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L’homme à la tache de vin a changé la face du monde

Son rôle crucial pour mettre fin à la Guerre froide et son combat pour la paix ont été salués. | © DR

Politique

Sans doute les plus jeunes n’ont pas beaucoup entendu parler de lui mais Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’URSS qui est mort mardi à 91 ans, a provoqué sans vraiment le chercher la chute du bloc de l’Est.

 

Un billet par L.Dp

Quand le mur de Berlin est tombé, celui qui écrit ses lignes avait 16 ans et étudiait les sciences sociales en humanités. L’annonce du décès de cet ex-chef d’État a immédiatement rappelé un dessin de presse paru il y a plus de trente ans et représentant la tache de vin de ce fils de paysan comme le territoire de l’URSS en pleine dislocation…

Cela nous a rappelé aussi les deux seuls mots, avec « spaciba » (paix), que nous connaissons en langue russe : « glasnost » et perestroika ». Le premier mot appelle à la transparence politique et à une certaine liberté d’expression et de diffusion d’informations. Alors que le second annonce plutôt la reconstruction, c’est-à-dire les réformes socio-économiques mises en place par le parti communiste soviétique à cette époque.

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En 2022, Gorbatchev longtemps admiré et mis sur un piédestal en Occident n’était plus aussi populaire dans son pays. Les nostalgiques de la puissance et la grandeur de l’ex-Union soviétique, sauce Poutine, le tenaient pour responsable de la chute du géant. Comme le rappelait une historienne à la radio ce matin, il a mis en place des choses qui lui ont ensuite totalement échappé et qui inévitablement allaient mener à la disparition d’un « moitié de monde ».

Mais il n’a rien fait, c’est une vérité historique, pour l’en empêcher. « Nos amis allemands savent ce qu’ils doivent faire. Nous croyons dans la capacité à l’autodétermination des peuples » avait-t-il déclaré à Berlin. Et la messe était dite… C’est donc l’une des grandes figures politiques du 20e siècle qui s’est éteinte.

Lui qui a aussi oeuvré au démantèlement des armes nucléaires dans le monde et qui a sorti 100 000 soldats du bourbier afghan tire donc sa révérence en pleine « campagne » ukrainienne. L’histoire est cynique mais nous n’en doutions pas…

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