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« Fainéants » et « cyniques » : Quand Macron donne à ses opposants leurs meilleurs slogans

Des manifestants contre la réforme du travail, ce mardi, à Paris. | © AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Politique

À Paris et dans d’autres grandes villes françaises, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé mardi contre les ordonnances réformant le travail. Sur les pancartes, Macron était une fois de plus ciblé pour ses propos vendredi, dans lesquels il promettait de ne céder « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

D’après un reportage de Paris Match France.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue mardi en France contre la réforme du Code du travail. La plupart d’entre eux n’ont pas oublié les propos de leur président vendredi dernier à Athènes sur la réforme du travail, proposée par son gouvernement, promettant de ne céder « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ». Il n’en fallait pas plus pour fournir à ses opposants des idées de slogans et un cri de ralliement. « Les fainéants sont en marche », pouvait-on lire sur leurs pancartes, ou encore « Macron, t’es foutu, les fainéants sont dans la rue ».

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Plafonnement des indemnités prud’homales, fusion des instances représentatives du personnel dans les entreprises, réforme du compte pénibilité, place accrue à l’accord d’entreprise : ce projet reprend plusieurs promesses de campagne du président Macron. Si pour le patronat, il va « déverrouiller la peur d’embaucher », les syndicats y voient un texte « libéral » dans le prolongement de la très décriée loi travail.

Le défilé lyonnais perturbé par des militants anarchistes et antifascistes

Le défilé lyonnais a été perturbé par une centaine de militants de la mouvance anarchiste et antifasciste, qui ont été isolés du reste des manifestants par la police. Quelques incidents ont éclaté à Marseille où des militants antifascistes ont renversé des poubelles et jeté des pétards en direction des policiers. « Nous avons travaillé pour que les choses se passent de la manière la plus pacifique possible », a assuré à la presse le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

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Dans le cortège marseillais, le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a promis de « faire reculer » le président de la République, car « ce pays ne veut pas du monde libéral ».

À Strasbourg – AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG

« Nous tiendrons », a dit Bruno Le Maire

L’enjeu est important pour Emmanuel Macron, qui espère que cette réforme va faire « gagner la bataille du chômage de masse ». D’autant que l’exécutif envisage d’autres grandes réformes sociales : assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle et retraites.

« Nous tiendrons », a lancé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, quand Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a relevé que « le débat social ne se mesure pas seulement à la rue et à la manifestation ». La séquence est toutefois délicate pour le président -en visite mardi aux Antilles après le passage de l’ouragan Irma– en chute dans les sondages, rappellent les politologues. La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le 21 septembre, à la veille de la présentation du projet en Conseil des ministres et deux jours avant celle de La France Insoumise.

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