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Quand les députés français font tomber la veste et la cravate

Les députés de l'Assemblée nationale ont officiellement le droit de siéger sans veste ni cravate. | © Flickr : cswalken

Politique

L’Assemblée nationale donne le droit aux députés de siéger sans veste ni cravate. Et la décision qui ne plaît pas forcément à tout le monde…

Au diable vestes et cravates ! L’heure de la liberté vestimentaire a enfin sonné à l’Assemblée nationale. Une décision qui donne déjà le sourire aux députés de la France insoumise.

Le bureau de l’Assemblée nationale a tranché : c’est la fin du dress-code pour les députés. Les élus ont officiellement le droit de siéger sans veste ni cravate, selon une décision de la plus haute instance collégiale de la Chambre basse publiée ce jeudi 20 juillet.

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Au cours d’une réunion ce mercredi, « le bureau a rappelé qu’aucune disposition réglementaire ne fixant la tenue vestimentaire des députés, il n’y a pas lieu d’obliger les hommes au port d’une veste et d’une cravate dans l’hémicycle », indique le compte rendu. Une décision qui représente une petite victoire pour les députés de la France insoumise.

« Sans-cravates » révolutionnaires

Dès le premier jour de la nouvelle législature, les députés du partis de Jean-Luc Mélenchon revendiquaient le droit de faire tomber la veste et la cravate. En effet, les élus insoumis n’ont pas hésité à bousculer les moeurs en se présentant sans cravate au Palais-Bourbon, rejetant ouvertement les « codes vestimentaires imposés » et assumant leur statut de « sans-cravates » en référence aux « sans-culottes » révolutionnaires.

Je n’ai jamais porté de cravate dans ma vie – à part pour un mariage ou deux – et je ne pense pas que la cravate soit une exigence de mes électeurs », expliquait François Ruffin à France Info.

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Si aucune disposition dans le règlement de l’Hémicycle n’imposait le port de la cravate, a rappelé une source parlementaire à l’AFP, seules des « règles pour la tenue du public en séance » étaient prévues. Une déclaration remise en cause par un compte-rendu de 2008 qui affirmait cependant que le port de la cravate était « obligatoire » dans l’Hémicycle.

François Ruffin, à l’Assemblée nationale le 27 juin 2017… sans cravate. © AFP PHOTO / Patrick KOVARIK

Tous en bermuda !

Si elle réjouit les insoumis, cette décision est loin de satisfaire tout le monde. La fin d’une tradition vestimentaire ancrée dans l’histoire politique française qui symbolise, notamment pour la droite, un véritable laisser-aller annonçant l’avènement du bermuda et des claquettes sur les bancs de l’Assemblée.

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Même l’ancien président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré ne semble pas convaincu par ces évolutions vestimentaires qu’il considère comme un « avachissement ». « Quand les députés vont-ils venir en espadrilles et bermuda ? On est parti de l’Empire avec un uniforme qui était trop formaliste et on est arrivé à une tenue correcte car on est représentant de la Nation et pas à la foire à neuneu », s’étranglait-t-il au micro de France Info.

Ce n’est pas un drame mais pourquoi on ne distribuerait pas de chewing-gums à l’entrée de l’hémicycle ?

Une « nouvelle mode » que l »ancien président du Conseil constitutionnel a tenté de dédramatiser en précisant que la question n’était « pas très grave » mais qu’elle représentait « un signe de détournement de la notion de représentant du Peuple ».

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