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Benoît Hamon sera le candidat de la gauche pour la présidentielle

Benoît Hamon, large vainqueur de la primaire

Politique

Benoît Hamon a largement remporté la primaire de la gauche, dimanche soir, avec 58,65% au second tour, selon les premiers résultats communiqués. Benoît Hamon fait appel à l’unité de la gauche et des écologistes.

D’après un article de Paris Match France d’Adrien Gaboulaud

Peu avant Benoît Hamon, Manuel Valls a pris la parole : «Les Français se sont exprimés, plus nombreux qu’au premier tour mais pas assez pour inverser le cours des choses. Benoît Hamon l’a emporté, nettement, et je tiens à le féliciter», déclare l’ex-Premier ministre battu. «Benoît Hamon est désormais le candidat de notre famille politique (…) Je veux lui souhaiter bonne chance», ajoute le vaincu. Plus ému dans la deuxième moitié de son intervention, il évoque «les amitiés et les fidélités» de ceux qui l’ont accompagné. «J’aime trop la vie et l’engagement politique pour que la rancoeur puisse chez moi l’emporter», dit Manuel Valls. Puis il vante son bilan, que les électeurs de gauche ont lourdement sanctionné dimanche soir. «Nous n’avons pas collectivement assumé le réformisme», déplore-t-il. «Le temps venu, l’Histoire replacera notre action à la hauteur de ce qu’elle aura été», affirme-t-il, avant de dénoncer les «divisions lourdes de conséquences» au sein de la gauche et de brocarder, comme il le fait régulièrement, «le vieux procès en trahison». «Une page se tourne aussi pour moi», reconnaît-il. La longue intervention de l’ex-Premier ministre a été interrompue vers 21h02 par Benoît Hamon.

Un appel au rassemblement des gauches

Vainqueur de la primaire de la gauche, Benoît Hamon s’est adressé en particulier à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, dimanche soir. S’exprimant avant même que Manuel Valls n’ait terminé sa (longue) intervention dimanche soir, Benoît Hamon a donné le ton de sa candidature à la présidentielle. «Ce soir, la gauche relève la tête», a-t-il déclaré devant ses soutiens réunis à la Maison de la Mutualité à Paris. Le candidat du PS s’est placé dans la lignée de ses prédécesseurs : François Mitterrand, Lionel Jospin, Ségolène Royal et François Hollande. Il a également martelé un message d’optimisme, qu’il veut tourné vers l’avenir : «Face à une droite des privilèges, notre pays a besoin de la gauche, une gauche moderne et innovante, qui pense le monde tel qu’il est et non pas tel qu’il fut, capable d’imaginer et de porter un futur désirable», a-t-il lancé. Il a de nouveau mentionné sa proposition phare de la campagne : «Le revenu universel d’existence permettra de choisir le travail plutôt que de le subir.»

Sur un plan plus personnel, Benoît Hamon a assumé son style rhétorique, dont la professeure de littérature Cécile Alduy a souligné l’originalité auprès de Match : «Je ne crois pas en l’homme providentiel, je ne prétends pas détenir la vérité, je préfère toujours le « nous » au « je ».» Il a résumé ses intentions avec trois adjectifs : «Résolu, positif et heureux.»

Sur le plan politique, Benoît Hamon s’est clairement tourné vers son camp. «Il faudra rassembler la gauche et les écologistes. Les idées en partage sont si nombreuses», a-t-il déclaré. Il a promis de discuter avec «Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon», mais n’a pas compté Emmanuel Macron au rang de «ceux qui se reconnaissent dans la gauche et l’écologie politique». Plusieurs soutiens de Manuel Valls ont manifesté leurs réticences à l’idée de rejoindre Benoît Hamon dès dimanche soir.

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