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Les États-Unis de Donald Trump quittent l’UNESCO, Israël les suit

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America First, plus que jamais. | © AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

Politique

Accusant l’UNESCO d’être une institution « anti-israélienne » et souhaitant ne plus financer l’organisation, l’administration Trump a annoncé son retrait ce jeudi.

Les États-Unis ont annoncé ce jeudi qu’ils se retiraient de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), accusant l’institution d’être « anti-israélienne ». Les États-Unis conserveront un statut d’observateur, a précisé le Département d’État, en lieu et place de leur représentation à l’agence onusienne basée à Paris.

Selon le site américain foreignpolicy.com, le secrétaire d’État Rex Tillerson a pris cette décision il y a plusieurs semaine et en avait averti le président français Emmanuel Macron. Pour l’administration américaine, l’objectif est double : « protester contre le côté anti-israélien et économiser de l’argent ». Cette information avait été communiquée au président Macron lors de l’Assemblée Générale de l’ONU en septembre dernier.

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Cette décision survient alors que l’UNESCO doit se choisir un nouveau directeur cette semaine et que l’ex-ministre française de la Culture française Audrey Azoulay est candidate.

« Nous espérons que les USA resteront dans l’UNESCO », déclarait hier François Delattre, ambassadeur français à l’ONU. « Pour nous, c’est important d’avoir les USA au sein de l’UNESCO à ce moment critique pour l’organisation… Les USA doivent rester impliquer dans les affaires du monde ». Vœu pieux avec cette dernière annonce.

Israël suit l’exemple américain

Après le retrait des États-Unis, Israël a également annoncé qu’il quittait l’Unesco pour les mêmes raisons. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu « a donné pour instruction au ministère des Affaires étrangères de préparer le retrait d’Israël de l’organisation, parallèlement aux États-Unis », a dit son bureau dans un communiqué, rapporté par Paris Match. « L’Unesco est devenue le théâtre de l’absurde où l’on déforme l’histoire au lieu de la préserver », a-t-il ajouté. Israël a salué jeudi l’annonce du retrait des États-Unis de l’Unesco comme le début d’une « nouvelle ère » aux Nations unies et la preuve qu’il y avait un « prix » à payer pour ses positions anti-israéliennes.

Pas une première, pas une surprise en soi

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis se retirent de l’UNESCO. En 1984, Ronald Reagan, en pleine guerre froide, en avait fait de même. À l’époque déjà, les USA reprochaient à l’UNESCO une prise de position en faveur de l’ex-URSS et des faits de corruption. Le président George W.Bush avait réintégré l’organisation estimant que les comptes étaient à présent corrects et que les positions virulentes anti-Israël et anti-occident faisaient partie du passé. « Les États-Unis vont participer pleinement à leur mission pour faire avancer les droits humains » avait alors déclaré le président républicain.

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Il y a six ans, les États-Unis avaient décidé de couper dans leur participation : 80 millions de dollars soit 22% du budget total de l’UNESCO. La raison de ce retrait par l’administration Obama ? L’arrivée de la Palestine comme état membre. Inacceptable pour les Américains qui refusent depuis les années 90 de financer les agences onusiennes qui reconnaissent la Palestine comme un État à part entière.

©Belga – L’hôtel de ville de la Grand’place de Bruxelles est reconnue au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Depuis lors, les USA ont continué à siéger comme membre et donc à être redevable de plusieurs centaines de millions de dollars à l’UNESCO. Somme que les USA n’ont jamais voulu payer. Rex Tillerson ne souhaite plus voir la dette gonfler et a donc décidé de « stopper l’hémorragie ». Fin de partie pour les USA à l’UNESCO pour la version officielle.

Cependant la raison principale n’est pas financière mais politique. Les États-Unis n’ont pas digéré la décision de l’UNESCO en 2016 de dénoncer la politique israëlienne sur les sites religieux de Jérusalem Ouest.

L’UNESCO créée pour la paix

L’UNESCO a été fondée en 1945 au lendemain de la guerre mondiale pour « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples ».

21 pays, dont la France et le Royaume-Uni, étaient à la base de l’organisation. La Belgique rejoindra l’UNESCO fin 1946 dans un second temps.

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