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La pauvreté, un champ de bataille public pour Zuhal Demir et Kris Peeters

Image d'illustration | © BELGA PHOTO SISKA GREMMELPREZ

Politique

Kris Peeters et Zuhal Demir s’opposent sur la question de la pauvreté et de sa « responsabilité » en Belgique, à la suite d’un rapport qui ne plait pas à la secrétaire d’État.

Le vice-Premier ministre CD&V Kris Peeters a décidé de recevoir vendredi à son cabinet une équipe de chercheurs dont le travail d’enquête sur la pauvreté a été vilipendé par la secrétaire d’Etat N-VA à la Lutte contre la pauvreté Zuhal Demir. Ces chercheurs ont publié un rapport 2017 critique sur la politique de lutte contre la pauvreté menée en Belgique. « Je suis certain que nous aurons une rencontre très fructueuse », a pour sa part réagi M. Peeters, au coeur de quelques passes d’armes avec Mme Demir, singulièrement lorsque celle-ci était encore députée à la Chambre, et candidat aux élections municipales à Anvers, la ville dont le président de la N-VA Bart De Wever est le bourgmestre.

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Le rapport annuel des chercheurs dénonce particulièrement l’idée selon laquelle les personnes en situation de pauvreté le seraient en partie en raison d’une responsabilité personnelle. Les spécialistes souligne ainsi que la politique d’activation à l’emploi « semble plus ressembler à une lutte contre les personnes en situation de précarité qu’à une lutte contre la pauvreté ». La secrétaire d’État N-VA a peu goûté à ces critiques, s’en prenant particulièrement aux professeurs Ides Nicaise (KU Leuven) et Jan Vranken (UAntwerpen), ce dernier en raison de sympathies avec le PTB.

©BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Le ministre de l’Emploi Kris Peeters a pour sa part décidé d’inviter les auteurs du rapport à un échange de vues. « Il est intéressant pour un ministre de rencontrer des scientifiques et d’écouter leurs analyses », a-t-il dit. « Ce rapport annuel contient un certain nombre de conclusions dans lesquelles je peux me retrouver. Je peux pour ma part leur expliquer comment on en est arrivé à réaliser ces politiques », a-t-il précisé. Le rapport annuel énonce notamment comment la nouvelle loi Peeters du travail faisable et maniable (sic) sera source de nouvelles fragilités pour le public en état de précarité. « Une plus grande flexibilité rendra les choses encore plus difficiles voire impossibles dans l’organisation d’une vie professionnelle et d’une vie privée », est-il écrit. À cela, M. Peeters oppose un « pilier social » en devenir, actuellement à l’étude au niveau européen. « Nous ferons ensuite des propositions, par exemple pour une meilleure combinaison entre la vie professionnelle et privée », argumente-t-il. Enfin, le ministre Peeters renvoie également à l’Accord de l’été qui prévoit une automatisation des droits sociaux.

Avec Belga

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