Paris Match Belgique

Jared Kushner, (presque) bras droit de Trump

Jared Kushner

Le beau-fils de Donald Trump était déjà très présent lors de sa campagne présidentielle | © AFP PHOTO / MANDEL NGAN

Politique

C’était à prédire. Depuis qu’Ivanka Trump a signé l’acte de propriété d’une maison dans le quartier de Kalorama à Washington – à quelques rues à peine de la prochaine résidence des Obama –, son implication dans la future présidence est presque inévitable. On sait depuis aujourd’hui que c’est son mari, Jared Kushner, qui représentera le couple à la Maison blanche : le gendre de Donald Trump a été choisi comme haut conseiller. Le chemin jusqu’au bureau oval ne se fera pourtant pas sans embûches pour le riche homme d’affaires américain – comme son beau-père.

 

Marié depuis 2009 à Ivanka Trump, le beau-fils de Trump n’a pas attendu d’être nommé haut conseiller à la Maison blanche pour présider à ses côtés, puisque ce jeune magnat, qui a grandi dans une famille riche, n’est pas étranger à la victoire du futur président. Et quand Kushner se voit confier une mission, il ne fait pas les choses à moitié. Malgré des fonds de campagne et une organisation moins importants que la concurrence, Jared Kushner est parvenu à faire vivre le marathon électoral sur le web, engageant pour cela les talents de la Silicon Valley et une équipe de 100 personnes pour gérer les réseaux sociaux. L’armada 2.0 qui s’était vue confier le nom de code « Alamo » n’a pas fait de quartier. Le responsable de facto de la campagne s’est aussi rendu responsable de certaines des punchlines de son beau-père et est un conseiller sévère lorsqu’il s’agit de choisir la nouvelle équipe qui devrait l’entourer dès son investiture. Sa mainmise sur la campagne était considérable et son implication dans la présidentielle sera imparable, ou presque.

 

Jared Kushner
©BELGA/Samuel Corum/Anadolu Agency – Ivanka Trump a qualifié son union avec Jared Kushner de « meilleur deal jamais réalisé » au magazine Vogue.

Quand les Clinton deviennent des alliés
C’est qu’une loi anti-népotisme datant de l’administration Kennedy se dresse entre lui et sa nouvelle fonction : les membres de la famille du président ne sont en principe pas autorisés à tenir de postes fédéraux pendant la durée de son mandat. Voilà pour la disposition légale. À celle-ci vient s’ajouter celle de l’éthique, car la nomination du trentenaire millionaire pourrait mener à des conflits d’intérêts liés à son vaste empire familial et personnel. En cause notamment, le joyaux immobilier terni du 666 Cinquième Avenue – la transaction immobilière la plus coûteuse de l’histoire des États-Unis à l’époque de son rachat par la famille Kushner -, dont l’éclat devrait être ravivé grâce à d’étroites relations avec de puissants chinois.

666 5th avenue
©BELGA/Juan Antonio Alonso – L’impressionnant immeuble de la cinquième avenue acheté par les Kushner.

Il faudrait néanmoins être naïf pour croire que tout ceci n’ait pas été pensé et quasiment déjoué d’avance par le clan Trump. Premièrement, Kushner a d’ores et déjà annoncé son retrait temporaire des affaires, notamment de celles qui le lient au New York Observer, magazine dont il est propriétaire. Il s’engage également à ne pas percevoir de salaire s’il accède à la position de haut conseiller. Ensuite, ce sont les Clinton eux-mêmes qui pourraient avoir pavé le chemin de l’époux d’Ivanka Trump jusqu’à la tant convoitée « White house ». En 1993, alors que Bill Clinton veut impliquer Hillary dans sa réforme des soins de santé, il se heurte à la fameuse loi. Le couple présidentiel va alors en appel de la décision d’écarter la future candidate, créant un cas de jurisprudence que les Trump-Kushner se feront un plaisir d’exploiter. Et ce n’est pas tout. Les experts en droit entourant le beau-fils de Donald Trump l’assurent : la loi anti-népotisme de 1963 ne concernerait pas la Maison blanche, qui n’est pas une « agence fédérale ». Accéder officiellement au poste ne pourrait ainsi être qu’une affaire de temps – et d’excellents avocats.

Davantage encore que son rôle de conseiller très spécial, Donald Trump l’imagine déjà ouvertement dans d’autres fonctions… Comme celle de réconciliateur des peuples israéliens et palestiniens. Selon Trump, Jared Kushner, qui est juif orthodoxe pratiquant – lui, sa femme et leurs trois enfants respectent le Shabbat -, aurait toutes les compétences pour devenir un acteur de l’instauration de « la paix au Moyen-Orient ».

 

CIM Internet