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L’ultime provocation d’une sénatrice australienne d’extrême droite, qui siège en burqa

Pauline Hanson n'en est pas à son coup d'essai. | © EPA/DAVE HUNT AUSTRALIA AND NEW ZEALAND OUT

Politique

La sénatrice australienne Pauline Hanson, à la tête d’un parti d’extrême droite, a siégé en burka pour en demander l’interdiction dans le pays.

 

D’après un article de Paris Match France.

Une parlementaire anti-immigration a provoqué un tollé jeudi en portant une burqa au Sénat australien pour demander son interdiction dans le pays, s’attirant les foudres du ministre de la Justice et de l’assemblée. Pauline Hanson a revêtu un voile intégral noir dans le but d’illustrer le problème sécuritaire que pose selon elle ce vêtement, le reliant au terrorisme alors que d’autres sénateurs tentaient de l’interrompre.

« Allez-vous travailler pour interdire la burqa en Australie pour tenir compte de ce qui se passe sur le plan de la sécurité nationale ? », a-t-elle demandé au ministre de la Justice George Brandis après avoir retiré le vêtement. « Le terrorisme est une véritable menace pour notre pays, beaucoup d’Australiens en ont peur », a-t-elle ajouté.

M. Brandis a répondu que son gouvernement n’envisageait pas de légiférer sur la question, et a mis en garde Mme Hanson contre le risque d’offenser la communauté musulmane en portant une burqa tout en n’adhérant pas à cette religion. « Ridiculiser cette communauté, la pousser dans ses retranchements, se moquer de ses vêtements religieux est une chose effroyable, et je vous demanderais de réfléchir à ce que vous venez de faire », a-t-il dit.

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La voix chargée d’émotion, il a ajouté qu’être un musulman qui pratique de façon stricte sa religion, comme les personnes qui portent la burqa, était « complètement compatible » avec le fait d’être un citoyen respectueux de la loi. « Environ un demi-million d’Australiens dans ce pays ont la foi dans l’islam et la vaste majorité d’entre eux sont respectueux de la loi, et de bons Australiens », a-t-il déclaré.

Aucun regret

La réponse du ministre a suscité une ovation de la part de ses opposants au sein des partis travailliste et vert. Le sénateur travailliste Sam Dastyari a accusé Pauline Hanson d’attiser l’extrémisme en tentant de faire « les gros titres ». Derryn Hinch, un sénateur indépendant, a quant à lui qualifié la conduite de Mme Hanson de « répugnante ». « Pauline Hanson a tourné en dérision la religion de certains australiens (…), elle a fait d’un endroit honorable un lieu de moquerie », a-t-il déclaré à la chaîne Sky News.

Pauline Hanson n’a pas exprimé de regret suite à cette apparition en burqa: « Est-ce extrême ? Oui. Est-ce que cela permet de faire passer mon message ? Je l’espère », a-t-elle déclaré à une radio.

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©EPA/TONY PHILLIPS – Pauline Hanson et ses fils, à sa sortie de la prison pour femmes de Brisbane. Elle avait été accusée de fraude électorale, mais avait été blanchie, en 2003.

Elle s’était bâtie une notoriété sur la scène politique en dénonçant l’immigration asiatique après son élection à la Chambre des représentants en 1996. Après s’être éloignée de la politique pendant douze ans, elle était réapparue en 2014, et faisait cette fois campagne en visant notamment les musulmans. Elle a été élue au Sénat deux années plus tard en tant que cheffe de file du One Nation party, un parti d’extrême droite. Dans son premier discours après sa réélection, elle a déclaré que l’islam était « une culture et une idéologie qui est incompatible avec la nôtre ».

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