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Steve Bannon, le conseiller controversé de Trump, prend la porte

Steve Bannon en mai 2017. | © AFP PHOTO / Brendan Smialowski

Politique

Donald Trump se sépare officiellement de son conseiller Steve Bannon, un ancien banquier au passé (et présent) sulfureux.

Les polémiques ont eu raison de Steve Bannon. Le controversé conseiller de Donald Trump a été limogé vendredi. « Le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly et Steve Bannon se sont mis d’accord sur le fait qu’aujourd’hui serait le dernier jour de Steve », a indiqué Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison Blanche.

Cet ancien rédacteur en chef du site Breitbart, dont il a fait une plateforme favorite de l’extrême droite américaine, aurait notamment provoqué l’ire du président en alimentant d’innombrables fuites dans la presse pour nuire aux factions rivales au sein de la Maison Blanche.  Les critiques envers le directeur de la stratégie du président américain, aux idées nationalistes très poussées, s’étaient également multipliées depuis les manifestations de Charlottesville et la mort d’une femme tuée par un homme qui a foncé en voiture dans la contre-protestation.

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©AFP PHOTO / Brendan Smialowski – Kellyanne Conway et Steve Bannon, ensemble à la Maison blanche : une époque désormais révolue.

Un moyen pour le président américain de marquer son éloignement avec les milieux alt-right, auxquels Steve Bannon avait offert un site d’information conservateur ? Diriger Breitbart News marquait la dernière reconversion en date de cet ancien banquier d’affaires chez Goldman Sachs devenu producteur dans le monde des médias. Il a en outre bâti une partie de sa fortune sur les royalties de la série culte Seinfeld, qu’il a reçues en guise de paiement pour son rôle dans la vente de la société de production Castle Rock Entertainment.

Un passé sulfureux

En octobre 2015, Bloomberg écrivait de lui qu’il était « le cadre le plus dangereux de la politique aux États-Unis ». Avant de conseiller Donald Trump, Steve Bannon était un proche de Sarah Palin, l’ancienne candidate à la vice-présidence qui a soutenu le candidat républicain lors de la campagne.

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Une nouvelle « profondément perturbante ». Voici comment David Axelrod, un ancien conseiller de Barack Obama, avait qualifié la nomination de Stephen « Steve » Bannon au poste de « haut conseiller et chef de la stratégie » de Donald Trump à la Maison blanche en novembre dernier. L’homme, qui était le directeur de la campagne du candidat républicain depuis août 2016, était loin d’être inconnu du public – mais pour des raisons peu flatteuses.

La nomination de Stephen Bannon au sein de la campagne Trump avait entraîné, en août 2016, une série de révélations sur lui dans la presse. NBC avait notamment rapporté qu’en 2007, au moment de son divorce, son ex-femme avait assuré qu’il s’était battu pour que leurs jumelles n’aillent pas dans une école dont il dénonçait « le nombre de juifs » présents. « Il a dit qu’il n’aimait pas les juifs ni la façon dont ils élèvent leurs enfants pour être des ‘enfants gâtés pleurnichards’ et qu’il ne voulait pas que les filles aillent à l’école avec des juifs », avait déclaré son ex-femme lors d’une déposition en 2007. Onze ans plus tôt, Stephen Bannon avait été mis en examen pour violences conjugales et agression.

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