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Samusocial : nouvelles révélations de plus en plus accablantes

Ce mercredi marquait l'entame des travaux de la commission d’enquête du Parlement bruxellois sur le scandale du Samusocial. | © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Politique

Pendant que les équipes de terrain du Samusocial continuent leur combat, les nouvelles révélations sur le conseil d’administration sont de plus en plus accablantes.

Si l’on pensait que l’ancienne direction du Samusocial avait définitivement touché le fond, elle semble creuser encore.

Ce mercredi 11 juillet marquait l’entame des travaux de la commission d’enquête du Parlement bruxellois sur la gestion de l’association d’aide aux sans-abris.

Tous frais payés

Entendu pendant près de neuf heures, avec d’autres responsables de la direction opérationnelle, le directeur financier du Samusocial Aurélien Doffigny, a laissé entendre qu’un tiers des réunions du bureau du Samusocial ont été organisées au restaurant, aux frais de l’asbl.

Si cette révélation apparaît comme une énième douche froide pour le Samusocial, ces auditions n’ont pas permis de clarifier l’ensemble des questions que pose notamment le flou sur les modalités de rémunération et de défraiement de certains mandataires en son sein.

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Qu’en est-il d’une éventuelle double rémunération de la directrice du Samusocial ? Comment les jetons de présence ont-ils été attribués ? La réponse n’est pas complète. Aurélien Doffigny a ainsi indiqué n’avoir jamais été en mesure de vérifier à quelles prestations correspondaient les demandes de paiement des jetons de présence que lui transmettait Pascale Peraïta.

Une chose lui apparaît claire : le phénomène de double subsidiation de missions du Samusocial redouté par certains et investigué par ailleurs est extrêmement faible, car dans pareil cas, des factures auraient émergé de la comptabilité analytique de l’association, a-t-il dit.

Le mail hallucinant de Michel Degueldre

« Comme il n’y a pas que des bons et des mauvais, j’aimerais te demander de faire une recherche approfondie sur la vie, les étude, habitudes, convictions, amis, familles des deux vedettes journalistiques de Vif et RTBF et du député Ecolo. » Envoyé en mai dernier par l’ancien président du CA du Samusocial Michel Degueldre, ce mail dévoilé dans le cadre de la commission d’enquête s’apparente à une véritable bombe.

Hallucinant, le message demande au porte-parole de Michel Degueldre, Christophe Thielens, d’enquêter sur deux journalistes (Le Vif, RTBF) travaillant sur le dossier.

En apprenant la nouvelle, les associations de journalistes se sont insurgées contre la tentative de pression fomentée par le président du Samusocial à l’encontre de confrères du Vif et de la RTBF. La Fédération européenne des journalistes a même déposé plainte au Conseil de l’Europe.

Coup de théâtre

Dès la divulgation du mail, les politiques présentes en commission se sont dites scandalisées par son contenu, mais dénoncent dans le même temps la divulgation de pièces sur les réseaux sociaux.

Si les trois témoins du jour – membres de la direction opérationnelle – ont pour leur part indiqué n’avoir donné aucune suite à cette demande, la séance publique a été suspendue afin de débattre à huis clos de la publication sur les médias sociaux.

Les travailleurs « très affectés »

Les relations entre les instances statutaires du Samusocial essentiellement composées de mandataires publics n’ont pas été sans poser de problèmes à la direction opérationnelle, si l’on en croit Laurence Bourguignon, responsable pédagogique de l’asbl. « Nous avions parfois l’impression d’être dans une pièce sans portes ni fenêtres », a-t-elle commenté.

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Concrètement, les directeurs opérationnels exécutaient sur le terrain les décisions prises par le bureau et l’administratrice-déléguée Pascale Peraïta. Ils ont à un moment été écartés des discussions menées avec le collège de la Commission Communautaire Commune en vue de la définition du contrat de gestion, selon Gregory Polus, directeur de la coordination, parce qu’ils ne se montraient pas assez durs dans la discussion.

Mme Bourguigon n’a pas caché que les travailleurs de l’asbl, insultés au téléphone et lors des maraudes, sont « très affectés » par le tumulte provoqué par le dossier sur lequel la commission se penche.

 

– Avec Belga

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