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Arnold Schwarzenegger s’attaque frontalement aux nazis et suprémacistes blancs américains

Vidéo Politique

L’acteur, né en Autriche, s’est indigné de la réaction de Donald Trump aux évènements de Charlottesville dans un discours percutant, mais rassembleur.

 

Arnold Schwarzenegger et Donald Trump ne partiront jamais en vacances ensemble, malgré leur appartenance au même parti. C’est une certitude. L’acteur californien vient de sortir une vidéo sur le site d’Attn, qui fustige l’attitude du président suite aux événements de Charlottesville et appelle les manifestants qui étaient aux côtés des néonazis, néoconfédérés et suprémacistes blancs à la raison. En prenant son histoire personnelle – Arnold Schwarzenegger est né en 1947 en Autriche -, il rappelle l’horreur des crimes commis par ceux dont on porte aujourd’hui le drapeau à la croix gammée dans les rues américaines.

Face caméra, gros plan sur son visage, images d’archives de la seconde guerre mondiale et … petite poupée à l’effigie de Donald Trump : la mise en scène est forte et Arnold Schwarzenegger s’exprime en homme d’État. En défenseur de la paix. En rassembleur. Loin des vociférations de son président qu’il appelle plusieurs fois à la raison en lui proposant d’écrire pour lui ce discours : « Comme président des USA et comme Républicain,je rejette le support des suprémacistes blancs. Dans le pays qui a défait les armées d’Adolf Hitler il n’y aucune place pour les drapeaux nazis Le parti de Lincoln ne supportera pas ceux qui portent le drapeau des Confédérés ». Vœux certainement pieux comme l’est celui de de ramener les manifestants de Charlottesville, ceux qu’on a rangé parmi les « alt-right » à la raison : « J’ai aussi un message pour les néo-nazis, les nationalistes blancs et les néo-confédérés. Laissez-moi aussi abrupt que possible : vos héros sont des ratés.Vous supportez une cause perdue ».

Le temps du rassemblement

Et Arnold Schwarzenegger de renvoyer les défenseurs de deux camps qui s’affrontent à leurs études. Pour lui, il n’y a pas de « alt-left » contre les « alt-right ». Il y a juste des gens qui propagent des idées de haine. « Il n’y a pas deux camps pour la bigoterie. Il n’y a pas deux camps pour la haine. Et si tu choisis de marcher avec un drapeau qui symbolise le massacre de millions de gens, il n’y a pas deux camps ».

Mais pour Schwarzie, si le temps est au combat, il est aussi au rassemblement. L’homme appelle les Américains à vaincre de toutes leurs forces « le cancer du racisme et des stéréotypes ». Maintenant et sans délai. Mais il appelle aussi à être ensemble et à soutenir les initiatives qui existent pour lutter contre la haine. L’occasion pour l’acteur-gouvernemeur-politicien de rappeler son engagement aux côtés du « Simon Wiesenthal Center » qui lutte aujourd’hui contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme à travers le monde – Simon Wiesenthal étant un survivant de la Shoah qui avait perdu nombre de membres de sa famille pendant la guerre. Il a consacré sa vie à traquer les nazis en fuite. Il est mort en 2005.

Arnold Schwarzenegger fait partie des très nombreux politiciens, hommes de cinéma, de télévision ou du monde musical à dénoncer la mollesse et l’ambiguité du président Donald Trump qui avait parlé de « deux camps qui avaient chacun ses responsabilités » dans les événements tragiques de Charlottesville où un suprémaciste blanc a foncé avec sa voiture dans la foule de manifestants tuant une jeune femme.

À l’heure actuelle, le président américain n’a pas encore réagi via Twitter. Nul doute qu’il appréciera la petite poupée brandie par Arnold.

Le discours complet

Il n’y a pas deux camps pour la bigoterie.
Il n’y a pas deux camps pour la haine.
Et si vous choisissez de marcher avec un drapeau qui symbolise le massacre de millions de gens,
Il n’y a pas deux camps.
Le seul moyen de combattre les voix fâchées et hurlantes de la haine est de les affronter avec des voix plus fortes et raisonnables.

Ça vous concerne aussi Président Trump.
En fait, en tant que président de ce si grand pays, vous avez la responsabilité morale d’envoyer un message univoque que vous ne supportez ni la haine ni le racisme
Laissez-moi vous aider à écrire vos discours :
« Comme président des USA et comme Républicain,je rejette le support des suprémacistes blancs.
Dans le pays qui a défait les armées d’Adolf Hitler il n’y aucune place pour les drapeaux nazis
Le parti de Lincoln ne supportera pas ceux qui portent le drapeau des Confédérés ».
Est-ce si difficile ?

J’ai aussi un message pour les néo-nazis, les nationalistes blancs et les néo-confédérés. Laissez-moi être aussi abrupt que possible : vos héros sont des ratés.Vous supportez une cause perdue.
Croyez-moi, j’ai connu les nazis « originaux ». Je suis né en Autriche en 1947 juste après la Seconde Guerre mondiale.
Enfant, j’étais entouré de gens brisés, des hommes qui sont revenus de la guerre criblés de blessures et de culpabilité, des hommes qui ont été trompés par une idéologie perdante.
Et je peux vous dire que ces fantômes que vous idolâtrez ont passé le reste de leur vie dans la honte. Et maintenant ils reposent en enfer.
Je sais que vous n’êtes pas nés avec ces idées horribles. Personne ne nait ainsi.
Mais la vérité est qu’il n’est jamais trop tard pour faire le choix d’apprendre et d’évoluer et de comprendre que tous les êtres humains ont une valeur égale.
Si vous me dites : « Arnold, j’étais juste à la marche. Ne dis pas que je suis un nazi. Je n’ai rien à faire avec les nazis ». Laissez-moi vous expliquer :
Ne reste pas proche de gens qui portent des drapeaux nazis, font le salut nazi ou crient des slogans nazis.

Ou mieux encore : dis-leur qu’ils se trompent à célébrer une idéologie qui a tué des millions de gens.
Et ensuite : rentrez chez vous.

Vous avez tellement de chance de vivre dans un pays qui vous donne une liberté d’expression absolue. Mais réfléchissez à comment vous pourriez utiliser cette force pour quelque chose de bien.
Et à ceux qui restent silencieux, vous devez aussi évoluer.

J’ai appris il y a longtemps que la seule façon pour réellement éliminer la haine, est de faire face la tête haute.
Ce n’est pas toujours confortable, bien sûr, mais les stéréotypes à propos du racisme, des religions, des genres ou de n’importe quoi d’autre, sont comme le cancer.
Si vous aviez une tumeur, vous ne voudriez pas qu’elle s’en aille doucement. Vous voudriez virer cette « merde » de votre corps avec la chimiothérapie, la retirer et essayer tous les traitements expérimentaux jusqu’à ce que ce soit parti.
Ce n’est pas différent.

C’est un temps difficile pour notre pays, mais je sais que si nous avons le courage de faire quelque chose à propos de cela, de faire la bonne chose, nous en sortirons plus forts à la fin.
J’ai déjà donné de l’argent au Simon Wiesenthal Center, qui doit son nom au célèbre chasseur de nazis que j’ai la chance de pouvoir avoir comme ami.
J’espère que vous me suivrez en supportant votre organisation « anti-haine » favorite.
Faisons-le tous, maintenant, pour laisser les terribles fantômes du passé dans les oubliettes de l’Histoire.
Là où elles doivent être.

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