Carlo di Antonio, un politicien qui a du chien

Carlo di Antonio, un politicien qui a du chien

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Co-fondateur de Dour, politicien passionné du bien-être animal et figure emblématique de la région de Mons, Carlo di Antonio est sur tous les fronts. Portrait les pieds dans l’eau d’un élu entré en politique par hasard et resté par passion. 

C’est à l’orée de l’été que nous rencontrons Carlo di Antonio. Le cdH n’a pas encore jeté son pavé dans les eaux troubles post Publifin et cie, mais l’élu originaire de Boussu fait déjà des vagues. En cause : la piscine du Belvédère, ouverte dans sa commune de Dour chérie, et pouvant s’enorgueillir d’être le premier étang de nage public de Belgique. Eau azur, décoration soignée, l’endroit est soigné. À l’image de la communication de Carlo di Antonio : le tutoiement est facile, le sourire franc, mais le ministre reste sur la réserve, tout juste s’il s’autorise off the record un bref commentaire très politiquement correct sur le tumulte politique actuel. Heureusement, quand il s’agit de parler du bien-être animal, Carlo di Antonio ne mâche pas ses mots et ses projets ont de quoi rendre du poil de la bête aux animaux du royaume.

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Êtres sensibles

Qui ne sont d’ailleurs plus des choses mais bien des êtres sensibles en Wallonie grâce à lui. « Devenir ministre du bien-être animal était une surprise puisque c’est une compétence qui n’était pas au niveau des régions avant 2014, mais quand j’ai été nommé, je me suis rapidement passionné pour la question. Pour moi, la maltraitance animale est inacceptable. Qu’on n’aime pas les animaux et qu’on n’en ait pas, ça peut se comprendre. Mais quand on prend la responsabilité de s’occuper d’un animal, il faut être consistant. Maltraiter un animal, pour moi, c’est comme maltraiter une personne ».

Ma priorité a été de revoir les règles pour que la maltraitance soit punie et qu’on puisse dénoncer ça. Jusqu’à présent, il y avait deux catégories juridiques, les biens et les humains, et les animaux étaient considérés comme des biens, et ce n’était pas correct. Nous avons donc créé la catégorie d’êtres sensibles dans le code civil pour permettre aux juges de traiter les cas de maltraitance de manière plus dure.

© BELGA PHOTO ERIC LALMAND

La fin de l’expérimentation animale

Autre dossier sensible sur lequel Carlo di Antonio ne fait pas de concessions : les expérimentations sur les animaux. « On travaille à un texte global pour modifier la loi relative au bien-être animal de 1986. En 20 ans, les techniques ont évolué, notamment en ce qui concerne l’utilisation des animaux dans les laboratoires. On est en train de négocier conjointement avec les laboratoires et les associations de défense des animaux des conditions plus strictes de contrôle. Nous allons également mettre des comités d’éthique en place qui pourront opérer des contrôles. On va aussi faire en sorte que moins d’animaux soient utilisés dans les laboratoires. L’objectif est évidemment qu’ils ne soient plus utilisés du tout, mais cela va prendre du temps ».

Premier de classe

Et impossible de parler de bien-être animal sans aborder le sujet des abattoirs et celui, plus délicat, des abattages rituels. « C’est un sujet qui me tenait énormément à cœur, et sur lequel j’ai agi sur deux niveaux. Premièrement, j’ai interdit dès mon entrée en fonction les abattages sans étourdissement dans des abattoirs improvisés lors de la fête de l’Aïd. Et puis récemment, je suis très satisfait qu’on ait pu faire aboutir l’interdiction de l’abattage sans étourdissement dans les abattoirs, qui sera instaurée dès janvier 2019. Les abattoirs vont devoir s’adapter, mais cette mesure était nécessaire ». Engagé sur tous les fronts pour le bien-être animal, Carlo di Antonio s’est vu remettre la médaille de premier de la classe par l’association Gaïa. Une reconnaissance qui le fait sourire, et s’il reconnaît être « très actif », pas question de prendre la grosse tête pour autant.

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Bon public

Entré en politique pour faire bouger les choses pour le festival de Dour, dont il est un des co-fondateurs, Carlo di Antonio jouit d’une popularité élevée dans sa région d’origine. Dans le contexte actuel de défiance envers le politique, il affirme ne rien avoir à cacher à ses électeurs, et prend pour exemple un récent dossier du Vif, qui « a eu beau chercher, ils n’ont rien trouvé de croustillant ou de négatif ».  Et pour revenir à Dour, à son festival qu’il a aidé à naître, il y sera dès ce mercredi parmi les festivaliers, muni d’une liste de groupes à voir absolument compilée par son fils adolescent. « Au départ, j’étais un grand fan de rock’n’roll classique, Nirvana, Smashing Pumpkins… Et puis avec le temps et les éditions du festival, je suis devenu assez bon public, j’écoute avec plaisir beaucoup de styles musicaux différents, du reggae à l’électro ». Le concert qu’il ne ratera pas à Dour cette année ? « Die Antwoord, je dois les voir ! ».

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