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Pourquoi le Pays basque hésite à suivre l’exemple de la Catalogne

Le spectre des violences de l'ETA plane toujours sur la région | © Belga /EPA/EDUARDO ABAD

Politique

Dimanche dernier s’est tenu en Catalogne un référendum illégal, votant l’indépendance dans la violence. Un hold-up politique condamné par l’état central espagnol et la communauté internationale. Et qui, contre toute attente, ne semble pas faire d’émules dans les autres régions indépendantistes, le Pays basque en tête de liste. 

Et pourtant, à la mi-septembre, plus de 30 000 personnes s’étaient rassemblées à Bilbao, en plein coeur du Pays basque espagnol, pour apporter leur soutien au référendum catalan. Et le baromètre politique européen de s’affoler, voyant déjà les référendums indépendantistes s’enchaîner. Si effet boule de neige il y a, il semblerait toutefois que ce ne soit pas au Pays basque qu’il commencera. Car la région connaît mieux qu’aucune autre peut-être le prix de l’indépendance.

Les fantômes du passé

Difficile d’oublier en effet les cicatrices de décennies d’actions terroristes menées par les séparatistes basques de l’ETA. Qui ont posé les armes il y a 6 ans seulement après un règne de violence qui a marqué la région. Outre les fantômes du passé, le statut du Pays basque contribue aussi au peu d’empressement de ses habitants à suivre l’exemple catalan.

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Ainsi que le souligne le journaliste expert du Pays basque Gorka Landaburu au Monde, « le Pays basque est sûrement la région qui a le plus de pouvoir en Europe. Ils ont notamment ce qu’on appelle le “concierto economico” qui permet au gouvernement basque de récolter et de gérer leur propre impôt. Ils sont autonomes par rapport à Madrid grâce à cela. Et ils gèrent aussi leur police, l’école, la santé… ». Une autonomie que le gouvernement basque voudrait voir grandir, en récupérant notamment le contrôle de la sécurité sociale et de la gestion des prisons.

Maintenir la qualité de vie

Plus d’autonomie, mais pas d’indépendance. Selon les chiffres recueillis par l’Euskobarometro, un groupe de chercheurs chargés de sonder l’opinion basque, la proportion de séparatistes est en baisse dans la région (30%) et moindre qu’en Catalogne (40%).

Nous sommes vaccinés, nous avons eu des problèmes que les Catalans n’ont pas eus

confiait ainsi un homme d’affaires de Bilbao à Libération. Une opinion secondée par Carlos Marlasca, journaliste pour Euronews au Pays basque : « le niveau d’autonomie gouvernementale et la qualité de vie font que l’indépendance est une question, aujourd’hui qui ne fait pas partie du débat politique ».

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