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Interdiction pour les journalistes congolais de couvrir le 21 juillet

Les journalistes qui ne respecteront pas l'interdiction seront révoqués | © BELGA / BENOIT DOPPAGNE

Politique

La direction de l’Agence congolaise de presse (ACP, officielle) a interdit à ses journalistes de couvrir, sous peine de « révocation », les activités organisées par l’ambassade de Belgique à Kinshasa à l’occasion du 21 juillet.

« Il est strctement (sic) interdit à tous les journalistes de l’Agence Congolaise de Presse (ACP) de couvrir les activités de l’ambassade de Belgique le 21 juillet 2017. Quiconque ne respectera pas cette instruction sera révoqué, sans autre forme de procès », précise une note signée par le rédacteur en chef adjoint de ce média d’Etat et responsable du desk des provinces, Nestor Cimanga, dont l’agence Belga a obtenu lundi soir une copie. Monsieur Cimanga demande par ailleurs d’assurer une « large diffusion » à cette note, qui témoigne de la dégradation des relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Belgique.

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Coopération suspendue

Les relations belgo-congolaises sont tendues depuis la désignation, le 7 avril dernier, du nouveau Premier ministre congolais, Bruno Tshibala. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avait jugé que la nomination d’un transfuge du parti d’opposition UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès social) n’obéissait pas à l’Accord de la Saint-Sylvestre, qui partage le pouvoir entre majorité présidentielle et opposition après la fin du dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila, qui a échu le 19 décembre dernier. Dans la foulée, Kinshasa avait brutalement suspendu la coopération militaire belgo-congolaise, rétablie à partir de 2003.

Détérioration de la liberté d’expression

L’interdiction pour les journalistes de couvrir l’événement est un nouvel affront à la liberté de presse, dans un pays où celle-ci se fait de plus en plus ténue. Pour Guy-Milex Mbonzi, correspondant de Paris Match au Congo-Brazzaville, « le Congo est presque devenu une prison. Si tu lèves un doigt, tu peux être assassiné. Ou on te place à la maison d’arrêt, la procédure est si longue que tu peux y rester quatre ou cinq mois et plus ». En 2015 déjà, l’ONG Reporters sans frontières tirait la sonnette d’alarme, dénonçant une détérioration de la liberté d’expression et des pressions politiques exercées sur les journalistes congolais. Saisies de matériel, menaces ou arrestations arbitraires : l’ONG et son antenne congolaise, Journalistes en danger, avant appelé les autorités à faire cesser ces atteintes à la liberté d’informer. Sans succès.

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