Paris Match Belgique

Aucun ministre belge ne s’est encore rendu en Ukraine : à quoi joue-t-on ?

guerre en ukraine belgique

Image d'illustration. | © Unsplash.

Politique

La Belgique pourrait bientôt être l’un des derniers pays européens dont aucun membre d’un gouvernement ne s’est rendu en Ukraine pour témoigner de son soutien au peuple et aux autorités ukrainiens qui font face à l’invasion russe, a déploré mercredi le député Georges Dallemagne (Les Engagés).

Le député est rentré d’une mission de huit jours en Ukraine en tant que président du groupe d’amitié belgo-ukrainien à l’invitation de son homologue Maria Mezentseva et de l’ONG Promote Ukraine. Il y a rencontré le ministre de la Reconstruction, les maires de Lviv, d’Irpin et Izioum, des membres du parlement, l’ambassadeur de Belgique à Kiev, des représentants de la société civile, le procureur général qui enquête sur les crimes de guerre dans la région de Kharkiv, etc.  À l’approche de l’hiver et au vu des combats qui se poursuivent, l’Ukraine a un « besoin urgent d’assistance », selon le député qui cite l’aide alimentaire, des générateurs électriques, des chauffages d’appoint, des prothèses et antibiotiques pour les blessés ainsi que, sur le plan militaire, une aide au déminage, des batteries anti-missiles et de manière générale des armes.

L’incompréhension

De nombreux chefs de gouvernement ou ministres européens se sont rendus dans le pays. Lors de son entrée en fonction en juillet dernier, la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib avait annoncé que l’Ukraine serait sa première destination. En septembre, elle a rencontré à Prague et à New York son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba, à qui elle a réitéré le soutien de la Belgique et clarifié au passage les circonstances dans lesquelles elle s’était rendue en Crimée l’an dernier avec un visa russe alors qu’elle était encore journaliste. De son côté, le Premier ministre, Alexander De Croo, s’est entretenu le mois dernier avec son homologue Denys Shmyhal, à Bruxelles. Comme d’autres pays européens, la Belgique a déjà fourni une aide humanitaire et militaire à l’Ukraine et, sous peu, une équipe judiciaire pourrait également se rendre sur le terrain pour assister les enquêtes en cours sur des crimes de guerre.

Jusqu’à présent, le déplacement d’un membre du gouvernement fédéral n’a néanmoins pas eu lieu. Les autorités belges ont rappelé à plusieurs reprises qu’elles ne voulaient pas se rendre en Ukraine « les mains vides » et qu’un travail était en cours pour identifier les projets pour lesquels la Belgique pouvait être utile. Le 13 octobre, interrogé sur le plateau de la RTBF, le Premier ministre a expliqué que les autorités ukrainiennes avaient envoyé une invitation à la Belgique et qu’il espérait que, dans les prochaines semaines, une visite pourrait s’organiser avec Mme Lahbib et sa collègue de la Défense, Ludivine Dedonder. « On ira », assurait-on encore mercredi de source diplomatique sans mentionner d’échéance.

Dans l’opposition, M. Dallemagne a exprimé son incompréhension. Il n’y aurait, selon lui, guère plus que le gouvernement hongrois de Viktor Orban et le gouvernement belge à ne pas avoir envoyé un de ses membres à Kiev. « En Ukraine j’étais en Europe, sur la ligne de front de la barbarie. C’était ma place comme président du groupe d’amitié avec le parlement ukrainien. C’était ma place comme Européen. Je ne comprends toujours pas pourquoi ni notre Premier ministre, ni la ministre des Affaires Étrangères, qui avait dit que ce serait son premier voyage, ni aucun membre d’aucun gouvernement belge n’y ont toujours pas mis les pieds. Les Ukrainiens non plus ne comprennent pas », s’est étonné le député sur sa page Facebook.

CIM Internet