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Comment Donald Trump a trahi la communauté LGBT

Depuis l'élection, et malgré les promesses, les mesures discriminatoires se multiplient | © Belga/ AFP PHOTO / Bernardo Montoya

Politique

Lors de sa campagne, Donald Trump s’était engagé à se battre pour la communauté LGBT. Depuis son élection, c’est tout le contraire qui se produit, et les mesures discriminatoires se multiplient.

Le tweet aurait presque pu se noyer dans les diatribes constantes de Donald Trump, si son contenu n’avait pas été si surprenant dans le chef d’un candidat ouvertement misogyne et conservateur. Le 14 juin 2016, en pleine campagne présidentielle, Donald Trump s’adresse à la communauté LGBT. Et leur fait une promesse : « mes remerciements à la communauté LGBT ! Je vais me battre pour vous tandis qu’Hillary ne fera que s’entourer de gens qui menaceront votre liberté ». Le bilan, après 6 mois de présidence ? Une liberté menacée, des droits réduits, et une promesse tout sauf tenue de la part de Donald Trump.

Twitter @ Donald Trump

Effacer le passé

Le ton a été donné dès son entrée en fonction en janvier dernier. Outre une redécoration tape-à-l’oeil du Bureau ovale, le 45e président des États-Unis a également modifié le site de la Maison Blanche. En y effaçant toute mention des droits de la communauté LGBT. Autre disparition sur le site : celle d’excuses de la part du gouvernement pour la discrimination dont la communauté LGBT américaine a été victime. à l’époque, l’association de défense de la communauté LGBT Human Rights Campaign s’était indignée que « la nouvelle administration essaie d’effacer des registres officiels des excuses historiques pour des chasses aux sorcières qui ont détruit la vie d’Américains innocents ». Une démarche « outrageuse » qui n’était pourtant que prémices à une série de mesures discriminatoires à venir.

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Répugnant et inacceptable

Quelques semaines seulement après son investiture, Donald Trump prend en effet la décision de supprimer des mesures de protection pour les transgenres dans les écoles. Barack Obama avait contraint les écoles publiques à laisser chaque élève utiliser les toilettes en fonction du sexe auquel il s’identifie. Une mesure anti-discrimination que l’élu républicain a supprimé, s’attirant à nouveau les foudres des associations LGBT. Mais aussi d’Hollywood, de Chris Evans ( « Je suis désolé du message qui est envoyé à la communauté LGBT aujourd’hui. Ce gouvernement ne parle pas en notre nom à tous. Nous vous aimons » ) à Brie Larson ( « C’est répugnant. C’est inacceptable » ) en passant par la présentatrice Ellen Degeneres ( « Ce n’est pas une histoire de politique, c’est une histoire de droits humains » ).

Belga/ AFP PHOTO / PAU BARRENA

Mesures discriminatoires

Pas de quoi ébranler l’administration Trump, ni empêcher le président républicain de continuer sur sa lancée. En mars, les protections accordées aux travailleurs LGBT contre les discriminations à l’emploi sont révoquées. Le mois suivant, le procès qui opposait le gouvernement fédéral à la Caroline du Nord en raison du non respect de l’égalité des LGBT dans cet État est abandonné.

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Fardeau énorme

Dernière mesure en date : l’annonce cette semaine que l’armée américaine « n’accepterait et n’autoriserait pas » que des transgenres servent dans l’armée américaine. Argument évoqué pour justifier cette décision ? Le « fardeau des coûts médicaux énormes » des opérations nécessaires pour changer de sexe. D’après les chiffres qu’il avance, ces soins médicaux représenteraient 2,4 à 8,4 millions de dollars par an pour les 4 000 soldats transgenres que compte l’armée américaine. Soit 0,00048% du budget annuel de plus de 500 milliards de dollars de l’armée américaine. Une goutte d’eau, dans un océan de discrimination envers la communauté LGBT.

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