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Examen d’entrée en médecine et dentisterie : les étudiants se cassent les dents, la FEF accuse

Un échec pour de nombreux étudiants | © BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Politique

3.473 étudiants, tel était le nombre de candidats à l’examen d’entrée en médecine et dentisterie. 641 étudiants, voilà le nombre d’étudiants qui ont réussi l’épreuve. “Il n’y a rien de réjouissant, cela démontre l’aspect examen-boucherie”, accuse la Fédération des Etudiant.e.s Francophones.

Un examen d’entrée aux études en sciences médicales et en sciences dentaires en Fédération Wallonie-Bruxelles a été organisée pour la première fois vendredi dernier. Le taux de réussite, annoncé ce jeudi par l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), s’élève à 18,47%. Soit, 641 élèves sur 3.473 ont été proclamés lauréats par le jury, après délibération.

Ce nombre est légèrement supérieur au quota de numéros Inami que le gouvernement Fédéral a prévu de délivrer dans 6 ans, lorsque cette génération d’étudiants sera diplômée. Un détail étrange que le président et porte-parole de la FEF, Maxime Mori, ne manque pas de relever : “Ce pourcentage est très proche des quotas délivrés par le Fédéral. Cela pose question”.

Des matières liées aux études secondaires

Lors de l’examen, les élèves, fraîchement diplômés du secondaire ou reçus-collés de l’année précédente, ont été interrogés sur quatre matières scientifiques (biologie, physique, chimie et mathématiques), d’une part, et quatre matières relatives à l’analyse critique de textes (raisonnement et synthèse, communication, éthique, et empathie), d’autre part.

Maxime Mori considère ce choix d’épreuves injustifié : “On ne peut pas utiliser les études secondaires pour évaluer le niveau des étudiants qui entrent, ici, en supérieur.” Il s’étonne d’ailleurs du résultat : “Sur les résultats en tant que tels, le niveau des études secondaires est le facteur principal d’un tel pourcentage d’échec. Mais en sachant que chacun des étudiants a obtenu son CESS avant de passer cet examen, c’est interpellant.”

Un filtre néfaste pour le futur des soins de santé

La FEF a toujours été contre cet examen d’entrée, malgré les risques que l’annulation de l’examen comportait pour les filières à venir. “S’il n’y a pas d’examen, le pouvoir fédéral ne distribue pas les numéros Inami pour ceux qui sont plus loin dans le cursus”, explique Maxime Mori.

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Le problème le plus important, selon le porte-parole, est qu’avec de tels résultats, seuls 600 étudiants, au mieux, seront diplômés comme médecins à la fin de leurs études. “On aura donc moins de médecins. C’est paradoxal, sachant qu’il y a des pénuries et qu’on importe des médecins formés à l’étranger pour combler les trous”, précise le porte-parole.

“C’est la Fédération Wallonie Bruxelles qui organise ce filtre.  Mais aujourd’hui, le point principal est que nous n’avons pas une gestion intelligente du problème. Les résultats ne sont pas bons, c’est un examen boucherie qui n’est pas propice à une vision des soins de santé pour demain”, conclut Maxime Mori.

Maggie De Block, satisfaite

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open Vld), s’est réjouie du résultat du test:« Je constate que ce filtre est efficace », a réagi la ministre. Pour rappel, la ministre avait menacé l’arrêt de la distribution des numéros Inami aux futurs médecins francophones si l’instauration de l’examen d’entrée était annulé. Elle considère d’ailleurs qu’un filtre pour réduire le nombre d’étudiants présents en auditoire est nécessaire. « Il est évident que si l’on passe de 2.000 à 600 étudiants dans un auditoire, la qualité de la formation sera meilleure. Ca vaut aussi évidemment pour les travaux pratiques », souligne sa porte-parole.

BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Des résultats peu satisfaisants pour les vétérinaires

Les problèmes estudiantins ne se limitent pas à la filière médecine et dentisterie. Pour les futurs vétérinaires, seuls 9,6% des candidats à la seconde session du test d’orientation aux études vétérinaires, organisée le 6 septembre, ont obtenu une moyenne globale supérieure ou égale à 10/20.

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Depuis cette année, les étudiants qui désirent suivre des études en médecin vétérinaire en Fédération Wallonie-Bruxelles sont dans l’obligation de passer un test d’orientation du secteur de la santé (Toss). Obligatoire mais pas contraignant, puisqu’il suffit de participer pour obtenir l’attestation nécessaire pour s’inscrire. Les étudiants ont été évalués sur quatre matières scientifiques (chimie, physique, biologie et mathématiques) ainsi que sur leurs connaissances en français et en anglais.

Un premier essai pour le secteur de la médecine animale, qui s’avère donc aussi peu concluant que pour la médecine et la dentisterie. Les résultats obtenus par les candidats en première session étaient décevants, seuls 12,4% d’entre eux avaient obtenu une note globale supérieure ou égale à 10/20.

De Mailys Chavagne (st.)

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