiennent 15 sièges. Dix sièges reviennent à des députés régionalistes. Dans le détail, au sein de la coalition Ensemble!, 170 députés sont issus de Renaissance (ex-LREM), 46 du MoDem, 26 d’Horizons, et trois du Parti radical.

Dans les rangs de la Nupes, 72 députés sont élus sous la nuance Nupes-LFI, 26 sous Nupes-PS, 23 sous Nupes-EELV et 12 sous Nupes-PCF. Le taux d’abstention atteint 53,77%, selon le ministère de l’Intérieur.

23h : La femme de chambre Rachel Kéké (Nupes) élue députée

La femme de chambre et syndicaliste Rachel Kéké, figure de la lutte des grévistes de l’Ibis Batignolles, l’a emporté dimanche au second tour des législatives avec 50,3% des voix face à la candidate Ensemble!, l’ancienne ministre des Sports, Roxana Maracineanu.

22h30 : Elisabeth Borne : «Construire une majorité d’action»

Sa prise de parole était attendue. En début de soirée, comme il est de tradition, la Première ministre Elisabeth Borne s’est rendue à l’Elysée afin de discuter avec le président de la République Emmanuel Macron des résultats du second tour des élections législatives. Elle s’est ensuite rendue à Matignon et a retrouvé la voix peu après 22h30. «La situation est inédite», a-t-elle tout d’abord expliqué, ajoutant que «jamais une telle configuration sous la Vè République» n’avait existé, avec une majorité absolue qui parait impossible à trouver et une abstention de plus de 50% des Français.

22h : Brigitte Bourguignon, ministre de la Santé battue pour 56 voix

A 67 ans, Christine Engrand, directrice commerciale d’un organisme de formation, a ravi la sixième circonscription du Pas-de-Calais à la sortante Brigitte Bourguignon, ministre de la Santé qui devra quitter le gouvernement.

21h30 : Sandrine Rousseau promet le «chahut» à Damien Abad à l’Assemblée nationale

Invitée sur le plateau de TF1, la figure écologiste Sandrine Rousseau, qui se présentait dans la 9e circonscription de Paris, a évoqué la réélection de Damien Abad (Ensemble !) à son poste de député ce dimanche soir.

21h : Mélenchon perd son pari, la Nupes première force d’opposition

Le leader de la France insoumise et de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale) Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé de son QG parisien. «Je vous invite à attendre que les chiffres des grandes villes remontent. C’est une situation inattendue. La déroute du parti présidentiel est totale», a-t-il tout d’abord expliqué, regrettant que la France se soit exprimée insuffisamment. «C’est l’échec électoral de la Macronie, l’échec moral de ces gens qui donnaient des leçons de tout le monde et se déclarait le barrage au Front National», a-t-il poursuivi. «Les donneurs de leçon de la macronie ont été incapables de donner une consigne claire». Il a ensuite asséné des «coups» directs à «Monsieur Blanquer éliminé dès le premier tour», «l’éborgneur Castaner et l’injurieuse Montchanin».

20h45 : Hécatombe chez les piliers de la Macronie, Castaner et Ferrand battus

L’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner est battu dans la 2ᵉ circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Arrivé en tête du premier tour, il s’incline de peu face à son rival de la Nupes Léo Walter avec 48% des suffrages exprimés contre donc 52% pour son rival.

20h35 : Marine Le Pen réélue, énorme percée du RN

Le parti d’extrême droite Rassemblement national a fait une énorme percée dimanche au second tour des élections législatives françaises en obtenant entre 60 et 100 sièges à l’Assemblée, selon les premières projections. La formation de Marine Le Pen, finaliste de l’élection présidentielle, multiplierait par quinze son nombre de députés et franchirait le seuil requis pour former un groupe à la chambre basse du Parlement, une première depuis plus de 35 ans.

20h15 : Elisabeth Borne bien partie pour être réélue députée

La Première ministre Elisabeth Borne (Ensemble!) a remporté la sixième circonscription du Calvados avec 52% des voix contre 48% pour son rival Noé Gauchard (Nupes). L’absentention serait de 50,1% dans cette circonscription.

20h : Majorité relative pour Ensemble !, forte poussée du Rassemblement national

Selon l’estimation de l’Ifop-Fiducial pour TF1 et LCI, Ensemble !, l’alliance de la majorité présidentielle, n’obtient qu’une majorité relative avec entre 210 et 250 sièges. La Nupes sera la première alliance d’opposition avec entre 150 et 180 sièges, le Rassemblement national effectue une importante poussée pour entre 80 et 100 sièges. Les Républicains gardent eux entre 60 et 70 sièges.

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17h 30 : Une estimation record de 54% d’abstention selon l’Ifop

Le rebond de participation n’a pas eu lieu. Selon une estimation de l’Ifop-Fiducial pour TF1 et LCI, elle atteindrait 54%, reste à connaitre les détails de celle-ci, en fonction des duels présentés.

17h : Législatives: 38,11% de participation à 17H00, en baisse par rapport au 1er tour

La participation au second tour des élections législatives atteignait 38,11% dimanche à 17h00 en métropole, selon le ministère de l’Intérieur, un chiffre en baisse de 1,31% par rapport au premier tour, il y a une semaine, où elle s’établissait à 39,42 %.

Elle est en revanche en hausse par rapport au second tour des législatives de 2017 où elle atteignait 35,33% à la même heure.

La Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna, qui avaient largement voté pour Emmanuel Macron lors de la présidentielle, ont élu dimanche trois députés macronistes tandis que les électeurs Polynésiens ont élu trois candidats indépendantistes soutenus par la Nupes, lors du second tour des législatives.

13h : Emmanuel Macron a voté au Touquet

12h30 : Elisabeth Borne a voté

La Première ministre Elisabeth Borne a voté à Vire (Calvados), ce dimanche midi.

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12h : 18,99% de participation à midi

La participation au second tour des élections législatives atteignait 18,99% dimanche à 12H00 selon le ministère de l’Intérieur, un chiffre en très légère hausse (0,56%) par rapport au premier tour il y a une semaine où elle s’établissait à 18,43 %.

Elle est aussi en hausse par rapport au second tour des législatives de 2017 où elle atteignait 17,75% à midi. Elle est en revanche en baisse par rapport au second tour de la présidentielle le 24 avril dernier (26,41%).

8h : ouverture des bureaux de vote en France métropolitaine

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche à 08H00 en métropole pour le second tour des élections législatives où 48,7 millions d’électeurs sont appelés à élire leurs députés et donner ou non une majorité au président Emmanuel Macron à l’Assemblée.

Justine Bénin éliminée en Guadeloupe, nouveaux députés Nupes en Martinique et en Guyane

La députée sortante et membre du gouvernement Justine Bénin a été battue au deuxième tour des législatives en Guadeloupe tandis que les électeurs de Guyane, Guadeloupe, et Martinique ont envoyé à l’Assemblée plusieurs députés soutenus par la Nupes.

Huit des neuf candidats soutenus par la Nupes pour ce deuxième tour ont été élus en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane qui restent donc majoritairement à gauche. Outre celui de Justine Bénin, la République en marche perd un siège en Guyane et un autre en Guadeloupe, le député sortant Olivier Serva ayant choisi de renier le parti d’Emmanuel Macron pour ce scrutin.

Ils avaient déjà porté Jean-Luc Mélenchon en première position lors du premier tour de la présidentielle le 10 avril.

Malgré le score important remporté par Marine Le Pen dans ces territoires lors du second tour de la présidentielle, le seul candidat RN à être arrivé au second tour, Rody Tolassy en Guadeloupe, n’a pas réussi à déloger le député sortant Max Mathiasin (DVC) en Guadeloupe.

– Guadeloupe –

La Guadeloupe reste à gauche: la seule candidate macroniste de l’élection, la secrétaire d’Etat à la Mer et députée sortante Justine Bénin a été battue, tandis que trois députés élus sur quatre étaient soutenus par la Nupes. L’abstention a de nouveau été très forte avec moins de 28,23% de participation.

Dans la première circonscription, le député sortant Olivier Serva, ex-LREM et soutenu par LFI pour le deuxième tour, non sans provoquer des remous au sein du parti, a été élu avec 74,04% des suffrages.

Dans la deuxième circonscription, Christian Baptiste, candidat de la Nupes, a été élu avec 58,65% des suffrages face à la députée sortante Justine Bénin récemment nommée secrétaire d’Etat à la Mer.

Dans la troisième circonscription, le candidat du RN Rody Tolassy n’a pas réussi à décrocher un mandat de député alors que c’est dans l’archipel que Marine Le Pen avait remporté son meilleur score (près de 70%) lors du deuxième tour de l’élection présidentielle. Le député sortant Max Mathiasin (SE), arrivé en deuxième position au premier tour, l’emporte donc finalement lors de ce second tour (52,12% des voix).

Dans la quatrième circonscription, sans suspense, Elie Califer, soutenu par LFI, a été élu avec 100% des suffrages exprimés. Il était le seul candidat en lice après le désistement de son adversaire Marie-Luce Penchard.

– Martinique –

Jiovanny William, Marcellin Nadeau et Johnny Hajjar, soutenus par LFI, découvriront pour la première fois de leur carrière politique les bancs de l’Assemblée nationale. Ils ont été élus respectivement dans la première (Centre), deuxième (Nord) et troisième circonscription (Fort-de-France) de la Martinique. Jean-Philippe Nilor a été élu pour la troisième fois consécutive dans la quatrième circonscription (Sud). Il a largement battu son prédécesseur et ancien mentor Alfred Marie-Jeanne.

La formation politique de l’ancien président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique, le Gran Sanblé, a d’ailleurs été battue dans toutes les circonscriptions de l’île alors qu’elle avait réussi à qualifier ses quatre candidats au second tour des législatives.

Plus élevée qu’au premier tour, la participation est demeurée très faible puisque tout juste un quart des électeurs se sont rendus aux urnes (25,71%, en hausse 4 points par rapport au premier tour).

– Guyane –

Les électeurs guyanais ont choisi le renouvellement. Dans la première circonscription, qui compte la préfecture Cayenne, c’est Jean-Victor Castor qui endosse le costume de député. Ce militant du Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale (MDES) l’emporte sur Yvane Goua qui était soutenue par LFI dans cette circonscription laissée vacante par le député divers gauche Gabriel Serville élu  la tête de la collectivité territoriale de Guyane (CTG).

Dans la deuxième circonscription, Lénaïck Adam, qui était soutenu par la majorité présidentielle, est délogé de son siège de député par Davy Rimane. Le syndicaliste, soutenu par LFI, engrange 54,12% des suffrages exprimés.

Lors du second tour, l’abstention a reculé dans les deux circonscriptions.

– Saint-Barthélemy et Saint-Martin –

Frantz Gumbs, le candidat divers-centre soutenu par la majorité présidentielle Ensemble! a été élu député. Il recueille 67,21% des suffrages exprimés, soit 3.921 voix. Le taux de participation a été très faible sur les deux îles, à 24,56%, soit près de deux points de moins qu’en 2017 (26,11%).

– Saint-Pierre-et-Miquelon –

Après un duel serré, l’ancien président de la collectivité territoriale (2017-2020) Stéphane Lenormand (AD, divers droite) a été élu député de ce territoire à l’unique circonscription, avec 50,36% des suffrages, face à Olivier Gaston. Seules 19 voix séparent les deux candidats et 186 bulletins nuls ont été enregistrés.

Le taux de participation global pour ce second tour des législatives à Saint-Pierre et Miquelon est de 55,95%, en légère hausse par rapport au premier tour (53,45%) mais en dessous des 75,35% atteint lors du second tour en 2017.

Au total ce sont 1.148 candidats qui seront en lice lors du second tour, contre 6.293 au premier dimanche dernier, dont 655 hommes et 493 femmes. Parmi les prétendants, il y aura 370 sortants, 70 d’entre eux ayant mordu la poussière lors du premier tour.

Ce second tour vient clore une longue séquence électorale ouverte le 10 avril par le premier tour de la présidentielle qui avait vu la large réélection d’Emmanuel Macron devant Marine Le Pen. Mais la partie s’annonce plus incertaine aux législatives, après la percée surprise de l’alliance des partis de gauche Nupes et de l’extrême droite.

Au premier tour, la majorité sortante, qui se présente sous l’étiquette Ensemble! (LREM, MoDem, Agir et Horizons), est arrivée au coude à coude autour de 26% des voix avec l’alliance de gauche (LFI, PS, EELV et PCF). Le RN de Marine Le Pen a totalisé 18,7%, soit 5,5 points de plus qu’en 2017, devant Les Républicains et ses alliés de l’UDI tombés à 11,3%.

Aussi les incertitudes sont-elles nombreuses: quel score pour la gauche ? Si la coalition présidentielle l’emporte, sa majorité sera-t-elle absolue – il faut 289 députés sur 577 – ou relative, comme ne l’excluent pas les sondages ?

Une abstention record au premier tour

Alors que plus d’un électeur sur deux (52,5%) s’est abstenu pour le premier tour, la mobilisation est un enjeu déterminant en ce week-end de canicule. Aux législatives de 2017, l’abstention avait atteint 51,3% au premier tour et 57,4% au deuxième, un record depuis 1958.

« La Nupes parviendra-t-elle à mobiliser les plus jeunes qui ne sont pas allés voter au premier tour? » Pour la majorité sortante « y a-t-il des réserves dans un électorat légitimiste qui n’aurait pas été voter en pensant que la victoire d’Emmanuel Macron était acquise? », s’interrogeait en fin de semaine le président de l’institut Elabe, Bernard Sananès.

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